8 Novembre – René Maran, lauréat du Goncourt.

Ce jour est consacré à un romancier martiniquais, René Maran premier écrivain noir lauréat du Goncourt.
Il fut administrateur colonial, il devint critique de la colonisation.

L’état civil retient le 5 novembre 1887 à Fort-de-France.
Je lui ai préféré la date de la légende, la plus belle :
celle de la naissance en bateau le 8 novembre.
Bateau qui menait ses parents de Cayenne à la Martinique.
Bateau qui est comme un symbole de son œuvre, entre France et Afrique.

Envoyé très jeune faire ses études en France, à Bordeaux il y croise Félix Éboué, son aîné de trois ans, qui sera plus tard administrateur colonial et membre de la SFIO.
Il n’achèvera pas ses études de droit, mais part pour les colonies et entre dans l’administration coloniale en Oubangui-Chari (Afrique-Équatoriale française), en tant que commis des affaires indigènes, à Bangui.

C’est en Afrique qu’il écrit le « roman nègre » : Batouala, nom du chef d’un village banda, dont la vie est décrite en tous ses aspects : fêtes, cérémonies d’initiation, tensions, rivalités de pouvoir et de séduction, vengeances.
Pour cette oeuvre (1921) René Maran devient le premier écrivain noir à l’obtenir le prix Goncourt. (il apprend la nouvelle deux jours plus tard par simple télégramme)
Son style très travaillé (vocabulaire riche, poétique, intégration de mots bandas, rythme) a été salué, notamment par Léopold Sédar Senghor.
Cependant, la préface fait scandale. Elle dénonce les abus de la gestion coloniale. Scandale qui aura des échos en France, jusque dans la Chambre des députés.

En 1923 René Maran demande à plusieurs reprises son retour en France, en vain. Il démissionne alors de l’administration et s’installe à Paris où il pourra vivre de sa plume.
Il écrit alors des romans, poèmes, essais et biographies,  publiera notamment une version définitive de Batouala, Le Livre de la brousse (1934) (Roman d’apprentissage qui suit la vie de Kossi, un jeune guerrier banda, depuis sa naissance jusqu’à sa mort. En 1953, l’Académie française lui décerne le prix d’Aumale.

Il meurt à Paris le 9 mai 1960, à 72 ans.
La phrase de cette grille est tirée de la préface de Batouala.

Pour une grille dynamique où tu pourras compléter le parcours à la souris sur l’ordinateur ou au doigt sur un smartphone (avec sous la grille … retour, vérification etc.)
Clique sur la grille ci-dessous :

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