contre-voies – Alain Nouvel (1)

Conte/récit poétique et musical qui côtoie dieux, anges plus ou moins déchus et des personnages de l’antiquité qui retrouvent une nouvelle jeunesse sous la plume d’Alain Nouvel.

MUSIQUE ATROCE INCURVÉE - letcr1-exp

 

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Ce texte a donné naissance à un spectacle
« Contre-Voie ou les aventures nébuleuses d’un organiste perdu dans les bonasses »


 

Les saxos se sont mis à beugler un vieux standard des années trente, mais de façon si ampoulée qu’on basculait déjà dans un autre temps.
C’était une plainte animale, un grand rut rauque et mon piano accompagnait la raucité des dissonances à contretemps : harmonies creuses, et grimaçant comme des gueules grandes ouvertes.
Musique atroce, incurvée de silence et qui n’empêchait pas les voyageurs de chuchoter. Nous allions à la vitesse du temps : le jour ne semblait pas s’être avancé.

DE L’ACIDE CITRONNIER DE LA LUNE – ANNA JOUY

La poésie se dépose parfois
se repose souvent
– en attendant que des lèvres lui prêtent souffle
à nouveau –
entre les pages d’un recueil.

Ainsi est paru le livre d’où provient cet extrait

J’espère qu’il donnera l’envie à certain(e)s de prolonger cet envol temporaire
en se procurant le poème et les autres textes de ce recueil.


 

ET AU COLLET LE LASSO DE LA BISE QUI SERRE SON ÉCHARPE SUR MA VOIX- letcr1-exp

DE L’ACIDE CITRONNIER DE LA LUNE

de

Anna Jouy

 

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Le poème
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Anna Jouy en ses mots sous l’aube


 

Je tousse les miettes du froid
Les poissons du ciel perdent leurs lisses écailles
Bleues des cruire de cannes à neige.
Ce sont pourtant des jours sans arêtes
Mais j’ai la gorge mouillée au bar des étincelles.
Et au collet le lasso de la bise
Qui serre son écharpe sur ma voix

 

Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot – Anonyme

[Ne pas en vouloir à l’auteur de cette proposition de lecture, d’évoquer des pensées – qui ne sont pas nécessairement les siennes – considérées comme hautement fantaisistes.
Chacun de nous avale chaque jour des informations ou des théories qui le sont tout autant, mais qui ont le bonheur d’être davantage dans l’esprit du temps. C’est à dire étayées par ce qui semble être plus rigoureux à savoir le calcul et les manipulations du calcul qui produisent images et théories.
Dans la lunette de Galilée, chacun ne voyait que ce qu’il s’attendait d’y voir, à l’époque où l’on faisait de savants calculs »expliquant » les mouvements rétrogrades de certaines planètes . Alors qu’on sait à présent qu’il ne s’agit que d’une apparence.]

 


 

Extrait de la Préface de ROBERT SPAEMANN
(Cette introduction te dira si ce type d’ouvrage est, ou n’est pas pour toi)

ON N  Y ARGUMENTE PAS - letcr1-exp

Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot
D’un auteur anonyme, mais une très forte suspicion concerne
Valentin Arnoldevitch Tomberg

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ON N  Y ARGUMENTE PAS - s

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Ce livre semble être arrive à son heure. On ne sait ce dont il faut le plus s’étonner des chemins tortueux que ces 22 lettres «d’au-delà du tombeau» ont du suivre jusqu’à leur parution, ou de l’assurance somnambulique avec laquelle, depuis tant d’années et sans aucune publicité, elles ont rejoint leurs destinataires – ces « amis inconnus », auxquels elles étaient adressées, hommes de tant de pays et de tant de continents, âgés et jeunes, professant le dogme catholique ou adhérant à une «vie spirituelle libre» théosophique ou anthroposophique – , les uns et les autres à la recherche de ce que signifie le terme antique de « Sagesse ».
Pour comprendre l’attrait à la fois serein et contraignant de ces méditations, il faut se mettre pendant un certain temps à l’école de ce maître. Dans ces « exercices » il ne s’agit ni de science ni de foi. On n ‘y argumente pas plus méthodiquement qu’on n’y annonce avec autorité on n’y prétend pas a une objectivité valant universellement et qui peut être contrôlée sans rien présupposer, on n’y présente pas non plus une expérience vitale subjective qui ne prétend pas à la vérité. On y pratique un genre spécial du voir et on y introduit dans une tradition déterminée du voir, d’un voir qui dans notre culture est souvent atrophie de façon effrayante. Il s’agit d’un voir ayant pour objet des phénomènes primitifs et des similitudes essentielles. Ce voir ne peut pas et ne doit pas remplacer la science ni la foi chrétienne. Bien plutôt en est-il la racine commune. S’il se rabougrit, l’une et l’autre dégénèrent nécessairement : l’une devient destructrice, l’autre exsangue.

MARYSE HACHE – BALEINE PAYSAGE – 14

[Les objets ont-ils une âme ?]

UN VASE COMMUNIQUE  - letcr12

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Extrait du recueil « Baleine Paysage »
de Maryse Hache

(Baleine paysage 14)

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Maryse Hache sur Publie.net


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Un vase communique en silence infra-mince sur un meuble en odeur de cire.

Carnets du Népal – Mahigan Lepage

[la paresse … le corps
la fatigue … l’écriture.]

LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - letcr1-exp


(Si tu es novice
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LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - letcr1-sr

Extrait de
« Carnets du Népal »

de Mahigan Lepage

aux éditions publie.net

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LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - sr

L’extrait
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Hier, journée sans écriture au carnet. Cause : paresse.
La paresse est la face négative de la fatigue. L’une et l’autre concernent l’écriture au plus près. Quand j’écris, ou quand je vais écrire, la paresse est toujours là qui me guette, tapie dans un coin. La paresse, c’est de renoncer à gravir la montagne parce qu’elle nous effraie. On reste là, à son pied, pétrifié comme la roche. La fatigue, c’est l’état même d’écriture, c’est de se trouver dans l’écriture, encore et déjà. C’est de monter la montagne insurmontable sans penser, le corps en avant.
C’est ce que j’écrivais dans ma tête aujourd’hui en marchant, les pieds lourds de fatigue, en suivant les sentiers qui ceignent le massif de l’Annapurna.
J’ai bien failli ne pas noter ces phrases ce soir, et les perdre à jamais. Non pas cette fois pour cause de paresse, mais pour cause d’angoisse. L’angoisse aussi intéresse l’écriture, mais autrement que la fatigue ou la paresse : comme sa résorption dans le corps, dans les nerfs.

LA NEF DES FOUS – SÉBASTIEN BRANT – 03

[Sébastien Brant a du connaître les mêmes publicistes
(hommes politiques) que nous ]


 

« Qui s’appuie sur la force quand il est au pouvoir et …

QUI TOURNE SA VESTE SELON LE - LETCR1-EXP

 

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Qui s’appuie sur la force
quand il est au pouvoir
et qui tourne sa veste
selon le vent qui souffle
va pousser le cochon
tout droit dans le chaudron

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – Liberté sans espoir 5

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[Définition paradoxale du renoncement]

L ACTE DE RENONCEMENT - letcr1-exp

(Une conception de la révolte qui nous donne
à réexaminer le sens de la carte du mat)


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans « Liberté sans espoir »

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Mais parler de résignation n’est pas un sortilège qui fait trouver tout à coup la paix et le bonheur; bien souvent, ce ne sont pas des résignés, mais des faibles, ceux qui croient avoir conquis le calme intérieur. Ils répètent comme des charmes abrutissants les quelques règles de conduite qu’on leur a apprises, et vivent ainsi dans une abjecte tranquillité. Ils acceptent tout, mais ne nient rien, et par ce consentement ne veulent vivre que cette vie, ornée d’espoirs insaisissables qui amusent leur lâcheté. La résignation ne peut être que l’abandon volontaire d’une révolte possible. Le résigné doit à chaque instant être prêt à se révolter; sinon la paix s’établirait dans sa vie, et il dormirait en recommençant à consentir à tout. L’acte de renoncement n’est pas accompli une fois pour toutes, mais il est un sacrifice perpétuel de la révolte.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – Liberté sans espoir 4

[Délivrance ? ]

LA SEULE DÉLIVRANCE EST - letcr1-exp

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ceci est pour toi
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LA SEULE DÉLIVRANCE EST - letcr1-s


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans « Liberté sans espoir »

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Au fond de ce mépris hautain du monde, il y avait un immense orgueil. L’homme veut affirmer son être en dehors de toute humanité, et il s’enchaîne ainsi, non seulement par l’orgueil qui fige son esprit dans l’unique affirmation de soi, mais aussi par la puissance du monde qu’il a voulu mépriser. La seule délivrance est de se donner soi-même tout entier dans chaque action, au lieu de faire semblant de consentir à être homme. Que le corps glisse parmi les corps selon le chemin qui lui est tracé, que l’homme coule parmi les hommes suivant les lois de sa nature. Il faut donner le corps à la nature, les passions et les désirs à l’animal, les pensées et les sentiments à l’homme. Par ce don, tout ce qui fait la forme de l’individu est rendu à l’unité de l’existence; et l’âme, qui sans cesse dépasse toute forme et n’est âme qu’à ce prix, est rendue à l’unité de l’essence divine, par le même acte simple d’abnégation. Cette unité retrouvée sous deux aspects et dans un seul acte qui les rassemble, je l’appelle Dieu, Dieu en trois personnes.

LA PULPE – Jerzy ANDRZEJEWSKI – 0-

[Le mal être dont
malgré toutes les ressources qui sont les nôtres
en temps normal
nous ne pouvons nous extraire.]

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« L’unique lueur de vie féconde qui ne m’abandonne pas dans ces circonstances, même dans les pires moments,…

C EST D AVOIR CLAIREMENT - letcr1-exp

Extrait de «La Pulpe »

de

Jerzy ANDRZEJEWSKI 

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L’extrait complet

C EST D AVOIR CLAIREMENT - txt1r

A quoi bon se leurrer ? Ces notes des trois derniers jours (il évoque les trois textes qui précèdent) ont été rédigées sous la contrainte, elles constituent une sorte d’esquive. Elles tournent autour de la question essentielle mais sans l’effleurer. La peur ? Assurément. Cette même peur paralysante qui, depuis de longues semaines m’empêche d’aller voir dans les chemises qui contiennent le manuscrit de « La Pulpe »

Depuis la fin de Décembre, alors qu’après trois mois d’un travail particulièrement intensif les doutes et un découragement plus fort de jour en jour commençait à saper tout ce que j’écrivais et que j’avais écrit auparavant, je mène une misérables vie végétative – à tous points de vue : intellectuel, moral, mais aussi physique. Moi qui ai tant de fois éprouvé dans ma vie ce genre d’effondrement et de chute, moi qui connais assez précisément ce mécanisme destructeur qui me précipite en quelques jours très brefs de l’enthousiasme le plus total et de la conviction que ce que je fais est bon dans un découragement obsédant, moi qui sais tant de choses, comme il m’arrive de le croire, sur moi-même – je suis pourtant incapable de prévoir ces désastres ou de les limiter à quelque pause raisonnable.

Si au moins je parvenais à combler ce vide par des occupations sensées ! Hélas, la décomposition et le dépérissement de mes aptitudes d’écrivain me paralysent totalement. Me voici littéralement stérile et absolument impuissant face à la réalité dans laquelle j’évolue, aussi bien ma réalité privée que l’autre, publique, incomparablement plus étendue que la première et plus virulente dans l’attaque.

Dans ces mauvais moments, ce sont là les seuls domaines auxquels je sois ouvert, et comme ni à l’un ni à l’autre, je n’ai rien en moi à opposer, ils sont l’un et l’autre un cauchemar, ils blessent et empoisonnent. N’ayant rien de bon à donner aux gens je fuis les gens, pourtant il m’arrive presque d’en venir à prier pour que l’un de ceux que j’aime et que j’estime téléphone et m’arrache à cette obsédante solitude, mais lorsque cela arrive – rarement, mais cela arrive – je cherche aussitôt de mauvais prétextes pour me soustraire à la rencontre et la différer.

Chacun sur terre a le ciel, le purgatoire et l’enfer qu’il mérite. Mes semaines et mes mois creux sont mes semaines et mes mois creux. L’unique lueur de vie féconde qui ne m’abandonne pas dans ces circonstances, même dans les pires moments, c’est d’avoir clairement conscience qu’en aucune circonstance et en aucune manière je ne suis une victime. Il faut avoir autant de tares que j’en ai et autant de faiblesses que j’en possède pour conserver, ne voulant pas me noyer et aller au fond, ce soupçon d’orgueil. D’ailleurs il ne me coûte guère, je n’ai pas besoin de lutter pour le défendre. Cet orgueil m’a toujours été naturel et l’est encore. Peut-être y-a-t-il aussi de l’humilité dans cette conscience-là ? Peut-être. Dans mon cas, pourtant, je préfère parler d’orgueil. Par orgueil ? Peut-être.

 

RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 10

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq (de Jan Doets)  ici

(* Liens ajoutés ici)

[J -15 …]

RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - letcr1-exp

[Pour cela, il aurait fallu aller
bien loin.]

                

   

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Weblog l–immolee–du–silence.fr/1–5
J– 15 (passage à l’acte dans 15 jours)

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Réfugiée dans le silence, je choisis de faire entendre ma voix ici. Et uniquement ici. En attendant le bidon d’essence, l’allumette, la rivière ou le pain. Quinze billets quotidiens. Il y avait trop de bruit (tous ces je qui crient leur première personne) trop de fureur également (tous ces je à qui l’on ne dit jamais tu), trop de trop et pas/plus assez de fièvre, pour continuer ainsi. Libérée de mon corps, je marche beaucoup mieux. La tête haute, les épaules dégagées, le buste droit, une démarche de danseuse. Je me souviens d’un professeur de danse qui nous disait que lorsqu’on marchait dans la rue, on devait voir qu’on était des danseuses à notre seul port de tête. Et bien ici, c’est la même sensation de légèreté en même temps que l’affirmation de mon identité.  
La machine m’a avalée morte. Elle me renaît. Longtemps mon ennemie, la machine m’a accueillie. Elle m’a fait visiter la–vaste–toile–du–monde, m’a fait faire de réelles rencontres avec de vraies premières personnes. Elle remet de l’ordre dans mon désordre, ma confusion mentale, comme ils disent. C’est une sorte de troisième personne narrateur de mon personnage.