Dieu et l’art de la pêche à la ligne – Marc-Alain Ouaknin

CouvertureN'oublie pas-imageMême si le livre numérique a de nombreuses qualité, absentes dans son « équivalent » matériel, comme par exemple la possibilité de copier une citation*, de retrouver facilement un mot, une expression, un passage**, il est une fonctionnalité qui reste l’apanage du livre papier, à savoir la notation dans la marge (ou entre les lignes pour ceux qui ont une bonne vue)***

C’est de cela que nous entretien Marc Alain Ouaknin dans ce passage d’un livre dont l’humour s’accorde bien avec le regard malicieux qui fixe le lecteur sur la couverture.

_____
* Impossible cependant, depuis quelques temps, dans la plupart des livres en format protégés par DRM (mais possible par exemple pour tous les livres (en ebook)  des éditions Publie.net

** Fonction qui plante souvent dans les mêmes livres cités précédemment.

*** Fonctionnalité que ne remplace pas vraiment la possibilité sur une liseuse d’insérer une note, ni dans l’acte lui même, ni dans la lecture de celle-ci.


Mon maître me disait souvent : N’ OUBLIE PAS-le-i

 

N’ OUBLIE PAS-let-i
PG

 

Internationale situationniste – Résignation généralisée – exigences de la survie

Une guerre dans laquelle il existe deux camps, et donc un ennemi bien identifiable, est somme toutes, un moindre mal, comparée à une guerre dans laquelle il n’existe pas, en face, de volonté maline, mais une mécanique de destruction intime en action dont on ne peut attendre que le pire…et donc être contraint à s’y préparer.

Ici, les propos datent de l’époque de la « guerre froide ». Il conservent toute leur validité du point de vue des conséquences pour les populations et de leur existence.
Comme écho supplémentaire à la situation actuelle sur la planète, il y a l’engouement d’un  monde, alors menacée par la destruction nucléaire, pour les abris anti-atomiques où les survivants envisageaient de se confiner pour sous-vivre.

L’« équilibre de la terreur » entre deux groupes d’États rivaux qui est la plus visible des données essentielles de la politique mondiale en ce moment signifie aussi l’équilibre de la résignation : pour chacun des antagonistes, à la permanence de l’autre ; et à l’intérieur de leurs frontières, résignation des gens à un sort qui leur échappe si complètement que l’existence même de la planète n’est plus qu’un avantage aléatoire, suspendu à la prudence et à l’habileté de stratèges impénétrables. Cela implique décidément une résignation généralisée à l’existant, aux pouvoirs coexistants des spécialistes qui organisent ce sort. Ceux-ci trouvent un avantage supplémentaire à cet équilibre, en ce qu’il permet la liquidation rapide de toute expérience originale d’émancipation survenant en marge de leurs systèmes

dans l’ensemble, le spectacle de la guerre à venir, pour être pleinement efficace, doit dès à présent modeler l’état de paix que nous connaissons, en servir les exigences fondamentales.

La force de cette société, son redoutable génie automatique, peut se mesurer à ce cas-limite. En viendrait-elle à proclamer brutalement qu’elle impose une existence vide et désespérante à un degré où la meilleure solution pour tout le monde paraîtrait d’aller se pendre,

QU’ ELLE RÉUSSIRAIT-le-i


P G
QU’ ELLE RÉUSSIRAIT-let-i


Abri anti-atomique

Quand une partie des humains se préparaient à vivre confinés pendant des mois, voire des années. Exemple d’abri anti-atomique.


A propos de l’objectif réel de cette production et de sa « publicité » par la menace.

« Sans doute il est aisé de s’apercevoir que ces abris individuels déjà essaimés partout ne sont jamais efficaces — et par exemple pour des négligences techniques aussi grossières que l’absence d’autonomie de l’approvisionnement en oxygène — ; et que les plus perfectionnés des abris collectifs n’offriraient qu’une marge très réduite de survie si, par accident, la guerre thermonucléaire se déchaînait effectivement.
Mais, comme dans tous les rackets, la protection n’est ici qu’un prétexte.
Le véritable usage des abris, c’est la mesure — et par là même le renforcement — de la docilité des gens ; et la manipulation de cette docilité dans un sens favorable à la société dominante.

Hygiène des mots

Ils te diront qu’
« un mot a 1 sens PROPRE »
et tu comprendras qu’il veulent que tu entendes
à l’instant même où meurt
ce prétentieux son « OPRE »
que tout le reste est sale, gris et poussiéreux.

C’est presque vrai car si…LEUR SENS PROPRE-le-i


Pour Gilles
LEUR SENS PROPRE-let-i

Profiter d’une crise

( Pour une comparaison entre la France et l’Allemagne, l’Italie, les USA
au format PDF
Tableau comparatif France et USA- 21-04-2020

Tableau comparatif France et Italie 21-04-2020

Tableau comparatif France et Allemagne – 21-04-2020

Tableau Excel
Tableau comparatif France et Allemagne Italie USA – 21-04-2020 )

 

 

 

Pour profiter d’une crise et imposer des réponses,
à soi, favorables,IL N’ EST PAS UTILE -le-i

OU DE LES-let-i


Pourquoi citer uniquement l’Italie et l’Espagne, c’est à dire les pays qui ont proposé comme la France un confinement très rigoureux (Excessif ?) et très vigoureux (Brutal ?) et pas l’Allemagne ? Où les aires de promenade (parcs, jardins publics etc.) sont restées ouvertes.
Pourquoi donner les chiffres des USA comme les plus importants de tous les pays, sans indiquer un ratio* qui serait bien plus parlant, puisque c’est aussi le pays le plus peuplé (hors la Chine, s’est mise hors de l’épidémie, mais à la merci de tout nouveau cas à propagation rapide, puisqu’aucune immunité n’a été acquise de la part des régions non concernées jusqu’alors.

Létalité et contamination comparée (ration) : France / USA

Létalité et ration des nombres de cas France - USA

La contamination est plus forte aux USA qu’en France.
Ce qui est normal compte tenu du choix fait de parvenir plus rapidement au pic, en pariant sur le fait que la reprise économique et la faible durée de l’épidémie fera moins de mort qu’un étalement de celle-ci avec un pic peu visible, et une descente très lente en plateau (nécessitant éventuellement une reprise de confinement)

Mais la donnée importante est ailleurs. On voit qu’aujourd’hui encore, la létalité du covid 19 est 3 fois plus grande en France qu’au USA (elle est 6 fois plus grande que celle de l’Allemagne.)


Pour avoir une idée des tendances des pays qui ont choisi ou non un confinement dur.cas actifs en espagne le 18 avril 2020

L’Espagne, dont on dit qu’elle a dépassé le pic de l’épidémie a un nombre de cas actifs qui au mieux stagne, au pire repart parfois à la hausse.

cas actifs en Italie le 18 avril 2020-

L’Italie a une courbe très semblable avec, semble-t-il un pic, avec une descente qui s’annonce lente. (Retardant le déconfinement ?)

cas actifs en France le 18 avril 2020-

La France, à laquelle beaucoup d’observateurs ont reproché des résultats peu fiables (données parvenue un jour après et donc rattrapage faussant la courbe et rendant difficile la vision d’une tendance.) On voit 4 moment qui auraient pu faire croire à l’arrivée d’un pic.
Courbe assez similaire aux deux autres pays à confinement dur.

cas actifs aux USA le 18 avril 2020

Une pente assez raide, qui démarre bien plus tard et qui montre une augmentation importante des cas.
Qui correspond à la politique menée (espérant une baisse aussi rapide que la montée) et fait espérer une descente tout aussi rapide.

Les difficultés des USA tiennent au fait que le système de santé n’a rien à voir avec l’autre pays qui n’a pas confiné strictement, à savoir l’Allemagne. Mais l’atout des USA est que la population (et c’est la tradition même des fondateurs de ce pays) ont une mentalité très différente (notamment hors des grandes villes modernes) de celle des pays européen. La valeur qui prime avant tout (celle mise en avant par ceux qui ont « conquis » ces territoires) est la liberté. C’est pourquoi on a pu y voir des manifestations de désobéissance massive aux décrets de confinement.

cas actifs en Allemagne le 18 avril 2020-

Avec ici aussi un démarrage plus tardif que dans les trois pays à strict confinement, on voir une montée des cas très rapide (liée à la mortalité la plus faible de l’Europe).
Le pic est très visible et la « descente est très nette.

 

Le léopard et le sapajous – François Chabau (lecture)

Extrait d’un recueil de fables publiées en 1850

 

VOUS CRITIQUEZ À FAUX-le-i




(ou)VOUS CRITIQUEZ À FAUX-let-i

Notre langue : « Comme un ange au chômage » Armel Guerne (L’Âme insurgée) lecture des premières pages

Armel Guerne a publié :

L'âme insurgéeL’Âme insurgée
Ecrits sur le romantisme

Magnifiques premières pages, consacrée à la défense de la langue. Armel Guerne y clame l’utilité absolue du poète, dans un monde réduit à l’abstraction, à l’information, à la conquête du dehors …
Poète engagé dans …

« Un combat, s’il faut l’appeler de son nom, qui ne se ralentit jamais une fois qu’il est engagé, s’enhardissant de tous les héroïsmes aussi naturellement  qu’une plante, en croissant, s’enhardit dans son vert. »

Un passage m’a remi en mémoire une des dernières apparitions de Michel Butor (à Baume les Dames) et une « causerie » autour de la poésie (« Les voix de la poésie » animée notamment par Sabine Huynh)

« La confidence des poètes vous en convaincra : il ne se passe rien dehors, tout se passe dedans. Ils ne font pas la poésie, ils n’en sont pas les auteurs, car ils sont une oreille avant d’être une bouche et ce sont eux, au contraire, qui sont faits par la poésie, comme un premier maillon entre elle et vous. Sans elle, ils ne sont rien, avec vous ils sont tout. Le verbe qu’ils conduisent à son génie en vous. Ne le tuez donc pas.

 

 

Vivre sans audace – Armel GUERNE

(Évoquant le romantisme Allemand
dans une émission de radio de France Culture)

VIVRE SANS AUDACE-let-i


Sur ce sujet, Armel Guerne a publié :

L'âme insurgéeL’Âme insurgée
Ecrits sur le romantisme

L’âme insurgée

Qu’est-ce que le Romantisme ? Ni pudibonderie, ni sensiblerie, encore moins école littéraire, Armel Guerne répond qu’il en va avec lui d’une manière d’être. Entière. Radicale. Intransigeante. Décrassé de sa patine et de sa guimauve, le Romantisme est de tous les âges : le génie de se tenir droit face au monde, aux êtres et aux choses, avec lucidité et tendresse.

Au gré de proses inspirées, Armel Guerne nous parle entre autres de Novalis et Hölderlin, de Kleist et Nerval. Enfants du siècle qui découvrait « l’horreur économique » et la prison du conformisme, les Romantiques, les premiers, ont su empoigner l’existence à pleines mains et opposer à une réalité détestée leur désir d’absolu. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Armel Guerne vit en quoi leur histoire était appelée à être le destin de tous ceux qui, comme lui, refusaient l’humiliation et les violences. À leur suite, il a donné avec l’autorité flamboyante de son verbe l’exemple et la méthode. Il nous montre toujours la route.

(un extrait)


(Les deux premières pages)

L'âme insurgée p1 et 2-

ça m’manque (confinement j23)

ça m'manque 09 avril 2020bis


La ville,
(par exemple Metz)
en piéton libre,
j’en aimais :
– les lieux où les Nombreux se mélangeaient,
comme chez Mathis (du temps d’Italo) en Jurue,
où les profs de fac, les artistes et les maçons en bleu maculé,
rencontraient les « inqualifiables » comme l’ami René.
– le vieux fond (aux listes de dons troués par de vieux larcins)
de la médiathèque
et le silence de ceux qui s’y abreuvaient.

Alors,
ces temps-ci,
la nature tenant horaire du vide,
ça m’manque

un peu.

Mais plus encore,
les après-midi, rue des Allemands, PASSÉS À FOUILLER-le-i par le libraire et sa clientèle.


PASSÉS À FOUILLER-let-i(ou)


ça m'manque 09 avril 2020

ça m’manque (confinement j21)

Ne plus écouter ceux qui te disent
que tu en as encore pour trois semaines
ou deux mois.
Tu vas y perdre le peu d’équilibre qui te reste.

Va lire le récit de ceux pour qui
le confinement est presque du bonheur
l’occasion de ralentir un peu
de reprendre contact avec « l’instant présent »
de ceux pour qui les murs sont des protections
et pas ce qui t’empêche de voir
et surtout de sentir
l’horizon
et ses promesses.

Essaie d’oublier que
ça t’manque

CES LIEUX DE CALABRE-le-i

Déserte en Avril

à peine si de temps à autre
quelqu’un qui a survécu à la traversée de la mer
vient s’étendre sous les arbres
pour y abandonner un peu de fatigue.

(Pour Gilles)CES LIEUX DE CALABRE-let-i

 


ça m'manque 07 avril 2020