Beauté – Katia Chausheva

Ce matin, sur France Culture dans son émission « Répliques »  Alain Finkielkraut  accueillait deux hommes très différents, en apparence tout du moins,

François-Xavier Bellamy qui invite dans son dernier livre à « Demeurer »
et
Sylvain Tesson l’éternel vagabond.

Au fil de l’émission, il apparaît au contraire que ces deux propositions de vie se rejoignent dans leur dénonciation du mouvement pour le mouvement.
Le vagabondage de Sylvain Tesson semble en effet être plus une invitation à la rencontre du réel dans une succession d’immobilité (?) qu’un appel au « bougement » perpétuel.

Katia Chausheva est photographe, on peut voir un aperçu de son oeuvre ici
(et ici)

Le rapport avec ce qui s’écrit plus bas ?

Elle s’inscrit dans le projet des trois personnes nommées.


Le monde connaîtra le meilleur et le pire lorsque

TOUS CES ÊTRES PRESSÉS-let

 

TOUS CES ÊTRES PRESSÉS-sol


 

Le monde connaîtra le meilleur et le pire lorsque tous ces êtres pressés de partir et d’arriver s’apercevront que la beauté a de profondes affinités avec l’immobilité.

Aforismi – Honoré de Balzac

(Merci à Iotop qui m’a aidé à corriger quelques oublis*)
SlowReading

nombres

 

Emprunt de la phrase du jour au site italien Aforismi 
qui propose un aphorisme par jour.
(23 Novembre 2018)

La citation est de *Honoré de Balzac

*elle est extraite de « Maison de Nucigen »

Au-delà de la seule conversion de tout bien matériel (et au-delà) en monnaie, l’auteur semble avoir eu la prémonition de la numérisation du réel !?

Nos vies sont régies de plus en plus par des suites de calculs qui s’enchaînent (algorithmes) selon des lois régies par les probabilités (où règnent les nombres et leur classement)

LA FELICITÀ MATERIALE RIPOSA-letnb

LA FELICITÀ MATERIALE RIPOSA-sol

 

La version française de cet aphorisme est

TOUT BONHEUR MATÉRIEL REPOSE-let

TOUT BONHEUR MATÉRIEL REPOSE-sol

 

La phrase sur le site Aforismi 

Ici dans sa version française

 


Jusqu’à… (chez les dessins d’humeur de Gilles)

Tahar Bekri – Au souvenir de Yunus Emre

Aimer
La pierre abandonnée sur le chemin
Depuis la nuit des temps
Le coquelicot fragile
Loin des bottes des conquérants
Le bouleau qui attend le printemps

Par delà les vallées et les collines
Où ton cœur bat
Sans raison

AIMER LE RUISSEAU RÉVEILLÉ-let1

AIMER LE RUISSEAU RÉVEILLÉ-sol

 

 

Poème de Tahar Bekri extrait du recueil « Au souvenir de Yunus Emre », grand poète soufi (turc) du XIIIème siècle.

Aimer le ruisseau

TRAVERSER LES FORETS – Judith Bordas

EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-imageFrance Culture a proposé, le 11 novembre 2018,  dans le cadre de l’émission « Création on air » :
« Traverser les forêts »
Un essai radiophonique de Judith Bordas (« dramaturge et plasticienne qui travaille également en partenariat avec France Culture et la RTBF pour la réalisation de documentaires et essais de création sonore.« ) dans une Réalisation de Annabelle Brouard.

 


[présentation de l’émission]

TRAVERSER LES FORETS est un essai radiophonique qui a pour point de départ les lieux où une femme ne peut se rendre seule. Les lieux par nature interdits. 

Pendant deux ans Judith Bordas a interrogé plusieurs femmes sur la manière dont leur corps existait dans l’espace public, dans l’espace en général, sur la relation qu’elles entretenaient avec la peur et les stratégies et les mécanismes qu’elles mettaient en place pour continuer à aller justement là où elles avaient envie d’aller. 


EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-image2

L’homme et la femme ne traversent pas les forêts  avec la même facilité, le petit chaperon rouge en sait quelque chose.

[Extrait ]

« …EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-LET1

                                     … : il consiste au jeu en pointillés d’une marche alternée rapide et lente la nuit : une sorte de long message codé lancé dans le vide, au dessus des immeubles : j’ai appris notamment à tenir des conversations avec un téléphone éteint, à lever le nez au ciel pour donner l’illusion de chercher le numéro d’une rue, à boiter. À parler une autre langue. Plus absurde encore : j’ai appris à ralentir quand le danger triture mon dos afin de feindre de ne pas avoir peur.
Depuis l’enfance les zones où je suis invisible, où l’on ne peut me voir, me sont interdites, les zones non éclairées, les petits lacs noirs et les diverses ombres portées des immeubles me sont déconseillés, les espaces où l’on ne pourra me venir en aide sont bannis de ma trajectoire : de ma vie je ne traverserai peut-être jamais une forêt toute seule ».  


Deux extraits en vidéo

 


Une émission à réécouter ici « Traverser les forêts »

[L’occasion pour un homme de comprendre en quoi la domination masculine stérilise tout une partie du potentiel créatif de la femme … contrainte chaque fois qu’elle traverse un territoire incertain (et parfois même sa propre demeure peut le devenir) à mobiliser la plus grande partie de son être pour parler cette langue absurde évoquée plus haut.]

demain je nettoie le ciel … – Anna Jouy

Sur son blog des Anna Jouy à déposé
dans sa rubrique   » poèmes » 

 » demain je nettoie le ciel j’ai vu qu’il y…  « 

Extrait

J AI DANS L IDÉE QUE LE DERNIER INVITÉ-let

Le texte entier chez Anna Jouy

 

[Anna Jouy … le soleil … les passages ]


Lire ses textes déposés chez les cosaques des frontières de JAN DOETS

Anna Jouy aux éditions Qazaq


 

demain je nettoie le ciel
j’ai vu qu’il y restait des traces de pas
le chemin oublié d’un pèlerin de poussière
j’ai dans l’idée que le dernier invité de la mort avait les pieds mouillés et une semelle de terre
mais pour affiner l’au-delà j’ai besoin d’un escabeau
à la cueillette des blanches éponges