[Almanach] Didier Bazy…

[Tout … pour un sursit.]

Vendredi 12 Juin 2015
Les éditions publie.net donnaient
Cendres de Didier Bazy

ÔTANT SA CAGOULE J AI RECONNU-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet


Un extrait plus long lu par Jean-Claude Mathon :

Le livre numérique propose une lecture complète du texte par Jean-Claude Mathon
(Initiative heureuse, la voix réinsère le texte dans le temps et lui donne alors toute sa force.
L’esprit ne peut traîner sur quelques mots, ou les brûler du regard, il doit subir le déroulement inéluctable et violent dans l’engrenage impitoyable du récit)


Le collègue de travail a été remplacé par un très jeune homme.
 
Malgré sa cagoule, il m’a d’emblée semblé familier.
 
Une étrange complicité s’est installée entre nous. Amitié de trahison.
 
Silences bienveillants.
 
 
Nous buvons beaucoup d’alcool ensemble. Quand l’un est épuisé, l’autre accourt spontanément.
Un garde repère vite notre manège instinctif.
 
Il n’aime pas cette solidarité.
 
Il a tiré une balle dans la nuque de mon nouveau collègue. J’ai collationné des éclats de cerveau dans un seau sale. J’ai poussé le wagonnet dans le four.
 
Ôtant sa cagoule, j’ai reconnu mon frère, ses yeux ouverts, intacts.

[Almanach] Véronique Vassiliou …

[Le corps doit obéir

mais parfois ça dérape.]

Lundi 11 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Movies de Véronique Vassiliou

SENTIR LE SOL SOUS LES PIEDS-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

Proposition de lecture :


Sentir le sol sous les pieds nus. Penser à la terre. Sous la plante. Se dresser sur la pointe.  Les orteils fléchissent. Toucher le sol du talon. Talon, pointe. Talon, pointe. Talon, pointe. Respirer. Talon, pointe. Talon, pointe. Talon, pointe. Respirer. Talon, pointe. Talon, pointe. Talon, pointe. Respirer.

[Almanach] Claudia Patuzzi …

[A travers Regard (personnage du roman)
autre vision de la rive du savoir.]

Mercredi 11 Juin 2014
Claudia Patuzzi donnait le 47ème épisode
de son roman « La rive interdite » (La riva proibita)
publiée aux éditions Normant

PRESQUE TOUS LES ÉTUDIANTS-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

Claudia Patuzzi à donné son roman à lire sur son blog
la première page est ici

Le temps (La rive interdite n.1)


Proposition de lecture :


La salle désormais était comble, et Regard, comme apeurée, se cacha derrière une colonne pour ne pas perdre de vue Marcel qui, silencieux, se tenait droit, au premier rang, devant le maître.
La fillette tressaillit en apercevant, pour la première fois, le regard plein de ferveur et de respect, à la fois complice et anxieu, avec lequel Marcel observait les deux maîtres.
« Complicité ? anxiété ? qu’est-ce à dire ? – se demanda Regard – Que se passe-t-il ? Que fait Marcel ? Et où est cette femme qui s’appelle Philosophie ? » La fillette commença alors à regarder autour d’elle effrayée, serrant très fort son capuchon autour de sa tête avec ses deux mains.
Pendant ce temps, presque tous les étudiants s’étaient munis de parchemins, de plumes d’oie bien taillées et d’une petite bouteille d’encre ; certains avaient entre les mains des manuscrits ou des feuillets, qu’ils consultaient de temps en temps, en répétant par cœur ce qui était écrit sur ces pages ; d’autres avaient cessé de parler et, en regardant fixement vers le centre, attendaient fébrilement que commence le débat.
Avec sou intuition féminine et presque surnaturelle, Regard pensa aux encouragements hypocrites dispensés aux chrétiens par leurs geôliers avant le martyre, et eut le sentiment que ce moment de calme apparent précédait la tempête …

Tout à coup elle frissonna…

[Almanach] Christine Jeanney …

[Le muscle est encore parfois utile]

vendredi 10 juin 2011
Les éditions publie.net donnaient
Cartons de Christine Jeanney

LES GROS BRAS LES PRENDRONT-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

Proposition de lecture :


LIVRES SALON écrit au feutre noir une fois dessus, une fois sur le côté, les gros bras les prendront trois par trois et même plus, je m’échine sur un seul, poussé péniblement, tiré, il s’arrache, je recouvre de scotch la plaie, cache un morceau de couverture violette, livre en allemand, historique, familier, mystérieux, pas ouvert à cause d’une langue impénétrable mais gardé, rassurant, l’obscurité pour lui, tiens, me promettre de l’ouvrir à l’arrivée, là-bas, au moment de remplir les étagères vides, déménager c’est se faire de petites promesses, là-bas, il faudra, on pourra, on fera attention, et plus question de (et puis on fait comme on a l’habitude, le temps de retrouver nos déplacements et de lever la tête dans la bonne direction, déménager c’est se demander souvent et plusieurs fois par jour où est accrochée la pendule)

[Almanach] Régine Detambel …

[On y parle aussi des murs du temps.]

Dimanche 9 Juin 2013
Les éditions publie.net donnaient
Martin le bouillant de Régine Detambel

CELUI QUI A INVENTÉ DEMAIN-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

 

Proposition de lecture :


Un soir je suis assis sur le lit dans ma chambre, c’est un soir important parce qu’il faut que je prenne une décision sinon ma mère avec ses idées croches va me jeter dehors. Tout à l’heure, en regardant ses ongles, elle a dit : « Ou tu te conduis correctement, et tu cesses de traîner avec des petits mafieux, ou tu débarrasses le plancher. »
Et je prends donc la décision d’être nickel, pour obéir à ma mère qui m’a pas appelé Martin pour rien. Je suis censé être Martin le Miséricordieux qui distribuait à tour de bras des moitiés de manteau. Pendant que je réfléchis à la meilleure manière de distribuer à tout va des demi-manteaux sans être chaque jour pompé, raplapla, rétamé, je suis distrait par un petit pain au chocolat. Je le considère amoureusement. Je regarde ses yeux qui coulent. Je me le farcis en une seule bouchée, les joues qui enflent, impossible de respirer, je le sens jusque dans mes oreilles, il prend son temps pour descendre, ce salaud de petit pain. Dans l’intervalle j’ai une idée. Je vais me faire tonsurer une étoile filante sur le sommet du crâne, et les gens de la cité Mimosa auront plus qu’à faire un vœu quand je passerai sous leurs fenêtres. Voilà pour la sainteté. Je l’annoncerai demain à ma mère. Maintenant je nourris mes guêpes dans leur cage de papier. La viande est si crue qu’elle est violette. Celui qui a inventé demain, quel con, on est si tranquille maintenant. J’éteins la lumière et je me couche tout habillé.

[Almanach] Jean ROUAUD …

[Le bidonville est-il l’aboutissement du projet
« la ville à la campagne »
voire son dépassement ?]

Mardi 5 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Les villes fantômes de Jean Rouaud

LA SEULE FAÇON POUR LA CAMPAGNE-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

Proposition de lecture :


Admettons la proposition mitterrandienne : Le socialisme, c’est la ville. On peut en débattre, mais retenons surtout que dans l’esprit d’un dirigeant éclairé, le socialisme passe nécessairement par la ville. Ce qui dit aussi, en négatif, qu’il se désintéresse totalement de la campagne, qu’il se fiche de réfléchir à son évolution, ou qu’il trouve son cas à ce point désespéré, qu’en une formule il choisit de la rayer de la carte de l’avenir. La seule façon pour la campagne d’embarquer à bord du train du progrès, ce serait donc de se regrouper en cités, et de laisser la nature aux plantes et aux petits oiseaux. C’est ce qu’elle a fait pourtant, pendant deux siècles sous nos contrées, et continue de faire dans les pays du Tiers Monde, mais avec des résultats mitigés. Par exemple, on ne sait même pas combien de paysans ont quitté le peu qu’ils avaient, mais qui n’était pas rien, puisque, aussi misérable fût-il, ce coin de campagne était dépositaire d’une histoire, pour s’entasser dans de gigantesques campements de toiles et de cartons à la périphérie de Mexico et faire de la cité aztèque une nébuleuse de vingt-trois ou vingt-cinq millions d’habitants, nul ne sait, mais dans cette approximation, on aurait de quoi inclure les deux millions de Parisiens. Alors, le socialisme, serait-ce aussi le bidonville ? Ne poussons pas tout de même. Mais le fait est, qu’en retournant la proposition, si le socialisme c’est la ville, quel système politique définit la campagne ? La ville étant perçue comme le laboratoire du progrès, du commerce avec l’autre, de la civilité, de l’échange, du vivre ensemble, si l’on inverse terme à terme les valeurs de ce riant tableau progressiste, on souffre pour nos amis ruraux. Autrement dit : à la ville les lumières, à la campagne l’obscurantisme, à la ville le progrès, à la campagne l’arriération, à la ville le commerce avec l’autre, à la campagne le repli sur soi, à la ville l’échange, à la campagne la thésaurisation, à la ville la civilité, à la campagne les rustres, à la ville l’art de vivre ensemble, à la campagne la haine rance du voisin, d’où, in fine, et ainsi on comprend mieux les arcanes de la pensée du maître de Jarnac : si le socialisme c’est la ville, la campagne, c’est la réaction. Décidément le Maréchal avait bien raison d’être vichyste. La campagne et lui étaient faits pour s’entendre.
D’une autre côté, si la ville s’est constituée massivement avec l’exode rural, que devient son socialisme lorsque le mouvement, comme c’est le cas aujourd’hui, s’inverse ? Ainsi, c’est la première fois depuis deux siècles que les campagnes européennes ne perdent plus d’habitants, que l’hémorragie de l’exode est stoppée, et que les villes, on le voit avec Paris, commencent même à perdre une partie de leur population, qu’elles ne savent pas comment retenir. De sorte que la formule n’est plus d’actualité (sinon ça donne, avec cette image d’une ville qui se dégonfle : le socialisme, c’est une baudruche) et qu’il faut la repenser. Il aurait même fallu commencer à y songer plus tôt. Ce qui fait que certains débats sentent la naphtaline.

[Almanach] Jules Michelet …

[Ce n’est pas tout à fait celle de Charles Trenet.]

Jeudi 7 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
« La mer » de Jules Michelet

DANS TOUTES LES ANCIENNES-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet


Proposition de lecture :


UN BRAVE MARIN HOLLANDAIS, ferme et froid observateur, qui passe sa vie sur la mer, dit franchement que la première impression qu’on en reçoit, c’est la crainte. L’eau, pour tout être terrestre, est l’élément non respirable, l’élément de l’asphyxie. Barrière fatale, éternelle, qui sépare irrémédiablement les deux mondes. Ne nous étonnons pas si l’énorme masse d’eau qu’on appelle la mer, inconnue et ténébreuse dans sa profonde épaisseur, apparut toujours redoutable à l’imagination humaine.
Les Orientaux n’y voient que le gouffre amer, la nuit de l’abîme. Dans toutes les anciennes langues, de l’Inde à l’Irlande, le nom de la mer a pour synonyme ou analogue le désert et la nuit.
Grande tristesse de voir tous les soirs le soleil, cette joie du monde et ce père de toute vie, sombrer, s’abîmer dans les flots. C’est le deuil quotidien du monde, et spécialement de l’Ouest. Nous avons beau voir chaque jour ce spectacle, il a sur nous la même puissance, même effet de mélancolie.

[Almanach] Anne Frank …

[De quoi redonner l’espoir à celle qui avait tout à craindre de l’avenir jusqu’alors.]

Mardi 6 Juin 1944
Anne Franck dans son journal écrivait

D APRÈS LES NOUVELLES ALLEMANDES-LETCR1-EXP

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage


Très chère Kitty,
 
« This is D-Day », a dit la radio anglaise à midi et en effet this is the day, le débarquement a commencé.
Ce matin à huit heures, les Anglais ont annoncé : importants bombardements sur Calais, Boulogne, Le Havre et Cherbourg ainsi que sur le Pas-de-Calais (comme d’habitude). Ensuite les règles de sécurité pour les territoires occupés, toutes les personnes qui habitent à moins de trente-cinq kilomètres de la côte doivent s’attendre à des bombardements. Les Anglais tenteront de jeter des tracts une heure avant l’attaque.
D’après les nouvelles allemandes, des parachutistes anglais ont atterri sur la côte française. Des bateaux de débarquement anglais se battent contre les fusiliers marins allemands. Voilà ce qu’annonçait la B.B.C.
Conclusion de l’Annexe, à neuf heures au petit déjeuner : il s’agit d’un essai, comme à Dieppe il y a deux ans.
Communiqué à la radio anglaise à dix heures, en allemand, en néerlandais, en français et en d’autres langues : « The invasion has begun ! » Donc, le « vrai » débarquement.
Communiqué à la radio anglaise à onze heures, en allemand : discours du commandant en chef des armées, le général Dwight Eisenhower.
Communiqué à la radio anglaise à midi, en anglais : « This is D-Day. » Le général Eisenhower s’est adressé au peuple français en ces termes : « Stiff fighting will come now, but after this the victory. The year 1944 is the year of the complété victory, good luck(1)! »
Communiqué à la radio anglaise à une heure, en anglais (traduit) : 11 000 avions sont appareillés, ils ne cessent de faire la navette pour parachuter des troupes et bombarder l’arriére des lignes. 4 000 navires plus des petits bateaux débarquent les uns après les autres entre Cherbourg et Le Havre. Les armées anglaise et américaine sont déjà au cœur de la bataille. Discours de Gerbrandy, du Premier ministre belge, du roi Haakon de Norvège, de De Gaulle pour la France, du roi d’Angleterre, sans oublier Churchill.
L’Annexe est en émoi. La libération tant attendue arriverait-elle enfin, cette libération dont on a tant parlé mais qui est encore trop belle, trop miraculeuse pour vraiment arriver un jour? Cette année, l’année 1944, va-t-elle nous offrir la victoire ? Nous n’en savons toujours rien pour l’instant, mais l’espoir nous fait vivre, il nous redonne courage, il nous redonne de la force. Car il nous faudra du courage pour supporter les multiples angoisses, privations et souffrances, maintenant il s’agit de garder son calme et de persévérer, mieux vaut s’enfoncer les ongles dans la chair que crier ! La France, la Russie, l’Italie et aussi l’Allemagne peuvent toutes crier de détresse, mais nous, nous n’en avons pas encore le droit ! Oh, Kitty ! Le plus beau du débarquement, c’est que j’ai l’impression que des amis approchent. Ces horribles Allemands nous ont opprimés et mis le couteau sous la gorge pendant si longtemps que les amis et la délivrance, c’est tout pour nous ! Il ne s’agit plus des juifs, il s’agit des Pays-Bas, les Pays-Bas et toute l’Europe occupée. Peut-être, a dit Margot, qu’en septembre ou en octobre je pourrai malgré tout retourner à l’école.
 
Bien à toi,
Anne M. Frank

[Almanach] Régis Debray …

[Un texte qui est d’une actualité brûlante]*

Jeudi 6 Juin 2013 Gallimard rééditait
Éloge des frontières de Régis Debray (publié en 2010)

POUR CONTRER LE NÉANT-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet


*Les frontières (toutes les frontières) sont abstractions, leur contour est donné ou assisté, par les mots.
Mais le mot n’a lui même aucune réalité, il sert tout juste, dans sa version utilitaire à éviter les chocs et à contrôler à distance le réel et ceux qui l’habitent.
Le poète, rechargeur de mot (ou éventreur) réinjecte du sens (en toutes ses couleurs, à commencer par celles que lui donnent les peaux) dans le mot … ce qui le fait souvent sortir de ses gongs.
Le résultat étant, qu’une nouvelle porte est ouverte
(il reste à ce que quelqu’un s’en aperçoive et de surcroît
ait l’envie … de sortir prendre l’air.)


Une idée bête enchante l’Occident : l’humanité, qui va mal, ira mieux sans frontières. D’ailleurs, ajoute notre Dictionnaire des idées reçues (dernière édition), la démocratie y mène tout droit, à ce monde sans dehors ni dedans. Pas de souci. Voyez Berlin. Il y avait un mur. Il n’y en a plus. Preuve que la Toile, les paradis fiscaux, les cyberattaques, les nuages volcaniques et l’effet de serre sont en voie d’expédier nos vieillottes barrières rouge et blanc à l’écomusée, avec la charrue à mancheron de bois, la bourrée auvergnate et le coucou suisse. Aussi tout ce qui a pignon sur rue dans notre petit cap de l’Asie — reporters, médecins, footballeurs, banquiers, clowns, coaches, avocats d’affaires et vétérinaires — arbore-t-il l’étiquette « sans frontières ». L’on ne donne pas cher des professions et associations qui oublieraient sur leur carte de visite ce « Sésame, ouvre-toi » des sympathies et des subventions. « Douaniers sans frontières », c’est pour demain.
Si le mirage était vivifiant, propre à nous fouetter le sang, à nous jeter sur les routes, de tôt matin, le jarret frémissant, il faudrait y consentir d’un cœur léger. Entre une ineptie qui aère et une vérité qui étiole, il n’y a pas à balancer. Depuis cent mille ans que nous enfouissons nos morts chéris dans l’idée qu’ils pourront se retrouver bientôt au paradis, la preuve est faite qu’un trompe-l’œil encourageant ne se refuse pas. Pour contrer le néant, l’espèce a toujours pris le bon parti, celui de l’illusion. Si l’on doit s’élever contre celle-ci, c’est que, sous ses allures mi-scoutes, mi-luronnes, mi-évangéliques, mi-libertaires, elle annonce un bol d’air et garantit un trou à rat.

[Almanach] De grand classiques…

[La première parution ne datait que de 1972.
Le titre de cet article évoque le grand nombre de textes classiques
qui ont été republiés à cette date :
Racine, Maupassant, La Fontaine, Lewis Carrol … et… ]

Le Vendredi 5 Juin 2016 aux éditions Gallimard étaient rééditées Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.

Le poème dont provient cet extrait est une sorte de redite tissée sur le célébrissime Albatros, l’auteur y poursuit la métaphore de l’oiseau/poète
mais il n’en va pas comme pour une étoffe, en poésie, plus on tisse la trame, plus elle s’use parfois.

HEUREUX CELUI QUI PEUT D UNE AILE -letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le poème 


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
 
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
 
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
 
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;