[Almanach] Jacques Josse

[Poésie dont François Bon dit
« Il y a toujours ce recueillement : pas de parole, pas de visage,
sans savoir ce que vie et mort organisent, dans notre plus immuable théâtre.
Justement des mots que Jacques Josse n’emploierait pas. »
Dans ce « Solitude » il y a presque ce visage en celle qui fait à peine un geste
sur l’herbe, derrière sa fenêtre.]

Jeudi 20 mai 2010,
de Jacques Josse, les éditions Publie.net
donnent « Talc couleur océan« 

ELLE SE DÉSHABILLE UN PEU PLUS S ASSOIT -letcr1-exp

                                                                       

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Proposition de lecture

 

 


Près des digitales
sur l’herbe,
 
l’orage gronde,
 
elle se déshabille
un peu plus,
 
s’assoit, soupire,
ferme les yeux,
fume une cigarette et attend
 
que la clarté
efface l’ombre qui l’entoure.

[Almanach] David Christoffel …

[Apprendre sa langue parlée,
son rythme, les modulés de son ar-ti-cu-la-tion
pour que la voix porte
et que le son sorte grandi
de la gorge.]

Dimanche 20 mai 2012,
de David Christoffel, les éditions Publie.net
donnent « Argus du cannibalisme« 

1 TEMPS PAR MAJUSCULE ET D AUTANT-letcr1-exp

                                                                       

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Sur France Culture
une émission en compagnie de l’auteur du jour
(encore audible quelques temps)

 


Poèmes pour mégaphone

Inspirez !
Expirez !
 
L’imagination
Voiler la machine inductive
Supposez !
Voyez !
Et : par-dessus le marché
Regarder dans une autre direction.
 
le droit à la vie
Ce n’est pas que
le droit de faire des erreurs
sans quoi supposerait
le droit de recommencer
qui est d’une grande arrogance
envers tous les gens qui sont morts
pour le droit –
ou alors :
le droit de tout balancer
ce n’est pas que
le problème de la castration
ou simple histoire de
ceux qui demandent de
recommencer
le droit de revendiquer
le droit de dire
pas négociable
pas réductible
un ou deux badges
un ou deux slogans
deux ou trois amis.
les joies de l’appartenance :
le droit au bonheur.
le plaisir de pas suivre le mouvement :
le bel élan de la belle vie.
C’est donc,
Entendez bien
Le droit de se faire entendre
indéniable
et même quand articule pas tout
 
(1 temps par majuscule et d’autant plus mal articulé que très bien rythmé)
Y’en A Plein
Veut-pas Sa Voir
On Veut Plus
Y’en-a As’ Y’a-donc
Trop
Plan
Sache
Nuire
-table -tion
-vers Quoi-on –rus Qui eux
 
Tu Vois C’est-pas Ça – En-core – Par-contre
C’est Que Moi-non Plus C’est-pas Pour Mais
Tou- Jours Re-ve Nir Voyez Vous-très – Mi-nable
Et Bien Je-di Rai Je-veux Pas -Tout-dire
Sur- Tout Si-en Plus Bien-en- Ten-du – Serre-tête
 
Mégot jus d’orange Nocif C’que ça peut J’te l’demande Encore Vous faire Demain et pis quoi En arrière 2-2 pas Histoire Réformer Tout de suite Épluchure C’est la preuve Peut toujours L’État Alors lui Si tu savais
Rlu Rlu Le gros tas Et… Hop Recycler Recycler Rebrancher Rebrancher Connecter
 
– On Veut -Vou-Loir – Cli-quer
A-na Nas -Gan-Ter Pam-ple Mousse A-lors A-près

[Almanach] Serge Bonnery …

[Conte qui restitue le climat de vie
dans les hameaux de montagne]

Lundi 19 mai 2014,
de Serge Bonnery
en les terres où Jan Doets recueille les « cosaques des frontières »
à déposé  « Vieilles Histoires d’un Pays Haut : Vie de Marie Metche« 

(Extrait de la seconde partie )

JOSEPH NE SAVAIT PAS TOUJOURS-letcr1-exp-

                                                                       

La première partie de la nouvelle

La seconde partie (d’où provient cet extrait)


Proposition de lecture   :

 


Voir  le site de  Serge Bonnery : l’épervier inclassable


[Almanach] Joris Lacoste …

[Une écriture faite pour s’insérer dans le temps
et ce qu’il permet d’intensité fluctuante et de rythme
(que le signe code comme il peut dans
la ponctuation.) ]

Mardi 19 mai 2009,
de Joris Lacoste, les éditions Publie.net
donnent « Comment faire un bloc« 

(Extrait de la première partie « Ce qui s’appelle crier ».)

AURAIT ON PU SORTIR PRENDRE - letcr1-exp

                                                                       

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Proposition de lecture   :


Voir son projet « encyclopédie de la parole »

 


A ceux qui reculent ceux qui n’y croient pas qui tombent de la voiture en marche ceux qui passent qui courent en tous sens et ne savent qui parlent sans cesse et ne savent plus par où qui cherchent et parlent à n’importe qui ceux qui disent qu’il ne faut pas s’inquiéter pas bouger qu’il faut rester calme et ceux qui veulent se voient couchés au milieu des champs de tournesols et veulent partir dans la chaleur qui se voient déjà ne se voient pas cherchent l’argent dans les tiroirs les bijoux et marchent même aurait-on su même aurait-on voulu

B même aurait-on voulu y croire absolument de partir de passer les barrages aurait-on pu sortir prendre la voiture et trouver de l’essence la grand-mère et foutre le camp le plus vite possible aurait-on voulu même et la voisine aurait-on pu partir que ça n’aurait pas marché pas suffi sans doute sur les routes encombrées les chemins défoncés fallait-il même aurait-on su d’avance aurait-on pu même presque dès avant que ça commence presque on savait déjà que quelque chose que quelqu’un fallait-il vraiment

C fallait-il vraiment qu’ils fussent pour nous les jours où chacun tremble où chacun trébuche pour son frère et finalement se couche sur le bord de la route où l’on ne voit plus personne en face où les plus valides succombent où l’on se souvient sur la route que rien que l’on n’a rien depuis deux jours pas la moindre et presque pas dormi ou alors par séries de cinq secondes à cause de la peur et des détonations les hommes en train de boire sur le côté les véhicules qui se suivent en file indienne un homme couché ou était-ce une vieille

[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout de ces lieux que nous habitons et qui parfument et colorent nos pensées,
souvent malgré nous.
Avec la lecture en audio de l’auteur pour l’intégralité des textes. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Qu’est-ce qu’un logement ?« 

(Texte 5)

JE NE ME SUIS JAMAIS FAIT -letcr1-exp

                                                                       

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Lecture du texte par Guillaume Vissac  :


Je ne me suis jamais fait à ces fenêtres en rang serré qui me font face. Chaque jour je les obstrue, je les camoufle, je m’en détourne. Je les vois tous les jours sans les voir. Au-delà je vois le ciel, la lune. Ça me suffit. La vue s’engrise. Je ferme les stores à nouveau. Je m’entends les fermer. Au fond nous n’avons jamais fait que camper derrière leurs reflets. Si je clos complètement l’opacité des stores, peut-être les reflets se terreront.

[Almanach] do altissimo …

[Elle est citée dans Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley …]

18-05-1783-LE 18 MAI 1783 DISPARAISSAIT-letcr1-exp                                                                       

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L’évocation 


Autre prestation de cantatrice
https://www.youtube.com/watch?v=YynRtkFukCs


Le 18 mai 1783 disparaissait Lucrezia Ajugari, dite la Bastardella une des plus grande interprète de l’œuvre de Mozart

[Almanach] Michel VOLKOVITCH …

[Suivre les traces d’un traducteur, ses certitudes sur le général, ses hésitations sur le particulier, pour le spécialiste (traducteur en herbe ou en fleur) ou le profane…]

Samedi 17 mai 2008, les éditions Publie.net
donnent de Michel Volkovitch
Babel & Blabla 
(carnet d’un traducteur)

(extrait)

« Un texte me tombe entre les mains,…JE LE TRADUIS SANS PRÉMÉDITATION-letcr1-exp

                                                                        …, comme on fait un enfant. »

 

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Voir aussi, à propos du geste du traducteur,
les parcours et traces de
Christine Jeanney  dans ses « explorations textuelles »  à propos de « Les Vagues » de Virginia Woolf (journal de traduction en cours)]
Guillaume Vissac en son « Ulysse par jour » traduction jour après jour, phrase après phrase (« ou presque ») de l’Ulysse de James Joyce.

 


Proposition de lecture :


Besoin d’écrire
1981. J’ai trente-trois ans, je rêve d’écrire mais ça ne sort pas. J’étudie le grec depuis peu avec une passion déraisonnable. Un texte me tombe entre les mains, je le traduis sans préméditation, sans savoir ce qui m’arrive, avec un sentiment d’évidence, une jubilation, un soulagement, comme on fait un enfant. Ces quelques pages traduites sont publiées, puis tout s’enchaîne. 1984, première traduction en volume. 1985, invitation aux Assises de la traduction d’Arles, où je rencontre pour la première fois mes consœurs et confrères. Puis la série des publications, prose (une bonne vingtaine de romans, recueils de nouvelles ou récits), poésie (près de trente recueils, quatre anthologies), théâtre (une dizaine de pièces).
Très tôt, je me suis impliqué dans la formation des traducteurs. C’était en ce temps-là — voilà un quart de siècle, déjà ! — une idée neuve. Jusqu’alors on devenait traducteur sur le tas, sans aide et tant bien que mal. Et cela ne choquait personne. Le plus difficile des métiers, être tout seul pour l’apprendre !
Ma chance est d’être né à la traduction au moment où elle accédait enfin à l’âge adulte, où les traducteurs littéraires ont pris la parole, créant des associations, des lieux de rencontre, des publications, mettant sur pied un enseignement de la traduction pour assurer la propagation et l’embellissement de l’espèce.

[Almanach] Isabelle Pariente-Butterlin…

[Date anniversaire rectifiée. Merci Jan !]
___
[Un écho (?) à un suicide par noyade d’une femme aimante mais qui n’en peut…
et, plus près de nous à ceux qui ne souhaitent pas cette mort, mais qui n’en peuvent …]

Samedi 17 mai 2014, en les terres des cosaques des frontières
(de Jan Doets)
Isabelle Pariente-Butterlin donne Aedificavit 9

(extrait)

JADIS ELLE EST MORTE MAIS ELLE -letcr1-exp

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Proposition de lecture :

 


Pourquoi continuer ? Le noyé un instant abandonne. S’abandonne.

Au-dessus, il est vrai, la vie est là. L’enfer aussi, non moindre, pourquoi s’acharner ? Les enfers liquides se referment mollement, on dit qu’elle est morte, jadis, les enfers liquides se replient mollement, le noyé s’abandonne et tout va s’abolir. Enfin. L’air manque. Tout est flou. L’air manque. Tout est pire. Oui, tout est pire, vraiment, l’air manque, les noyés sont gonflés d’eau, du moins est-ce ce qu’on dit. L’air manque atrocement, horriblement, cela flotte. C’est atroce. Mais tout est pire. S’arrêter est pire ; il faut remonter.

La surface des eaux est pire mais il faut remonter. Cela demande un effort inimaginable. L’eau se refermait lentement. C’est une poussée extraordinaire dont il ne se serait jamais soupçonné, un effort infini, un effort infini, immense, plus vaste que les eaux. C’est tant d’impossible à accomplir que cela s’accomplit. Effort désespéré de la noyade, tout est pire, mais il ne peut périr noyé.

Jadis elle est morte mais elle l’aimait. Elle n’a pas senti que les eaux tentaculaires la berçaient, elle emportait son image. Non, pardonne-moi, elle aussi a tenté un dernier sursaut mais d’autres silences l’accablaient et l’entraînaient. En vain, elle essaya et de dût être atroce. In memoriam.

Et c’est pourquoi ils tentent de se redresser, de revenir. L’effort est immense et certains, épuisés, sont pâles et blêmes de leur abandon.

(…)

Je relis ces lignes et elles se superposent à d’autres images, et d’autres images encore se superposent à elles. 

Toutes ces scènes de noyade aujourd’hui laissent des corps sur les côtes de l’Europe. Les images nous parviennent, accompagnées d’un commentaire. D’eux, c’est tout ce qu’il reste, une image et un commentaire. On aperçoit des corps dans des couvertures. La mer en apportera d’autre quelques jours plus tard, et ils effaceront les précédents. On ferme tous les yeux un instant. On préfère ne pas voir mais on ne peut pas ne pas ressentir. Ce n’est pas possible. 

Sur les côtes, les plages ensoleillées de la Méditerranée, des corps échouent que la mer a dévorés. Les eaux de nos côtes sont coupantes comme des lames de rasoir. 

Des corps échouent, qui tentaient seulement de rejoindre, vivants, nos côtes, qui tentaient de dérouler le fil de leur vie. Et derrière chaque corps, chacun de ces noyés, il y a une scène irréductiblement singulière, d’une vie qui préfère prendre un bateau dans la nuit, tenter sa chance pour rejoindre des côtes lointaines. Il y a donc un moment où il faut décider de mettre sa vie sur quelques planches, pour traverser la mer, pour continuer à dérouler le fil de ses espoirs. 

Puis ils échouent sur les côtes ensoleillées.

Et cet homme, qui tenta de traverser la Manche pour passer en Angleterre. Quand on l’a ramené à terre, il disait qu’il se récitait des poèmes. Je n’ose même pas imaginer ce que c’est que traverser la Manche, la nuit, avec pour seul bateau un triangle de bois et des flotteurs, en compagnie des poèmes qu’on aime. Je n’ose pas l’imaginer. 

Toutes ces scènes nous parviennent, on ne peut pas ne pas les entendre. N’est-ce pas ?, on ne peut pas ne pas les entendre. On ne peut pas ne pas les conserver en soi. Les coucher dans sa mémoire. Je ne sais pas comment nous faisons pour ne pas penser seulement à cela. Pour penser à autre chose. Pour repartir dans la vie. Ensuite. 

Texte et image : Isabelle Pariente-Butterlin

[Almanach] Chateaubriand …

[L’auteur eut le sentiment qu’il devait prévenir le lecteur, dans son prologue, du caractère particulier
de l’écriture cette oeuvre, à la fois romanesque et poétique,
autant que de son sujet « qui sort de toutes les routes connues et qui présente une nature et des mœurs tout à fait étrangères à l’Europe« ,
du fait que celui-ci est quasiment sans « aventure« .
Et en effet, celui qui a survolé l’oeuvre de Chateaubriand, ou qui ne le connait que par écho, sera assurément surpris par l’histoire.]

Vendredi 16 mai 1969, parait, aux éditions de la Pleïade
Le premier tome des
« Oeuvres romanesques et voyages »
François-René de Chateaubriand

La première oeuvre de ce volume
« Atala« 

(extrait)

COMME TOUS LES HOMMES IL AVAIT-letcr1-exp

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Le passage en son entier 


 L’oeuvre est disponible en téléchargement libre (format liseuse ou pdf)

Atala

 


Il y avait parmi ces sauvages un vieillard nommé Chactas [La voix harmonieuse. (N.d.A.)], qui, par son âge, sa sagesse et sa science dans les choses de la vie, était le patriarche et l’amour des déserts.

Comme tous les hommes, il avait acheté la vertu par l’infortune. Non seulement les forêts du Nouveau−Monde furent remplies de ses malheurs, mais il les porta jusque sur les rivages de la France.

Retenu aux galères à Marseille par une cruelle injustice, rendu à la liberté, présenté à Louis XIV, il avait conversé avec les grands hommes de ce siècle et assisté aux fêtes de Versailles, aux tragédies de Racine, aux oraisons funèbres de Bossuet ; en un mot, le sauvage avait contemplé la société à son plus haut point de splendeur.

Depuis plusieurs années, rentré dans le sein de sa patrie, Chactas jouissait du repos. Toutefois le ciel lui vendait encore cher cette faveur : le vieillard était devenu aveugle. Une jeune fille l’accompagnait sur les coteaux du Meschacebé, comme Antigone guidait les pas d’Oedipe sur le Cythéron, ou comme Malvina conduisait Ossian sur les rochers de Morven.

Malgré les nombreuses injustices que Chactas avait éprouvées de la part des Français, il les aimait. Il se souvenait toujours de Fénelon, dont il avait été l’hôte, et désirait pouvoir rendre quelque service aux compatriotes de cet homme vertueux.

[Almanach] Anna Jouy …

[Images fortes, qui, telles les notes d’un piano, donnent leur vibration à ce qui devient, musique, tableau, ballet…]

Samedi 16 mai 2015, Anna Jouy donne en ses « mots sous l’aube »
journal de l’aube 410,
qu’accompagne une valse d’Evgeny Grinko

(extrait)

ECLATER COMME UN DRAP DANS-LETCR1-EXP

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Le texte en son entier 


Proposition de

lecture

 Un autre doigt


Alors se joignent les doigts, les cils aussi, tout le corps épèle l’espérance
Craquements de phalanges toutes ces coudées d’os dans l’acte à venir
Ils s’assemblent, force des mots nus, la pensée travaille son silence, pétrin chaud d’amour ou de folie. Développer sa fougère
Reprendre aussitôt à la ligne des doigts, y retendre les suppliques
Jusqu’à ce qu’un peu d’air glisse et ventouse.
Éclater comme un drap dans le repli des langues