[Almanach] Frantz Kafka …

[Ce roman aurait (?) été inspiré par une rencontre (?) dans un café, entre Frantz Kafka et un autrichien qui pourrait être (?) Adolf  Hitler lui-même]

Le vendredi 12 mai 1995, « le procès » est publié en format de poche (éditions pocket).
L’oeuvre a été traduite pour la première fois en 1933.

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L’extrait complet


Sur Oeuvresouvertes on trouvera le travail de Laurent Margantin qui se propose de donner une relecture de l’oeuvre à l’occasion du centenaire de sa parution.

Récemment il vient d’ouvrir un MOOC dédié à Frantz Kafka (cours en vidéo)
Le premier cours est dédié à « la question du père » (de première importance chez l’auteur du procès)


Prologue de l’adaptation de Orson Welles

 

Le feuilleton de France Culture (premier épisode)

Pour les autres épisodes

 


« Il faut tout de même, dit K., que Mme Grubach… »
Et il fit un mouvement, comme pour s’arracher aux deux hommes qui se tenaient pourtant loin de lui, et voulut continuer son chemin.
« Non, dit celui qui était près de la fenêtre, en jetant son livre sur une petite table et en se levant, vous n’avez pas le droit de sortir, vous êtes arrêté.
– Ça m’en a tout l’air, dit K. Et pourquoi donc ? demanda-t-il ensuite.
– Nous ne sommes pas ici pour vous le dire. Retournez dans votre chambre et attendez. La procédure est engagée, vous apprendrez tout au moment voulu. Je dépasse ma mission en vous parlant si gentiment. Mais j’espère que personne ne m’a entendu en dehors de Franz qui vous traite lui-même sur un pied d’amitié contraire à tous les règlements. Si vous continuez à avoir par la suite autant de chance qu’avec vos gardiens, vous pouvez avoir bon espoir. »
K. voulut s’asseoir, mais il s’aperçut alors qu’il n’y avait plus aucun siège dans la pièce, excepté la chaise près de la fe-nêtre.
« Vous reconnaîtrez plus tard, dit Franz, combien nous vous avons dit vrai », et il s’avança sur lui suivi de son compa-gnon.
K. fut énormément surpris, surtout par le dernier, qui lui tapa à plusieurs reprises sur l’épaule. Tous deux regardèrent sa chemise de nuit et déclarèrent qu’il lui faudrait en mettre une bien plus mauvaise, mais qu’ils veilleraient avec grand soin sur cette chemise comme aussi sur tout le reste de son linge, et qu’ils le lui rendraient au cas où son affaire finirait bien.
« Il vaut beaucoup mieux, lui dirent-ils, nous confier vos objets à garder, car, au dépôt, il se produit souvent des fraudes et d’ailleurs on y revend tout, au bout d’un temps déterminé, sans s’inquiéter de savoir si le procès est fini. Or, on ne sait ja-mais, surtout ces derniers temps, combien ce genre d’affaires peut durer. Au bout du compte le dépôt vous rendrait bien le produit de la vente, mais d’abord ce ne serait pas grand-chose, car ce n’est pas la grandeur de l’offre qui décide du prix, mais celle du pot-de-vin, et puis l’expérience montre trop que ces sommes diminuent toujours avec les années en passant de main en main. »


Cuisine – Antoine Emaz

Extrait de la présentation de l’oeuvre sur le site de l’éditeur (publie.net)

« L’oeuvre unique que constitue Antoine Emaz est désormais établie sur ces deux registres: la poésie, et ce qui mène à la poésie, ce qu’elle est de travail sur soi: « Où soulever quoi pour que ça déplace de la langue ? »

[Erri De Luca est une illustration de ce qui se dit là à propos de l’écriture]

ÉCRIRE MOBILISE TOUT - ll

      …,  et ce n’est pas de l’ordre de la pensée. »

 

(ou à cliquer)
ÉCRIRE MOBILISE TOUT - letcr1

Extrait de
Cuisine 
(carnet autour et dans la poésie)
de
Antoine Emaz
aux éditions publie.net

Parcours de lecture

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ÉCRIRE MOBILISE TOUT - txt00

Un extrait plus long

ÉCRIRE MOBILISE TOUT - txt11

Ici en fin de page

Antoine Emaz était l’invité d’Alain Veinstein, le 22 novembre 2012, dans son émission Du jour au lendemainsur France Culture.

 


Persuadé de cela depuis longtemps : écrire est enraciné profond en vivre, à condition de ne pas réduire vivre à des événements administratifs ou à une histoire des affects. Il y a aussi une vie de lecteur par exemple, ou une vie manuelle, des apprentissages divers… Toute une histoire du corps, des sensations, aussi.
Écrire mobilise tout l’être à un moment précis ; toute la personne s’engouffre dans la langue, et ce n’est pas de l’ordre de la pensée. Le poème travaille dans de la langue-pas-encore-pensée ; c’est bien pour cela qu’in fine il n’est pas non plus réductible à de la pensée. Il est là, dans son mouvement de langue innervée par vivre, et il ne demande ni explication ni commentaire. Il est là, dans la même absurdité d’exister que moi, avec, s’il est bon, la même évidence d’être là.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – Liberté sans espoir 7

[La terrible exigence de la véritable liberté …
Les exigences de l’être libre.]

L HOMME OU LA SOCIÉTÉ DOIT - letcr1-exp

(Le rapprochement des deux mots
les éclaire mutuellement
ici
on meurt à petit feu
mais comme le sphinx …)


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans « Liberté sans espoir »

parcours de lecture
L HOMME OU LA SOCIÉTÉ DOIT - s

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 Un extrait plus long

L HOMME OU LA SOCIÉTÉ DOIT - txt1

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C’est pourquoi il est dangereux de prêcher l’humilité aux âmes faibles; c’est les éloigner encore plus d’elles-mêmes. L’individu, figé et replié sur lui-même, ne peut prendre conscience de sa destinée que dans la révolte. Il en est de même pour une société. Comme l’individu s’enferme pour dormir lâchement derrière des remparts d’espoirs et de serments, ainsi la société se limite dans les murs des institutions; l’individualiste cherche la paix en s’enfermant dans des bornes nettes et solides; de même l’état nationaliste. L’un comme l’autre ne pourra trouver sa voie véritable, celle où il peut avancer libre, que dans la révolte qui rompt les limites. L’homme ou la société doit être à tout moment sur le point d’éclater, à tout moment y renoncer, et refuser toujours de s’arrêter à une forme définie. La liberté est de se donner à la nécessité de la nature, et la véritable volonté n’est que d’une action qui s’accomplit. Cette résignation est, au contraire de l’abjection, la puissance même, car le corps replacé parmi le monde participe alors de la nature entière. Le Nitchevo des Russes fait comprendre le succès du marxisme en Russie. « Ce n’est rien », c’est-à-dire rien de tout cela qui me pousse à agir n’est moi. Et l’effort de volonté n’est pas de vouloir accomplir une action, mais de la laisser se faire dans un continuel détachement. Accepter le matérialisme historique était pour les révolutionnaires russes trouver la liberté.

L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 10

[Jacques le déclassé, l’ivrogne
rencontre sur un chantier.]

« Un silence. Le jour baissait…

UNE AMITIE PROFONDE SOUDAIN - letcr1-exp

                          …L’ombre de la nuit montrait de l’herbe et de la route. »

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UNE AMITIE PROFONDE SOUDAIN - letcr1-sr

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Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

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Parcours de lecture

UNE AMITIE PROFONDE SOUDAIN - sr

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Un silence. Le jour baissait. Une amitié profonde soudain entre les deux hommes. Pas une amitié jurée. Rien qu’un moment qui vous saisit. L’ombre de la nuit montrait de l’herbe et de la route.

TSIMTSOUM – Introduction à la méditation hébraïque – MARK-ALAIN OUAKNIN -1

 

La méditation-letc 

De l’essai
« Tsimtsoum : Introduction à la méditation hébraïque»

de Marc-Alain Ouaknin

Parcours de lecture
La méditation-s

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La méditation est ce moment privilégié où l’homme s’arrache à l’image de lui-même.

NO ET MOI – DELPHINE DE VIGAN – (Citations choisies par des élèves ) – 3 – (Camille V.) (Naty. A.)

    Lettres au collège de Buis les Baronnies

CES MOMENTS SONT FIGES COMME SUR UNE CARTE POSTALE OU UN CALENDRIER LES COULEURS FINIRONT PEUT ETRE PAR PASSER-let                                                                     …déteindre, ils sont interdits dans la mémoire et dans les mots . »

Extrait du roman « No et moi« 

de Delphine de Vigan

collecté et proposée par Camille V. 

et par  Naty. A.

Leur commentaire :

CES MOMENTS SONT FIGES COMME SUR UNE CARTE POSTALE OU UN CALENDRIER LES COULEURS FINIRONT PEUT ETRE PAR PASSER-com

CES MOMENTS NE NOUS APPARTIENNENT PLUS ILS SONT ENFERMES DANS UNE BOITE ENFOUIS AU FOND D UN PLACARD HORS DE PORTEE-com12

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CES MOMENTS SONT FIGES COMME SUR UNE CARTE POSTALE OU UN CALENDRIER LES COULEURS FINIRONT PEUT ETRE PAR PASSER-s

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Ces moments ne nous appartiennent plus, ils sont enfermés dans une boîte, enfouis au fond d’un placard, hors de portée. Ces moments sont figés comme sur une carte postale ou un calendrier, les couleurs finiront peut-être par passer, déteindre, ils sont interdits dans la mémoire et dans les mots.

LE JOURNAL D’ANNE FRANK – ANNE FRANK – 03

« Avec mes professeurs, je m’entends assez bien, il y en a neuf en tout, sept hommes et deux femmes. M. Keesing, …

LE PETIT VIEUX DES MATHEMATIQUES ETAIT TRES EN COLERE CONTRE MOI PENDANT UN MOMENT PARCE QUE JE BAVARDAIS SANS ARRET-let

« …  après une série d’avertissements, j’ai fini par me faire punir. Une rédaction avec pour sujet : « Une pipelette. »
Une pipelette, qu’est-ce qu’on peut bien écrire là- dessus ? … »

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Extrait du « Journal d’Anne Frank »
de Anne Frank

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LE PETIT VIEUX DES MATHEMATIQUES ETAIT TRES EN COLERE CONTRE MOI PENDANT UN MOMENT PARCE QUE JE BAVARDAIS SANS ARRET-s

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Avec mes professeurs, je m’entends assez bien, il y en a neuf en tout, sept hommes et deux femmes.

M. Keesing, le petit vieux des mathématiques, était très en colère contre moi pendant un moment parce que je bavardais sans arrêt, après une série d’avertissements, j’ai fini par me faire punir. Une rédaction avec pour sujet : « Une pipelette. » Une pipelette, qu’est-ce qu’on peut bien écrire là- dessus ? On verrait plus tard, après avoir noté la punition, j’ai remis mon cahier de texte dans mon cartable et j’ai essayé de me tenir tranquille.

Le soir, tous mes devoirs terminés, mon regard est tombé sur le sujet de la rédaction. En suçotant le bout de mon stylo, je commençai à réfléchir au sujet ; raconter n’importe quoi en écrivant le plus gros possible, c’est à la portée de tout le monde, mais trouver une preuve convaincante de la nécessité du bavardage, voilà le grand chic. A force de réfléchir, j’ai eu soudain une idée et j’ai rempli les trois pages imposées, plutôt contente de moi. Comme arguments, j’avais avancé que bavarder est le propre des femmes, que j’allais faire de mon mieux pour me contrôler un peu, mais que je ne pourrais jamais me défaire de cette habitude, étant donné que ma mère était aussi bavarde que moi, sinon plus, et que l’on peut difficilement changer les caractères héréditaires.

Mes arguments ont beaucoup amusé M. Keesing, mais quand j’ai repris mon heure de bavardage au cours suivant, la deuxième punition est tombée. Cette fois, le sujet était : « Une pipelette incorrigible. » J’ai remis ce second devoir et, pendant deux cours, Keesing n’a pas eu à se plaindre. Mais au cours d’après, il a trouvé que je recommençais à dépasser les bornes. « Anne Frank, comme punition pour bavardage, vous me ferez une rédaction sur le sujet : « Coin, coin, coin », dit Mademoiselle Cancan. » Toute la classe a éclaté de rire. Moi aussi, même si mon imagination s’épuisait sur le thème du bavardage. Il fallait trouver autre chose, qui sorte de l’ordinaire.

Mon amie Sanne, une poétesse de talent, me proposa de m’aider à mettre la rédaction en vers de la première à la dernière ligne. Je jubilais. En me donnant ce sujet idiot, Keesing voulait se payer ma tête avec mon poème on verrait bien qui rirait le dernier.