[Almanach] naissance des éditions Qazaq …Jan Doets

[sixième et dernier des sextuplés
(Je respecte l’ordre de la liste qu’il m’a lui même transmis)
publié au premier jour
des éditions Qazaq
issues du rêve de Jan Doets -]

[On n’y dévalise pas les banques… mais plutôt.]

Jan Doets 

(fondateur)

« Beloum Beloum« 

Vendredi 19 Juin 2015

PARTOUT ON SE PENCHE AUX-letcr1-exp

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Le texte


Proposition de lecture  :


Chez Les « Cosaques des frontières »
où JAN Doets recueille les textes qui pourraient se perdre
dans des terres arides … ou absentes


Le jour de mon arrivée dans ces bureaux, les employés près des fenêtres ouvertes appellent les pauvres des grottes internes pour venir tout de suite, pour regarder un événement qui se passe, apparemment, quelques fois par semaine. Quelqu’un est sorti de la banque après avoir retiré de l’argent. Le malheureux. Car ces créanciers l’attendent dans la rue et lui sautent dessus entre l’embouteillage permanent. Une bagarre énorme. Les chauffeurs se mêlent dans le conflit, il se forme plusieurs parties. Arrive la police avec leurs matraques. Partout on se penche aux fenêtres de tous les immeubles et applaudit en encourageant les lutteurs avec enthousiasme.

[Almanach] Anh Mat …

[Celui qui accompagne Anh Mat
s’apprête à descendre aux enfers.]

Lundi 26 mai 2014
Sur site des cosaques des frontières (Jan Doets)
Anh Mat
donne « Au pas de la porte de l’enfer« 

L APATRIDE NE SAIT MÊME-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier


Proposition de lecture :


Du même auteur
aux éditions Qazaq  : cent trente cinq cartes postales de la Chine ancienne

aux éditions Publie.net : Monsieur M


Au pas de la porte de l’enfer, je quitte l’apatride.

Il me salue brièvement de la main s’épargnant ainsi un baiser qui n’a plus lieu d’être entre nous. Et puis les mains dans le dos, sa silhouette disparaît au loin dans la marée humaine de ce jour gris.

L’apatride faiblit. Sa pensée se gâte. Son souffle est de plus en plus court. Sa tête de plus en plus basse. Et son regard se perd dans l’angoisse renouvelée de chaque seconde lui passant sur le corps et le visage.

Chacune de nos rencontres le rapproche d’une effrayante sénilité. Et lui déjà prêt à se suicider si écœuré à l’idée de finir infirme et baveux sur un fauteuil me confiait il y a peu ceci   :

«   La mort   ? J’ai hâte…   »

Aujourd’hui, nous ne nous sommes rien dit. De toute façon, l’apatride ne sait même plus s’exprimer. Il a comme perdu le chemin de la parole dans le langage. Les langues qui autrefois l’ont habité désormais se mélangent formant ainsi un dialecte insaisissable et incompris de tous. Alors il se tait. Longtemps. De longues heures. Des années. À force son haleine est devenue abominable, sèche, empuantie d’une vague odeur de cadavre. Probablement celui des mots morts du ressentiment de n’avoir pas su les adresser.

[Almanach] Isabelle Pariente-Butterlin…

[Date anniversaire rectifiée. Merci Jan !]
___
[Un écho (?) à un suicide par noyade d’une femme aimante mais qui n’en peut…
et, plus près de nous à ceux qui ne souhaitent pas cette mort, mais qui n’en peuvent …]

Samedi 17 mai 2014, en les terres des cosaques des frontières
(de Jan Doets)
Isabelle Pariente-Butterlin donne Aedificavit 9

(extrait)

JADIS ELLE EST MORTE MAIS ELLE -letcr1-exp

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Le passage en son entier 


Proposition de lecture :

 


Pourquoi continuer ? Le noyé un instant abandonne. S’abandonne.

Au-dessus, il est vrai, la vie est là. L’enfer aussi, non moindre, pourquoi s’acharner ? Les enfers liquides se referment mollement, on dit qu’elle est morte, jadis, les enfers liquides se replient mollement, le noyé s’abandonne et tout va s’abolir. Enfin. L’air manque. Tout est flou. L’air manque. Tout est pire. Oui, tout est pire, vraiment, l’air manque, les noyés sont gonflés d’eau, du moins est-ce ce qu’on dit. L’air manque atrocement, horriblement, cela flotte. C’est atroce. Mais tout est pire. S’arrêter est pire ; il faut remonter.

La surface des eaux est pire mais il faut remonter. Cela demande un effort inimaginable. L’eau se refermait lentement. C’est une poussée extraordinaire dont il ne se serait jamais soupçonné, un effort infini, un effort infini, immense, plus vaste que les eaux. C’est tant d’impossible à accomplir que cela s’accomplit. Effort désespéré de la noyade, tout est pire, mais il ne peut périr noyé.

Jadis elle est morte mais elle l’aimait. Elle n’a pas senti que les eaux tentaculaires la berçaient, elle emportait son image. Non, pardonne-moi, elle aussi a tenté un dernier sursaut mais d’autres silences l’accablaient et l’entraînaient. En vain, elle essaya et de dût être atroce. In memoriam.

Et c’est pourquoi ils tentent de se redresser, de revenir. L’effort est immense et certains, épuisés, sont pâles et blêmes de leur abandon.

(…)

Je relis ces lignes et elles se superposent à d’autres images, et d’autres images encore se superposent à elles. 

Toutes ces scènes de noyade aujourd’hui laissent des corps sur les côtes de l’Europe. Les images nous parviennent, accompagnées d’un commentaire. D’eux, c’est tout ce qu’il reste, une image et un commentaire. On aperçoit des corps dans des couvertures. La mer en apportera d’autre quelques jours plus tard, et ils effaceront les précédents. On ferme tous les yeux un instant. On préfère ne pas voir mais on ne peut pas ne pas ressentir. Ce n’est pas possible. 

Sur les côtes, les plages ensoleillées de la Méditerranée, des corps échouent que la mer a dévorés. Les eaux de nos côtes sont coupantes comme des lames de rasoir. 

Des corps échouent, qui tentaient seulement de rejoindre, vivants, nos côtes, qui tentaient de dérouler le fil de leur vie. Et derrière chaque corps, chacun de ces noyés, il y a une scène irréductiblement singulière, d’une vie qui préfère prendre un bateau dans la nuit, tenter sa chance pour rejoindre des côtes lointaines. Il y a donc un moment où il faut décider de mettre sa vie sur quelques planches, pour traverser la mer, pour continuer à dérouler le fil de ses espoirs. 

Puis ils échouent sur les côtes ensoleillées.

Et cet homme, qui tenta de traverser la Manche pour passer en Angleterre. Quand on l’a ramené à terre, il disait qu’il se récitait des poèmes. Je n’ose même pas imaginer ce que c’est que traverser la Manche, la nuit, avec pour seul bateau un triangle de bois et des flotteurs, en compagnie des poèmes qu’on aime. Je n’ose pas l’imaginer. 

Toutes ces scènes nous parviennent, on ne peut pas ne pas les entendre. N’est-ce pas ?, on ne peut pas ne pas les entendre. On ne peut pas ne pas les conserver en soi. Les coucher dans sa mémoire. Je ne sais pas comment nous faisons pour ne pas penser seulement à cela. Pour penser à autre chose. Pour repartir dans la vie. Ensuite. 

Texte et image : Isabelle Pariente-Butterlin

[Almanach] Les cosaques des frontières …Christine Zottele

[Joyeuse ambiance … dans ce texte de Christine Zottele publiée il y a un an chez les cosaques de Jan Doets]

10-05-2015-ON N Y VIENT PAS POUR ÉCRIRE - letcr1-exp

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Le texte complet

On n’y vient pas pour écrire. Mais la Manivelle vous aide à redémarrer et rouler encore un petit bout de route.


Ce jour est aussi un anniversaire beaucoup moins joyeux

10-05-1933-LE 10 MAI 1930 PLUS DE 20000 - letcr1-exp
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Pour des précision à propos de ces événements
-1- texte

-2- video

 


Le 10 mai 1930 plus de 20000 livres sont brûlés parce que leurs auteurs étaient juifs. Parmi eux Kafka, Freud, Marx, Einstein.

Le tableau – Anna Jouy (Au dessus de la ville, Marc Chagal)

En les steppes animées des Cosaques des frontières
Anna Jouy évoque le monde du tableau
et particulièrement celui de la toile de Marc Chagal
« Au-dessus de la ville »

Un extrait en lecture lente²

« Et si …
TOUT RECOMMENCAIT ET S IL N Y AVAIT - letcr1-exp

Parcours de lecture

TOUT RECOMMENCAIT ET S IL N Y AVAIT - sr

En lecture lente

———
Anna Jouy en ses « Mots sous l’aube« 


Parfois, on peut vouloir clouer là autre chose, un miroir. Comme s’il pouvait lui aussi rapprocher un autre espace. Le miroir, qui met en scène l’immense arrière-fond de son existence, si loin d’ailleurs qu’il crée l’éternité et donne une violence au secret de la vie, une nostalgie emplie de douleurs et d’effrois aussi. Nous tenant en face, notre irréalité dévore notre réel et on se sent floué, pris d’un vertige- nausée… Et si tout recommençait? Et s’il n’y avait que nous vraiment et rien d’autre, nous et notre apparat décorum, nous et notre apparence ? Ainsi donc c’est pareil et que l’on traverse cet espace de glace, qu’on le franchisse, que l’on tombe, vole ou rampe, la vie ne cessera pas de ressembler à celle qu’on laisse derrière soi.

Boîte de réception … 9 juin 2015 – De Anna Jouy (Chez « les cosaques des frontières » de Jan Doets)

Anna Jouy a déposé une page
qui
évoquant une amie lointaine

nous parle (aussi) de l’écriture,
comme elle vient, comme elle passe, comme elle s’en va.

On pourra la lire
chez  les Cosaques des frontières
de Jean Doets

 « Boîte de réception … 9 juin 2015« 

(dont le début se trouve sur ses mots sous l’aube ici)

un extrait saisi  ce jour :
LE HASARD EST-letc
   

Pour un parcours de lecture lenteLE HASARD EST-s

Le texte en clair
(cliquer pour retourner)
LE HASARD EST-txt2


Le hasard est un vent riche et apte à te rendre à la légèreté de vivre.