PLANÈTE POLLUÉE – Paul BERA – 02

Planète polluée - couverture[Il y a près de 50 ans, Paul Bera écrivait dans la collection fleuve noir (troisième version de la couverture N°623) un roman d’anticipation qui évoquait déjà les problèmes dans lesquels (une partie de) l’humanité se débat, en rapport avec la pollution croissante de l’environnement de la vie actuelle (plantes, animaux, dont l’homme)]

Après un court et brutal prologue, celui qui va à présent raconter l’histoire de sa vie, (ou tout du moins de la partie décisive de celle-ci, pour lui, et pour l’humanité,)évoque son enfance, dans un épisode particulièrement douloureux …
Mais on perçoit déjà le caractère particulier des survivants qui vivent dans « les Clans »


« Il m’a fallu bien longtemps pour comprendre que je n’étais pas tout à fait comme les autres : un peu plus de dix-huit ans. Et encore ç’a été par hasard et pour échapper aux flèches des Masques !

Mama était morte quand je commençais à me débrouiller tout seul ; je devais avoir dix ou douze ans et je savais trier les plantes. J’étais trop jeune, bien sûr, pour chasser, mais les plantes, ça me suffisait. Depuis, j’ai changé d’idée et j’aime bien un bon morceau de viande saignante.

Oui, Mama était morte et, bien entendu, elle avait été abattue par les Masques et elle s’était laissé abattre volontairement pour me sauver, moi, son fils. Comme presque toutes nos marnas.  …

02-ELLES ÉCHAPPENT DIX FOIS-le(Ou P G)

*


Ils avaient couru derrière elle, d’abord sans tirer : ils préfèrent égorger leur proie à l’arme blanche. Mais elle avait beau être très fatiguée et probablement malade – le sang suintait parfois de grosses boules qu’elle avait sur les jambes – elle courait plus vite qu’eux ! Les Masques, c’est bien connu, et c’est une chance pour nous, n’ont aucune résistance physique. Cent pas à la course et les voilà épuisés !

Moi, j’étais caché dans la grotte et je savais qu’ils ne m’y découvriraient pas car ils n’ont aucun flair et je regardais… Et je savais aussi que pour rien au monde Mama ne reviendrait se cacher avec moi, car ils l’auraient suivie et elle les aurait ainsi guidés jusqu’à moi.

Elle avait donc obliqué vers le Marais-où-l’on-meurt. Oh ! j’en avais vu d’autres qu’elle périr dans ce marais et, parfois, parce qu’ils s’y étaient engagés par inattention alors qu’aucun Masque ne les pourchassait !

Ne croyez pas que l’on s’enfonçait dans la boue traîtresse ou dans des sables mouvants. De telles boues, de tels sables, ça existe chez nous, mais précisément pas dans le Marais-où-l’on-meurt ; le sol y est relativement stable.

Mais on ne peut pas y respirer ! La vase verdâtre est gonflée par d’énormes bulles qui crèvent avec un bruit ridicule et l’atmosphère est totalement irrespirable. Les Masques s’en moquent et passent là sans dommages. Nous, non.

J’ai vu Mama qui courait en zigzaguant, parce qu’elle savait que d’un moment à l’autre les Masques, comprenant qu’elle allait leur échapper, tireraient sur elle avec leurs arcs. Ah ! si je pouvais m’emparer d’un de ces arcs ! Ils les font avec du métal, j’en suis sûr, puisqu’il n’y a plus de bois flexible.

Et je comprenais la tactique de Mama… Si elle pouvait arriver à la lisière du Marais-où-l’on-meurt sans être atteinte, elle obliquerait à gauche et la forêt pétrifiée était tout près de là. Une fois dans la forêt, elle leur échapperait sans peine.

Les flèches commencèrent à voler. Les Masques s’étaient déployés en une longue ligne de tireurs et je sus tout de suite que Mama était perdue parce qu’ils avaient compris ce qu’elle tentait de faire. La longue ligne de tireurs se refermait du côté de la forêt…

Mama comprit qu’elle ne pouvait plus passer. Trop tard. Accepter les flèches des Masques ? Elle savait, comme moi, comme nous tous, que les Masques ne la tueraient pas tout de suite, qu’ils s’acharneraient sur elle, qu’elle souffrirait atrocement. Alors que le marais, là, tout près, c’était la mort quasi instantanée. Oh oui ! nous en avions vu mourir, des nôtres, dans le marais ! Après quelques pas, ils s’immobilisaient, ouvraient la bouche toute grande, respiraient deux ou trois fois… et s’effondraient, inertes. Fini. Alors que tomber entre les mains des Masques …

03-JE SAVAIS QU’ ELLE-le(Ou P G)

*

Parce que ç’aurait été donner une indication aux Masques qui allaient certainement me chercher.

Elle fonça vers le marais. Aurait-elle le temps de l’atteindre ? Plusieurs flèches l’avaient déjà frôlée… Je ne sais pourquoi, je me dis que les Masques étaient de bien piètres tireurs et que, moi, à leur place… Et je ne me trompais pas ! Plus tard, j’en acquis la certitude : ils n’avaient pas la force physique suffisante pour tendre leurs arcs ! Et je devais comprendre pourquoi quelques années plus tard, quand j’entrai dans le Terrier.

Mama abandonnait le terrain rocheux et fonçait dans le marais dont la surface nue se boursouflait au soleil.

Elle fit cinq ou six pas, puis ouvrit la bouche toute grande, respira deux ou trois fois… et tomba face contre terre, juste au moment où une flèche l’atteignait. Trop tard pour la flèche. Les Masques devaient être très déçus…

Ils s’engagèrent dans la boue, se penchèrent sur le corps de Mama. L’un d’eux essaya de la soulever par les épaules, ne put y parvenir. D’ailleurs, il dut constater qu’elle était morte, car il écarta les bras en un geste d’impuissance et de colère.

Ils revinrent sur le sol ferme et commencèrent à me chercher.

Et, bien entendu, ils ne me trouvèrent pas.

PLANÈTE POLLUÉE – Paul BERA -01

Planète polluée - couvertureIl y a près de 50 ans, Paul Bera écrivait dans la collection fleuve noir (troisième version de la couverture N°623) un roman d’anticipation qui évoquait déjà les problèmes dans lesquels (une partie de) l’humanité se débat, en rapport avec la pollution croissante de l’environnement de la vie actuelle (plantes, animaux, dont l’homme) :

Dans un prologue, deux personnes patrouillent dans un vaisseau spatial pour mettre à jour la cartographie du ciel. Et notamment, vérifier l’évolution des planètes habitées.

En ce qui est d’ordinaire un travail de routine particulièrement monotone …

 


En effet, un seul coup d’œil suffit. Gork tressaillit.

La photo montrait deux calottes polaires toutes blanches, couvertes de glace ou d’un gaz solidifié.

Or, sur l’image qu’il apercevait sur l’écran, il n’y avait pas la moindre trace de calottes polaires. Il siffla longuement. Ces missions de routine étaient calculées de façon à étudier les planètes toujours à la même époque, par rapport bien sûr à la planète elle-même. L’étoile mère n’avait connu aucune modification appréciable. Il ne pouvait donc s’agir d’une fonte des glaces due à un phénomène saisonnier.

— Combien de temps ? demanda-t-il.

— Faudrait le calculer, répondit-elle. Mais, d’après notre temps à nous, ça correspond tout au plus à deux ou trois cents révolutions de ce globe autour de son soleil.

De nouveau, il sifflota.

— Donc, catastrophe et non évolution naturelle, conclut-il.

Elle hochait la tête et ajoutait :

— Regarde… Là !

Du doigt, elle montrait les Instructions au niveau du numéro accordé à la planète insolite. À droite, dans un petit rectangle, il y avait un signe ; un signe que l’on rencontrait moins d’une fois sur dix mille…

— C’est pour ça que j’ai orienté la lunette, murmura Gora.

Il recommençait à siffloter. La troisième planète de ce système était – ou avait été – habitée par des êtres intelligents.

Gork soupira. La disparition des calottes glaciaires témoignait d’un bouleversement climatique considérable. Peut-être, pour quelque raison inconnue, …

L’ INCLINAISON DE L’ AXE-le

(ou P G)

On allait sonder ce globe, essayer de savoir si les êtres intelligents avaient survécu. Peut-être Gora avait-elle raison et cela valait-il la peine d’interrompre la mission… Il ne demandait que ça ! Mais il fallait une certitude.

— Passe les Instructions sur l’écran, ordonna-t-il.

— Il y en a très long ! Peut-être vaudrait-il mieux, avec l’hypno, assimiler les données et…

— Passe-les sur l’écran. J’aime voir. Le temps d’aller là-bas, nous aurons tout vu.

Des images apparurent : les films tournés lors de la mission précédente (ils n’étaient pas encore nés, bien sûr…). La planète, de plus en plus proche, avec ses deux calottes glaciaires… De grandes cités, des engins de transport volants dont certains tentaient de suivre l’appareil de reconnaissance, mais des engins rudimentaires, certainement mus par des procédés chimiques. Tiens ? Une fusée qui décollait sous la poussée d’un réacteur…

Une note apparut dans l’angle de l’écran. Elle annonçait que ce monde commençait à domestiquer l’énergie nucléaire. On en avait eu la preuve par certaines explosions caractéristiques.

Hélas ! Il semblait que ce fut à des fins plus militaires que pacifiques. »

Gork grogna :

— Je crains que nous ne tenions la réponse. Ils ont voulu faire joujou avec des forces qui les dépassaient. Ça explique tout.

Il se trompait. Certes, les habitants de la troisième planète avaient, hélas ! cherché à faire « joujou » avec cette force – dont ils disposaient… mais ça n’expliquait rien.

* *
*

… La soucoupe volante passa et repassa au-dessus d’océans sans vagues et de continents déserts. Partout, des ruines d’immenses cités sans un seul habitant. Pas un engin volant dans le ciel…

Fébriles, Gork et Gora s’affairaient à de nombreuses mesures et comparaient avec les données des Instructions.

La conclusion était évidente. En deux ou trois centaines de révolutions autour de l’astre central et alors que la radioactivité tout en s’étant considérablement accrue, demeurait encore supportable pour les êtres qui avaient peuplé la planète, ceux-ci semblaient avoir disparu.

— Modification considérable dans la composition de l’atmosphère, conclut Gora. Pratiquement plus d’oxygène… Proportion exagérée de gaz carbonique… Beaucoup d’oxyde de carbone…

Ce n’était évidemment pas ces mots qu’elle employait.

La troisième planète semblait morte. Ils décidèrent alors d’interrompre leur mission et de rendre compte à leurs chefs.

* *
*

Mais qui peut connaître demain ? Erreur de pilotage ? Défaillance des instruments de bord ?

À l’instant même où la soucoupe volante quittait ce système planétaire afin de passer en super-propulsion, elle se désintégra.

Des dizaines, voire des centaines d’années s’écouleraient avant qu’une autre expédition de routine constate de nouveau que la planète 3 du système de Sol n’était plus habitée.

Ou si peu…

S


smog en Chine

Smog en Chine

Dictionnaire de l’académie française – MENTEUR

Ici nous avons, en quelques siècles, une incroyable régression de la définition d’un mot qui est pourtant très utilisé dans la langue courante (particulièrement en ces temps de pandémie où chacun accuse l’autre – avec des moyens inégaux parfois – de faux, d’intoxication, de « fake news » … et donc de mentir)

La toute première définition du mot est particulièrement riche.

Menteur - 1694--

(La partie brouillée de la définition
qui apporte une nuance précieuse au sens
est à déchiffrer ci-dessous)

IL SE DIT AUSSI-le

ou (P G)

La dernière version, plus de trois siècles plus tard, est considérablement réduite. Les nuances manquent cruellement.

Menteur - édition actuelle

Les menteurs seraient-ils en régression ?
A écouter ce que nous diffusent les ondes,  on ne le croirait pas.

Quand à ce qu’en pense Jon Ferguson

 


Consolons-nous, il y a pire que le mensonge

« Ce dispositif n’est ni un dispositif médical
au sens du Règlement UE/2017/745 (masques
chirurgicaux), ni un équipement de protection
individuelle* au sens du Règlement UE/2016/425
(masques filtrants de type FFP2). »

A apposer sur un masque fait main en utilisant le guide AFNORspec S76-001

*Un équipement de protection individuelle n’est pas nécessairement un équipement de protection individuelle (au sens du règlement …)

Les normes … et les mornes vies

Couverture - la planète des Normes

La planète des normes est un roman de Jan De Fast écrit dans les années 70, belles années de la collection fleuve noir.

L’auteur y évoque un monde où l’esprit des humains est, tout comme le corps, entouré de soins qui lui évitent, ainsi qu’à la société, tout dérèglement.Couv-cut - la planète des Normes

 


« Il savait maintenant ce que signifiait ce terme en apparence anodin : « Normes »…

Dans le vocabulaire qu’il avait emmagasiné au début, le vocable revenait très souvent et le translateur sémantique lui-même l’avait assimilé à celui de « loi » ou de « principe directeur ». Le code civil et pénal en quelque sorte, l’ensemble des règlements et préceptes régissant la vie sociale sur Hod, les articles ordonnant ou interdisant telle ou telle action conforme ou contraire à la législation en vigueur et, en fait, c’était bien cela, dans une certaine mesure tout au moins. Les Normes constituaient bien la base juridique sur laquelle se réglait l’ensemble de la civilisation hodienne, mais elles ne se composaient pas d’un ensemble de textes pondus et remaniés par des législateurs sous la direction d’un parlement ou d’un exécutif pour être utilisées par une hiérarchie de tribunaux servis par un appareil policier. C’était à la fois beaucoup plus simple et beaucoup moins humain que cela. Les Normes étaient des machines.

Quelque part dans la banlieue de la capitale s’érigeaient de gigantesques constructions à l’intérieur desquelles de puissants ordinateurs étaient groupés par dizaines de milliers. C’était dans leurs immenses mémoires que se trouvait inscrite la Loi, c’était la technocratie poussée à la limite, puisque le technicien n’était plus nécessaire sauf pour réparer un éventuel court-circuit et que la machine agissait seule en fonction d’une programmation définitive conçue pour que tout sur la planète demeure « normal ». Le terme exact était « Centre de gestion et de contrôle ». Les milliards de circuits électroniques renfermés dans ces armoires étaient là pour assurer à la communauté entière un rythme de vie sans problème, calculant les besoins sur tous les plans et y répondant à chaque instant par la régulation des ressources, le fonctionnement des exploitations et celui des industries de transformation et de production, l’animation des réseaux de distribution ; il ne pouvait jamais y avoir ni excès ni disette, ni surabondance ni rupture de stock.

Toutefois la continuité de la vie économique n’était pas le seul but des Normes, le facteur sociologique était tout aussi important sinon davantage. Il était indispensable que lui aussi soit parfaitement équilibré ; le cycle production-consommation devait demeurer parfait. C’était là qu’intervenait la fonction contrôle des machines : veiller en somme à ce que chaque membre de la population soit toujours satisfait de son sort et surtout ne désire pas le modifier.

La Loi ainsi établie et promulguée était parfaite jusque dans ses moindres détails et il aurait été criminel de vouloir la changer au nom d’une phraséologie aussi vaine et inconsistante que liberté de pensée ou droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’eût été ouvrir la porte à l’anarchie et à tous les maux qui en auraient résulté. Là était le rôle des psycho-traceurs, ces bracelets individuels qui retransmettaient en permanence aux Normes les courbes d’activités cérébrales de chaque citoyen. Lorsque la mentalité d’un Hodien devenait anormale, lorsque des conceptions hors-série naissaient en lui et s’intensifiaient, le graphique enregistré se déformait et, dans la case correspondante à sa fiche d’identité, un voyant rouge s’allumait. Une psychose de déviation venait de se manifester. Certes le phénomène était rare, l’équipement des Normes datait de nombreuses générations et la très grande majorité des sujets était conditionnée d’une façon quasi héréditaire. Personne n’était plus capable d’imaginer…

UNE AUTRE FORME-let-i

Le « déviant » ainsi détecté n’était cependant pas considéré comme un coupable, il n’était pas question de le châtier, de le mettre au ban de la société, de l’interner dans une prison ou dans un camp de concentration. C’était un malade, un patient atteint d’une affection psychotique qui n’était pas plus répréhensible ni plus honteuse que la tuberculose ou le diabète. Il devait simplement être soigné. Un groupe spécial de fonctionnaires dépendant directement des Normes, les Servants, allait le chercher en se guidant directionnellement sur les émissions du psycho-traceur, l’emmenait à la clinique neurologique où il était soumis à cette intervention orthoneuronale à laquelle Alan avait participé, et d’où il ressortait guéri, c’est-à-dire à nouveau « normal ». Pour lui, redevenu semblable à ses concitoyens, tout se retrouvait pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Le professeur Féhir l’avait expliqué dès le premier jour : tout déviant primaire était réintégré dans le rang après normalisation. Mais s’il y avait récidive, la seconde intervention était plus profonde et le sujet ne retournait plus dans son milieu ; il devenait un Servant.

Étant donné que le désir d’échapper aux Normes ne pouvait naître que dans un esprit très évolué, les quelques centaines de milliers d’individus constituant cette caste particulière possédaient donc des cerveaux nettement au-dessus de la moyenne, ils étaient de taille à déjouer toutes les ruses. Cette technique consistant à transformer les coupables potentiels en super-policiers était d’ailleurs admirable et démontrait à quel point la programmation des machines était proche de la perfection : il ne peut y avoir de meilleur agent de sécurité qu’un rebelle converti et la parcelle d’autorité qui lui est ainsi confiée achève d’en faire un loyal sujet. On ne rêve de bouleverser un ordre établi que lorsqu’on lui est subordonné,

À PARTIR DU MOMENT-le-i« 

(PG)




C’est la décision qu’ils ont prise au nom d’une civilisation entière.

— L’autogénocide… Comment ont-ils fait ? … »


A la fin du roman, libérés des Normes, les habitants de cette planète auront beaucoup de difficultés à,
pour les uns, ne pas tout détruire de rage contenue
pour les autres, sortir des limites étroites dans lesquels leur corps et leur esprit était confiné depuis leur naissance.


On peut trouver le scénario peu réaliste, mais le besoin de sécurité fausse aussi parfois totalement notre propre jugement. En étant rassuré par des pulvérisations de « biocide » dans les classes de nos enfants … pour les protéger d’un virus qui les menacent moins que la rencontre inopinée d’une voiture roulant à une allure … normale.

Dictionnaire de l’académie française – Rouge, Vert.

L’évolution des définitions des mots, nous dit beaucoup des portes par lesquelles le sens entre en nous.

 

Rouge édition actuelle

 

Le 11 mai, une partie de la France sera à une des extrémité du spectre … des couleurs.

Metz à l'autre bout du spectre

Jarny à l'autre bout du spectre

Tandis que l’autre …

Vert 1935

(Grâce au retard qu’a pris l’Académie des 40  dans son dictionnaire ?)
… retrouvera l’accès à la nature, aux jardins, aux parcs,
à leur feuilles, leur herbe …Buis les Baronnies retrouve le vert


QUAND LA PERCEPTION-let


Ancienne définition pour l’adjectif rouge

Rouge 1694

Contrairement à la définition récente proposée, celle-ci donne immédiatement à voir une image à notre pensée.

contes-et-histoires-arc-en-ciel-quatorze-nouvelles-sous-le-signe-de-la-diversite-02
Sous l’action conjuguée de la disparition (par disqualification) de la perception directe liée à l’émotion, l’abstraction est devenue progressivement une seconde nature chez l’humain. Au point que la plupart d’entre nous pense qu’il y a une limite précise et objective entre deux couleurs… avant cette limite, ce serait de l’orange, après elle ce serait du rouge.

Et cette croyance en est venue à asservir notre perception au point que, lorsque nous regardons l’arc en ciel, nous voyons distinctement (5,) 6 (ou 7) couleurs !

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(On peut en guérir !
En fixant suffisamment longtemps une photographie de l’arc en ciel, et en laissant l’oeil libre de … « penser » jusqu’au cerveau – sans passer par la douane filtrante de l’abstraction – , nous pouvons parvenir à voir … l’absence de limite et un dégradé infini entre les deux extrémités du spectre.)
Concernant les couleurs, cette atteinte à notre perception n’a pas de grosses conséquences … pour le reste, nous en voyons l’effet, sans souvent en comprendre la cause, tous les jours. La capacité à l’abstraction étant considérée comme la base de l’intelligence* et pour cette raison devenue l’outil de sélection des élites … ceux qui, à ce jour, sont au commandes de ce monde.


*L’abstraction, c’est à dire la non prise en compte d’un grand nombre de dimensions de la réalité permet ce qui est le plus recherché dans nos civilisation : la vitesse et l’efficience (maximum de « résultats » avec un minimum de ressources.)

La santé au risque du marché Incertitudes à l’aube du XXIe siècle – Jean-Daniel Rainhorn et Mary-Josée Burnier

 

Ceci explique cela … (Extrait d’une publication de l’IUED )

 

« Le monolithisme idéologique qui …

RÈGNE DÉSORMAIS-let

 


source 

L’infini – Isabelle Pariente-Butterlin

Isabelle Pariente-Butterlin explore, à la croisée des « manières » du philosophe, du marcheur et du poète, la notion d’infini. 
Notion qui côtoie notre existence par ses deux extrémités et dont l’origine est son contraire…le vide. C’est pourquoi, pendant silencieux de sa parole dense, le néant est omniprésent dans ce texte.


« Affiner. Les modes d’être. La façon dont, à notre pas, nous avançons dans le monde. Traces, empreintes. Ce qui, de nous, n’est pas passé. Creux de nous sur le sol, au rythme de nos pas, l’un après l’autre. Et notre tête sur l’oreiller, pleine des images nocturnes de notre liberté, associations pures, passages des possibles purs sous nos paupières closes, arabesques de nos pensées que nous tentons, le jour durant, …

DE RENDRE RECTILIGNES-le-i-1

DE RENDRE RECTILIGNES-let-iPG


[Ce qu’au matin nous aurons oublié
peut
si nous cherchons à le retrouver
à l’approcher un tant soi peu
nous donner une idée de l’infini.]

« Le risque doit faire partie de l’état de droit. » Gaspard Koenig (France Inter)

[Les extraits donnés ici proviennent de l’émission diffusée le 30 avril 2020 sur France Inter
« 
En quoi le confinement et le Covid-19 interrogent-ils notre rapport à la liberté ? Doit-on craindre que les mesures extraordinaires liées à la crise sanitaire n’atténuent notre liberté et le sens que nous nous en faisons ?  »
Avec Michel Erman, Gaspard Koenig et Marylin Maeso.


Marylin Maeso évoque les limites de la liberté individuelle

Un événement majeur du point de vue de la liberté des citoyens a été l’obligation du port de la ceinture pour le conducteur d’un véhicule automobile.

On a alors justifié la loi par le surcoût correspondant au risque que prenait le conducteur (non pas pour lui mais) pour l’assurance sociale, c’est à dire pour le bien commun à tous.
Ainsi donc, on érodait la notion d’adulte responsable et on substituait à chacun de nous, dès lors qu’il entrait dans une automobile, un être régi par le nombre (les statistiques) .
Les études ayant montré que la ceinture de sécurité préservait davantage celui qui la mettait qu’elle ne comportait de danger pour lui, chacun de nous étant assimilé à la moyenne des milliers de mannequins testeurs, devait donc se plier à ces statistiques et accepter de substituer (hors d’elles, dans l’aléa du réel) un accident* moins fréquent à un autre.

En d’autres circonstances, une protection est parfois sous-prescrite précisément parce qu’elle est censé … donner un sentiment de sécurité pouvant inciter à prendre des risques.
C’est ainsi que l’on a souvent justifié dans les médias, le fait de ne pas porter le masque lorsqu’on est a plus d’un mètre de quelqu’un. Ce masque pouvant donner à celui qui le met, un sentiment de sécurité qui lui ferait prendre des risques et négliger par exemple les mesures barrières visant à le protéger (et par la même les autres) de la contagion.
Avec la même logique, on peut penser que la ceinture de sécurité est susceptible de produire des effets similaires effet, … l’a déjà produit et a donc vraisemblablement été cause d’accidents. Induire cette tendance à la recherche toujours plus grande de sécurité (dans des véhicules que l’on ralentit de plus en plus) comporte d’autres risques. On pourrait y voir la cause de l’essor actuel des gros véhicules (SUV, 4×4) une recherche accrue de sécurité (et donc d’insécurité pour les véhicules plus petits, moins hauts, moins lourds.)

Ainsi, un argument en faveur d’une prescription peut parfaitement être totalement omis en fonction de choix qui n’ont pas nécessairement de rapport avec la situation concernée.

Les mesures adoptées pour lutter contre le covid19 restreignent de la même manière la liberté des Nombreux. Sur la base de statistiques partielles (puisqu’elles ne concernent que la maladie et parfois même que sa simulation) la totalité des populations d’un pays se voit appliqué à la fois des mesures de confinement et des obligations administratives, censées générer un bilan positif du point de vue des personnes concernées.

Dans l’extrait qui suit Gaspard Koenig défend la notion de droit au risque ainsi que la nécessité de justifier toute limitation de ce droit. Avec une évaluation étendue, dans une projection plus globale (et pas seulement du point de vue de la maladie) du bilan des propositions. Notamment bilan des dégâts et morts du covid … et des dégâts et morts dus au confinement.**

 

Dans l’extrait suivant, il est question plus précisément de la manière dont la France a tendance a gérer les projet et qui dans le cas d’une urgence comme celle de la pandémie Covid19  est non pas seulement inadaptée, mais tragique.***
On ne peut réfléchir et agir en cas d’urgence de la même manière que dans un bureau d’étude pour répondre à un problème aux formes bien définie en disposant de temps pour les solutions proposées.
Cela reviendrait à étudier la manière adéquate de sortir quelqu’un d’une maison en feu, en faisant des simulations en laboratoire, puis en demandant à l’AFNOR de certifier le mode opératoire.
(N’est pas évoqué, mais pourrait l’être, les questions relatives au symbole du gaulois : à savoir le coq, et à cette grande fierté qui l’empêche de faire un pas en arrière lorsqu’il s’est fourvoyé et l’oblige à de grands détours pour accepter, avec grand retard, de prendre la bonne direction.****)

 


* Le risque que fait courir le port de la ceinture de sécurité n’est pas nul. On cherchera en vain (merci d’avance de me l’indiquer à la personne qui en trouverait une) une étude du risque que fait prendre la ceinture de sécurité à celui qui la met. 
(Virilio : « à chaque fois que l’on invente quelque chose on invente en même temps l’accident qui lui correspond. »
Il n’existe pas de risque 0 dans le domaine du vivant.)

** Principalement dans le but d’être prêt à des réponses mieux adaptées lors de la prochaine épidémie majeure.

*** Deux mois de retard, avant que les acteurs de terrain comprenne que les solutions réalistes ne pouvaient venir que d’eux.

**** L’ ERREUR EST HUMAINE-le-i

 

L’ ERREUR EST HUMAINE-let-i
PG

Ce grand jardin qui nous manque… et son poète – [Georges Moustaki]

En ces temps, brouillés, certains d’entre nous ressentent, un manque, parfois difficile à identifier, tant il recouvre un grand nombre d’éléments du quotidien qui ont disparu … momentanément.
Parmi eux, il en est peut-être qui perçoivent clairement l’absence d’un ami muet, notre grand jardin …
Celui pour lequel Georges Moustaki a écrit :

« Il y avait un jardin qu’on appelait la terre.
Il était assez grand pour des milliers d’enfants

IL ÉTAIT HABITÉ-le-i

IL ÉTAIT HABITÉ-let-i
PG

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nostalgie maladroite d’un promeneur
pour le jardin
et son poète disparu il y a sept ans … déjà. :