La traque …

ILS PARVIENDRONT À TUER LES GRANDS-letexx

*

Au fur et à mesure
que leurs serres
s’enferment sur
du vivant
il meurt
ou fuit.

Ne leur restent alors
que carcasse vide
dépouille sans valeur

et
la traque continue.

*


ILS PARVIENDRONT À TUER LES GRANDS-letex

Il y a quelques années
(comme tous ceux qui hument le parfum de ce qui palpite
le prévoyaient depuis longtemps)
les ventes de musique en rapport avec le spectacle vivant
ont dépassé en volume financier
celles des disques.

Le même sort menacera tôt ou tard
ces grandes manifestations de plus en plus préformatées
et homogénéisées pour répondre à des critères de rentabilité immédiate.

Rêvons
un jour peut-être
une majorité d’entre nous
préférera entendre et vivre
un son d’une qualité ordinaire
mais qui proviendra d’un véritable artiste
produisant une musique … bio
c’est à dire vivante
à proximité immédiate
de son oreille
et
de sa peau.

ILS PARVIENDRONT À TUER LES GRANDS-s
(cliquer)

[Almanach] … Christine Jeanney

[Elle dit que
parfois
elle ne manque pas d’air !]

Mercredi 26 Juin 2013
Christine Jeanney
évoque son travail de traduction dans son

« Journal de bord des Vagues« 

(extrait de « journal de bord des Vagues -24 [le « comme »]

<< Ici c’est la difficulté du « comme » …

QUI REVIENT SI SOUVENT-letcr1-exp

        (à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)*

L’extrait complet

* Bien évidemment l’illustration correspond à un quintet de Fauré (sourire)²


il y a neuf « interludes » dans Les Vagues et celui-ci est le deuxième

il faut quitter les personnages un instant et attraper ce dire presque désincarné, au plus près des éléments en mouvement, objets changeants aux infimes modifications, des détails merveilleux mangés des yeux

ici c’est la difficulté du « comme » qui revient si souvent en anglais et installe cette musique rêveuse, aérienne, presque désinvolte
as if, like, c’est si simple, de tout petits mots à peine plus larges qu’une ponctuation
en français, le comme répété insiste, on dirait qu’il assène et qu’il prend à témoin, qu’il montre du doigt lourdement

seul, il évoque,
s’il se double se redouble, il grossit, devient démonstratif
pour qu’il se taise un peu, et qu’il laisse parler Virginia, je décide parfois de l’enlever

(décidément je ne manque pas d’air)
work in progress

[Almanach] Lucien Suel …

[Lucien met son regard, son oreille,
et les lumières qu’il abrite
en des lieux et des temps
dont il partage volontiers les trésors.]

Mardi 27 mai 2008
En son SILO
Lucien Suel évoquait
« Fleury-Joseph Crépin« 

TU AS ÉTÉ PLOMBIER -letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Lucien Suel  aux éditions Qazaq


Fleury-Joseph Crépin tu entends une voix elle
te dit à vos couleurs Fleury-Joseph il faudra
peinturer 300 tableaux pour arrêter la guerre
et 45 autres pour établir durablement la paix
45 toiles peintes comme 45 temples de la paix

Pacem in terris tu t’exécutes jusqu’à la mort
tu peins de l’âge de 63 ans à l’âge de 73 ans
sous l’influence de ton ange gardien tu peins
consciencieusement tu dates et numérotes tous
tes tableaux tu les fais à partir des dessins
préparatoires sur ton papier quadrillé papier
de la symétrie tu seras enterré avec tous tes
quadrillages crayonnés l’ensemble des croquis
capitonnage tapissant l’intérieur de ta bière

seuls témoignent pour la postérité pour notre
édification toutes les toiles achevées durant
ces dix années je te regarde Fleury-Joseph tu
appliques tes couleurs à l’huile sur la toile
tu laisses tomber des gouttelettes des perles
de vernis coloré tu travailles avec la grande
minutie des bons artisans dans l’espace blanc
tu traces et colories tes motifs géométriques
tu travailles comme un plombier qui soigne tu
sais qu’il faut être précis pour ne pas avoir
de fuites au moment de la mise en eau pour ne
pas devoir recommencer tes soudures tu as une
oeuvre à accomplir comme Jeanne de Domrémy et
comme Augustin de Ferfay tu as été choisi par
les esprits une tâche pour le reste de ta vie

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o

j’aime beaucoup c’est beau ton premier prénom
Fleury fleur Fleury fleur Fleury fleur Fleury
tu t’appelles Fleury mon grand-père s’appelle
Fleury aussi un prénom que l’on ne donne plus
guère de nos jours vous êtes morts les Fleury

mon Fleury était bûcheron terrassier forgeron
jardinier ajusteur ouvrier poilu de 1914-1918
toi Fleury-Joseph tu as été plombier zingueur
quincaillier compositeur de musique rebouteux
puisatier sourcier et finalement peintre pour
la paix artisan de paix c’est toi qui stoppes
les boches avec ton trois-centième tableau tu
contrains l’ennemi à capituler à signer enfin
la paix la deuxième guerre mondiale est finie
lorsque le 7 mai 1945 tu poses l’ultime perle
colorée sur la composition n° 300 Pax Crepina

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o

tu es né à Hénin-Liétard avant qu’on le nomme
Hénin-Beaumont tu es né dans le Pas-de-Calais
comme Augustin Lesage comme Victor Simon deux
personnages singuliers tes prédécesseurs dans
le spiritisme quand je traverse Hénin-Liétard
je pense à toi je pense aussi au premier film
de Maurice Pialat l’enfance nue tableau animé
pour conjurer la solitude la détresse sociale

o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o

crépin crépine crépinette j’entends les tiots
qui se moquent jouent avec ton patronyme dans
la cour de l’école crépi crépin crétin crépin
crépin crépine crépinette sacré crépin crépin
les peintures crépin crapette sa-cré pein-tre

dans leur innocence les enfants annoncent ton
futur crépi du bâtiment ta crépine au fond du
puits ils se trompent juste sur la crépinette
puisque tu ne seras jamais un charcutier mais
qu’au contraire tu feras arrêter la boucherie

 

contre-voies – Alain Nouvel (1)

Conte/récit poétique et musical qui côtoie dieux, anges plus ou moins déchus et des personnages de l’antiquité qui retrouvent une nouvelle jeunesse sous la plume d’Alain Nouvel.

MUSIQUE ATROCE INCURVÉE - letcr1-exp

 

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Parcours de lecture

MUSIQUE ATROCE INCURVÉE - s

En clair

MUSIQUE ATROCE INCURVÉE - txt0

Extrait plus long

MUSIQUE ATROCE INCURVÉE - txt1

 

 

 

Ce texte a donné naissance à un spectacle
« Contre-Voie ou les aventures nébuleuses d’un organiste perdu dans les bonasses »


 

Les saxos se sont mis à beugler un vieux standard des années trente, mais de façon si ampoulée qu’on basculait déjà dans un autre temps.
C’était une plainte animale, un grand rut rauque et mon piano accompagnait la raucité des dissonances à contretemps : harmonies creuses, et grimaçant comme des gueules grandes ouvertes.
Musique atroce, incurvée de silence et qui n’empêchait pas les voyageurs de chuchoter. Nous allions à la vitesse du temps : le jour ne semblait pas s’être avancé.

COLLINE – JEAN GIONO – 14

 

Un livret gratuit
entièrement dédié à l’oeuvre de Jean Giono
(extraits des nouvelles, romans et pièces de théâtre
à redécouvrir en jeu)
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Pour saluer Giono au format PDF

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[Qui penserait qu’il est ici question
d’un crapaud ?]

SES YEUX SONT PAREILS A DES GRAINS - letc1-exp


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SES YEUX SONT PAREILS A DES GRAINS - letc1-sr

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Extrait du roman « Colline »
de Jean Giono

parcours de lecture

SES YEUX SONT PAREILS A DES GRAINS - sr

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En clair (sur babelio)

*

SES YEUX SONT PAREILS A DES GRAINS - txt0r

Un extrait plus long

SES YEUX SONT PAREILS A DES GRAINS - txt1r

  (Janet est à l’agonie
autour de lui
pour conjurer le sort
des histoires étranges
naissent sur les lèvres.
Ici il est question d’un crapaud)

_____________________

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« Le crapaud qui a fait sa maison dans le saule est sorti.
« Il a des mains d’homme et des yeux d’homme.
« C’est un homme qui a été puni.
« Il a fait sa maison dans le saule avec des feuilles et de la boue.
« Son ventre est plein de chenilles et c’est un homme.
« Il mange des chenilles, mais c’est un homme, n’y a qu’à regarder ses mains.
« Il les passe sur son ventre, ses petites mains, pour se tâter : C’est bien moi, c’est bien moi, qu’il se demande dans sa jugeote, et il pleure, quand il est bien sûr que c’est lui.
« Je l’ai vu pleurer. Ses yeux sont pareils à des grains de maïs et, à mesure que ses larmes coulent, il fait de la musique avec sa bouche.
« Un jour, je me suis dit : “Janet, qui sait ce qu’il a fait comme ça, pour avoir été puni, et qu’on lui ait laissé seulement ses mains et ses yeux ?”
« C’est des choses que le saule m’aurait dites si j’avais su parler comme lui. J’ai essayé. Rien à faire. Il est sourd comme un pot.
« Nous deux, avec le crapaud, ça est bien allé jusqu’à la Saint-Michel ; il venait au bord des herbes pour me regarder.
« Je lui disais : “Oh collègue. Et alors, quoi de neuf ?” Quand j’arrosais, il me suivait.
« Une fois, c’était la nuit, je l’ai entendu venir ; il se traînait dans la boue et il faisait clou, clou, avec sa bouche pour faire venir les vers.
« Ils sont venus en dansant du ventre et du dos. N’y avait un gros comme un boudin blanc tout pomponné de poils ; un autre qui semblait un mal de doigt.
« Le crapaud a mis ses pattes sur mes pieds.
« Ses petites mains froides sur mes pieds, j’aime pas ça. Il en avait pris l’habitude, le gaillard. Chaque fois que j’arrivais, j’avais beau me méfier, y posait toujours sa petite patte froide sur mes pieds nus.
« À la fin, j’en ai eu assez. Je l’ai eu juste au sortir de sa maison.
« Il cloucloutait doucement. Il tenait un ver noir et il le mangeait. Il avait du sang sur les dents ; du sang plein sa bouche et ses yeux de maïs pleuraient.
« Je me dis : “Janet, c’est pas de la nourriture de chrétien, ça, tu feras bonne œuvre…”
« Et je l’ai partagé d’un coup de bêche.
« Il fouillait la terre avec ses mains ; il mordait la terre avec ses dents rouges de sang. Il est resté là avec sa bouche pleine de terre et des larmes dans ses yeux de maïs… »

DES TROTTOIRS ET DES FLEURS – ANDRÉ DHÔTEL – 1

[Représentant en vin
il est aussi musicien – d’harmonica –
et rêveur.]

« Alors, selon ses dires… TOUT DEVENAIT MUSIQUE - letcr1-exp

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Une lecture plus facile
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TOUT DEVENAIT MUSIQUE - letcr1-exp-sr

  —     

Extrait du roman « Des trottoirs et des fleurs »

de André Dhôtel

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Parcours de lecture

TOUT DEVENAIT MUSIQUE - sr

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En clair  sur babelio

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TOUT DEVENAIT MUSIQUE - txt0r

 Les amis d’André Dhôtel

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Mais ça ne lui faisait rien d’être resté dans l’ombre. Au contraire, il n’en comprenait que mieux les symphonies ou les quatuors quand il trouvait le temps de s’y consacrer.
Représentant en vins, il arrêtait sa voiture souvent dans la campagne.
Alors, selon ses dires, tout devenait musique, un arbre, un tas de cailloux, les prairies de la plaine, surtout les couchers de soleil.

NO ET MOI – DELPHINE DE VIGAN – (Citations choisies par des élèves ) – 12 – (Enzo D.)

   Lettres au collège de Buis les Baronnies

                                        

    QUAND TU SERAS GRANDE JE T EMMENERAI QUELQUE PART OU LA MUSIQUE EST SI BELLE QU ON DANSE DANS LA RUE-let

                                 

Extrait du roman « No et moi« 

de Delphine de Vigan

collecté et proposée par Enzo D..

Son commentaire :

QUAND TU SERAS GRANDE JE T EMMENERAI QUELQUE PART OU LA MUSIQUE EST SI BELLE QU ON DANSE DANS LA RUE-com

Parcours de lecture

QUAND TU SERAS GRANDE JE T EMMENERAI QUELQUE PART OU LA MUSIQUE EST SI BELLE QU ON DANSE DANS LA RUE-s

En clair
*

QUAND TU SERAS GRANDE JE T EMMENERAI QUELQUE PART OU LA MUSIQUE EST SI BELLE QU ON DANSE DANS LA RUE-txt

La phrase complète

QUAND TU SERAS GRANDE JE T EMMENERAI QUELQUE PART OU LA MUSIQUE EST SI BELLE QU ON DANSE DANS LA RUE-txt2


On peut s’aider des TAGS
ils donnent certains mots de la grille.

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Moi, mon secret je peux te le dire, c’est que quand tu seras grande je t’emmenerai quelque part où la musique est si belle qu’on danse dans la rue