Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 21 – homme parmi les hommes

Pour Giono, la guerre n’est pas un accident dans le parcours de notre civilisation, c’est un moyen, et l’homme est au service de ce moyen. Toute sa vie, à commencer par son éducation le prépare à cet usage.
Son refus va donc bien en amont de toute déclaration de guerre, et ce refus est motivé par un tout autre « usage » que l’auteur défend, de l’enfant, de l’adolescent et de l’humain, un usage personnel, dans lequel il reste UN.*


enfant

« L’enfant au bord du chemin et qui joue avec des herbes ne peut être considéré dans sa beauté et dans son humaine liberté que par deux ou trois fous de mon genre. Si je pense qu’il a les yeux bleus et qu’il portera toute sa vie la gloire d’avoir les yeux bleus, et qu’il s’en ira, blondasse vagabond du monde, à la recherche de l’espoir, du désespoir et de l’amour ; si moi je pense qu’il va peut-être nourrir dans sa tête les rythmes, les formes, et les musiques qui porteront l’humanité un peu plus avant dans l’immense prairie des étoiles ; si je pense que, sans doute, il ne sera qu’un homme parmi les hommes, un écouteur et non pas celui qui souffle dans le bugle, un de l’auditoire et non pas celui qui est debout dans le cercle, je me dis, moi : quoi qu’il fasse, il vit. …

JNPgi-21-J’ ADMIRE CETTE VIE . -le-i


(Plus facile)


(Solution)


*[Ici est toute la différence de conception entre la perception de l’humanité comme « multitudes » ou comme « les nombreux » (Que la plupart des partis politiques** mettent en avant, l’individu étant plus difficile à gérer que le groupe). La seconde interdisant l’abstraction autre que momentanée et exclusivement dans une phase d’approche floue de la réalité vivante. ]

** Ainsi on critiquera le point de vue de Giono (« un homme parmi les hommes, … et non pas celui qui est debout dans le cercle« ) – ou de Max Stirner dans « L’unique et sa propriété«  –  en menaçant ceux qui refusent l’état et ses guerres de peuples, de ce qui serait alors selon eux inéluctable, à savoir « la guerre de tous contre tous« . Cet état de conflit permanent qui est déjà notre lot, largement utilisée qu’il est, par tous les états, pour attiser l’esprit de compétition, ce terreau si fertile pour sa progéniture naturelle qu’est : la guerre.

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 20 – ressource humaine

Loin d’être uniquement un hymne au pacifisme, ce refus d’obéissance va aux racines profondes de la guerre, à savoir une vision de l’homme, par le système qui les gère, analogue à celle que l’humanité semble avoir du reste des ressources de la planètes : Une matière première utile à son fonctionnement.
Tout est fait, industriellement, pour fabriquer la ressource humaine propre au système, dans ses phases de production et celles, indispensables, de destruction. (Qui toutes les deux sont génératrices de PIB pour la nation)

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« Et chaque fois que je sortais sur les chemins de la terre, je rencontrais des petits enfants aux cheveux follets qui jouaient avec des herbes et je savais que …

JNPgi-20-TOUT ÇA N’ ÉTAIT QUE VIANDE-le-i

(Plus facile                                                                                                                      (solution)

« Celui qui est contre la guerre est par ce seul fait dans l’illégalité. L’état capitaliste considère la vie humaine comme la matière véritablement première de la production du capital. Il conserve cette matière tant qu’il est utile pour lui de la conserver. Il l’entretient car elle est une matière et elle a besoin d’entretien, et aussi pour la rendre plus malléable il accepte qu’elle vive. Il a des maternités où l’on accouche les femmes avec autant de soins qu’on peut. Il a des écoles où les inspecteurs primaires viennent caresser les joues des enfants. Il a des stades où l’on fait faire du sport à vingt-deux hommes  …

JNPgi-20b-ET OÙ L’ ON DONNE-le-i

(Plus facile)                                                                                                                     (Solution)

…Il a des casernes.


[Il y a des stades …


stade dictature

… L’utilisation des stades et des compétitions sportives par des régimes « non démocratiques » n’est pas anecdotique.]

« Le Stade national de Santiago est devenu au Chili un lieu central de la mémoire du coup d’état militaire de septembre 1973. Au travers l’évocation de quelques faits liés au destin particulier de cette enceinte sportive, nous revenons ici sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire du Chili. »

(source : https://criminocorpus.hypotheses.org/25970)