Ce titre m’a accroché l’oeil
oeil polarisé ces temps-ci par le très beau thème que propose la revue « La piscine » dont l’intitulé est « L’âme des lieux sans âme »
Certes, nous sommes loin, ici l’auteur parle de l’âme divine. Mais même à qui ne croit pas en un « Créateur » ce qu’il écrit peut avoir un sens.
Extrait de « L’homme à la recherche de son âme »
de René Benjamin
Parcours de lecture
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En clair
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« Je plains ce poète révolté qui s’écriait devant moi : – Dieu ? … Connais pas ! Et qui pour rattraper cette brusquerie reprenait « s’il existe, il est trop loin ! » Trop loin ! Au même instant je le voyait dans ses yeux, où frémissait son âme. Car qu’est-ce que l’âme, sinon le feu de Dieu ? Feu qui court dans nos veines et que nous appelons la vie. Feu qui couve au fond de nous et qui se nomme la conscience, cette conscience impérative, indiscutable, où nous puisons un sens ému de la valeur de nos actes.
Publié récemment aux éditions de Colevour ce recueil de poésie de Pierrick de CHERMONT peut être partiellement lu sur le site Recours au poème ici [Reçu de mon libraire hier, je dévore depuis à pleine dents des pages où la présence de Pascal est dense et en fusion totale avec ce qui s’y dit]
Sur la branche, un loriot éclaire avec brio la journée. Je l’interroge sur la justice qui ne vient pas. La nuit, je pleure au bar sa perte. Qu’une de ses plumes tombât, la lune eût ralenti sa course et ma foi s’en serait relevée.
Depuis, le vide a pris place et ronge l’illumination des gratte-ciel. Ma clôture est ma prison. « Rejoue ton rêve ! » Dit le loriot à la voix flûtée. « La lumière est assez forte pour l’accueillir. Sois glorieux en ta misère. Ta peine vaut moins que mon chant. »
Les anciens qui avaient choisi l’eau pour mesurer le temps l’ont-il fait (consciemment ou non) par défaut, parce qu’ils ne maîtrisaient pas la technologie de la roue dentée, ou de la pulsation du quartz ?
N’étaient-ils pas plus près de l’essence du temps même s’ils sacrifiaient ainsi à la précision de la mesure.
Ne manquons nous pas de fluide ? dans une perception si numérisée du monde qu’en a disparu presque toutes les formes que peut prendre ce qu’on nomme silence.
Marie-Christine Grimard
déjà présente dans le refuge de JAN DOETS (les cosaques des frontières) a rejoint les plumes publiées aux éditions Qazaq avec un recueil de nouvelles, histoires courtes (hormis la première).
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Récit d’errance avant un moment d’ancrage : « Credo »
Proposition de lecture des premières pages de la nouvelle
Pablo ne savait pas comment il avait fini par atterrir dans ce coin perdu. Il avait quitté son Espagne, et sa famille, parce qu’il n’y avait plus moyen de continuer comme ça. Il avait fait tous les métiers, ramassé des oranges, construit des immeubles dans des coins désertiques pour touristes étrangers en mal d’exotisme pas cher, lavé des voitures quand les gens avaient encore les moyens d’en avoir une, vendu des journaux aux terrasses des cafés. Un matin, où le petit jour le trouva prostré sur le banc qui lui servait de lit, il regarda les hommes désabusés qui faisaient la queue sur les quais, en attendant qu’on les embauche pour la journée. Ce fut le déclic. Il fallait qu’il tente sa chance ailleurs. Ce matin-là, serait le dernier qu’il passerait dans son pays. C’était le matin de trop. Il grimpa dans le camion de Pedro, son ami d’enfance, qui faisait la route vers le Nord, quatre fois dans le mois. Deux jours plus tard, son ami le laissa dans ce village du midi de la France, cher aux touristes, en lui disant qu’il y avait du travail pour les saisonniers, et qu’il n’aurait qu’à lui faire signe, quand il voudrait repartir au pays.
Avec ce recueil, Murièle Modely, a rejoint le groupe des poètes et poétesses de Qazaq.
Écriture qui se construit en construisant le monde et le pose ici tout entier « sur la table »
ou tout du moins ce qui mérite d’y être posé
quant au reste « on se contrefout »
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets) ici
L’illustration de la couverture ainsi que
celles du recueil lui-même sont de Maxime Dujardin
[Pour ce qui est de la découverte du monde
et de tout ce qu’il dissimule à ceux
qui en parcourent les courbes en nouveau voyageurs,
ici est adressé un demi-reproche à … ]
Troisième des 140 tweets écrits chacun dans la limite des 140 caractères permis
du compte http://twitter.com/dhasselmann chaque tweet commençant par le mot Tunnel.
Ce qui donne son nom au recueil.
[René Taesch nous aide par ses photographies, à voir ceux que l’on n’aperçoit parfois même plus tant notre oeil a usé sa capacité à reconnaître l’humain lorsqu’il n’a plus le rythme et l’habitat … Quant à Denis Robert, il pose des mots qu’il veut dérangeant, de quoi rendre ce monde « encore plus invivable » puisque c’est la seule condition pour qu’il change … pour qu’on ait le désir de le changer.]
*A la sortie du livre deux tiers de ceux qui sont sur les photos du livre ont disparu.
Vingt ans plus tard …
Parcours de lecture
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En clair
En voix
Le début du texte de Denis Robert
Proposition de lecture :
A côté encore, il y a une photo de groupe. Quatre alcoolos avec des feuilles d’arbre devant et des lumières de ville au fond. Ils sont contents de poser. Dans leurs yeux embués, je lis : « Je vous emmerde, vous et votre pognon. Si je regarde mieux, je lis : « Laisse-nous crever en paix. » Et puis, si j’insiste encore, j’imagine des larmes. Quelque chose qui dirait : « Je voudrais pas crever ».
Tout cela n’est qu’interprétation. En vérité, les connaissant, je les vois surtout inquiets de savoir qui, après cette connerie de phot, ira liquider la bouteille cachée derrière l’arbre.
Christine Jeanney publie, en version numérique, 21 textes centrés sur 21 tableaux de Hopper.
[La reproduction de ces toiles (non libres de droits) n’étant pas possible avant 2037, des liens internes au fichier (epub ou pdf) pointent vers les sites/Musées où ces toiles sont exposées.]
Ici il est question de cette temporalité particulière aux oeuvres de Edward Hopper dont Christine Jeanney donne à percevoir l’épaisseur et la texture à travers ces 21 écrits.
L’oeuvre est disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets) ici
La rue et son virage mène à la porte, sculptée comme une entrée d’église. La nature, la vitre, la foi, l’humain, la peur et la sérénité. Tout y serait. Tout, son contraire, nature sombre et impénétrable en bord de la nature construite, transparence de la vitre qui ne donne rien à voir puisque personne n’y est alors qu’il y a quelqu’un. Route droite, et ce virage, déclin et pente, qu’on pourrait prendre comme on prend chaque jour des décisions (et ne pas en prendre en est une), choix d’entrer ou de rester à l’extérieur, tout et l’inverse. La seule chose qui manquerait à ce jeu qui montre le pendant de ce qui est montré, le tissu le revers collés l’un à côté de l’autre, ce serait la nuit ? Et encore, l’attente de la nuit y est. Août ne dure jamais, le soir viendra. Il est déjà venu, le soir sur tout, le soir métaphorique, la statue en est convaincue qui s’arrache les cheveux à l’avance. Si je cherchais un tout (chose humainement possible), je choisirais comme seule image à emporter sur île déserte, August in the City. C’est déjà fait peut-être.
[L’histoire d’un groupe qui a commencé au propre comme au figuré dans la Dèche, (origine de son nom) et plus particulièrement de son guitariste chanteur vedette Mark Knopfler,« L’homme tranquille du rock ’n’ roll » . La « piste 2 » évoque les raisons qui font qu’un ressort se tend et produit le désir d’un ailleurs, le germe d’un projet…]
N’hésitez pas à signaler une éventuelle erreur – merci d’avance
D’aussi loin qu’on puisse se rappeler, il y a un vieux fond de revanche. Tous les enfants portent en eux la part maudite, une patate brûlante fichée dans un coin du ventre, entre l’appendice et le pancréas peut-être, une espèce de trou, de vide béant, de manque ; et qui de béer ne cesse point, et le manque se mue en désir dans le meilleur des cas — en colère sinon ; ou en une innommable succession de petits gestes chaotiques, saccadés, éperdus. C’est là qu’il ne faut pas rater le coche. * On s’exercera en secret sans doute — ou bien on n’y croit pas trop, tout d’abord — on n’oserait pas y croire. On a pourtant une guitare, déjà, une guitare belle et rouge comme celle des types à la télévision (on découvre avec la télévision le rock le cinéma les jeans les cigarettes tout un monde qui nous paraît si lointain, si neuf, si brillant, tout d’un coup, tout en même temps, on n’a pas assez d’yeux pour tout avaler, on n’a pas assez d’âge pour tout saisir, il nous faut un statut nouveau un temps pour nous d’adolescent ; ce monde porte un nom, et ce nom est US. US est fait pour nous, comment pouvaient-ils savoir. Nos héritiers. Nos féaux. Nos fils.). Une guitare qu’on dit électrique, mais on n’a rien pour la brancher dessus, on n’a pas d’amplificateur, déjà 15£ en 1964, c’est beaucoup d’argent. On fait ses armes dessus, tout de même. On va dépiauter une radio déglinguée pour faire office d’amplificateur, et la fée électricité se charge d’un truc en plus ; tout le bois flotté du sud, les mains noires, la sueur et le fouet, tout ça en un éclair ! Un éclair !