RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 9

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

(* Liens ajoutés ici)

[Non pas retraite,
mais …]

ELLE RÊVAIT DE FONDER - letcr1-exp

[Pour cela, il aurait fallu aller
bien loin.]

                

(Si tu es novice ici
ceci est pour toi
le lien d’un mot à l’autre son donnés
– à cliquer – )

 ELLE RÊVAIT DE FONDER - letcr1-sr    

   

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Brouillons et notes éparses
5 – Personnes et personnages

 —

Itinéraire de lecture

ELLE RÊVAIT DE FONDER - sr

En clair

ELLE RÊVAIT DE FONDER - txt0r

 Un extrait plus long
ELLE RÊVAIT DE FONDER - txt1r


N’hésitez pas à signaler une erreur 



On ne parlait jamais de son métier, elle me l’avait formellement interdit. Mais des personnes oui. Des gosses et des adultes. Les deux. Je ne suis pas un grand parleur mais un bon entendeur, salut ! Ça ne vous fait pas rire ? Et bien vous voyez, elle, elle aurait au moins souri. Juste pour me faire plaisir. Parce que j’adorais la voir sourire et que je la voyais de moins en moins sourire. Qu’est–ce que je vous disais ? Ah oui que je l’écoutais parler plus que moi je ne parlais… Et bien, je servais un peu à ça aussi. Elle n’aimait pas spécialement étaler tous ces problèmes et n’était pas du genre bavarde – elle parlait suffisamment en cours – mais avec moi elle se laissait aller à rêver tout haut. Elle rêvait de fonder une maison de retrait, c’est son expression. Un lieu de vie pour elle et ses amis vieillissants. Une sorte de maison autogérée où chacun puisse avoir à la fois son indépendance et se sentir utile à la communauté. Elle me disait que j’avais toute ma place en tant que médecin et amant de poche. Elle voulait bien me prêter à son amie Agathe. On visitait souvent des maisons avec elle, en faisant croire qu’on était mariés.

DU PROGRÈS DANS LA DOMESTICATION – RENÉ RIESEL – 1 –

[On peut se demander si, lorsqu’ils parlent de préhistoire tous les hommes désignent la même chose.

En fait, non !

Certains songent à l’histoire de l’homme avant l’écriture.
D’autres nomment ainsi ce qui se trouve avant leur histoire.
Chacun a ainsi SA préhistoire.
En particulier notre société industrielle.]

 

LA SOCIETE TOTALE NE SAIT - letcr1-exp

(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

LA SOCIETE TOTALE NE SAIT - letcr1-sr

L’extrait provient de l’essai
DU PROGRES 
DANS 
LA DOMESTICATION

de René Riesel

Parcours de lecture

LA SOCIETE TOTALE NE SAIT - sr


En clair
LA SOCIETE TOTALE NE SAIT - txt0r

Le paragraphe entier
LA SOCIETE TOTALE NE SAIT - txt1r


La société industrielle, au stade où elle est parvenue, n’est sûrement pas la première à se donner pour achevée, à se montrer obsédée d’elle-même, inapte à se représenter ou se concevoir différemment. Finalement, on ne la dit moderne (certains prétendent étrangement que cela aussi est achevé) que parce qu’elle présente sur les sociétés traditionnelles et les civilisations immobiles la supériorité de prétendre les connaître et cette autre de les dissoudre toutes à son contact. Elle est la première à fonder sa remuante immuabilité non sur l’oubli final ou la mystification du passé, mais sur son dédain, persuadée qu’elle est d’avoir recueilli et réalisé tout ce qui valait dans ce legs, d’en être, comme elle croit l’être d’elle-même, le nécessaire, unique, indépassable et perpétuel aboutissement. La société totale ne sait rien voir d’autre que sa préhistoire dans les sociétés qui l’ont précédée.

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY – OSCAR WILDE – 5

Slow²Reading

[Fascination du peintre pour son (futur modèle)
le destin de l’un et de l’autre est en marche]


J AI FAIT DEMI TOUR ET J AI VU - letcr1-exp


(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )
J AI FAIT DEMI TOUR ET J AI VU - letcr1-sr


Extrait du roman « Le Portrait de Dorian Gray »
d’ Oscar Wilde

(Nouvelle traduction de Christine Jeanney éditeur publie.net )

Parcours de lecture
J AI FAIT DEMI TOUR ET J AI VU - sr

L’extrait en clair

J AI FAIT DEMI TOUR ET J AI VU - txt0r

Extrait plus long

J AI FAIT DEMI TOUR ET J AI VU - txt1r

 


* Slow²Reading : lecture lettre à lettre conformément à la « prière des mots »


Merci de signaler une erreur 


Je parlais depuis dix minutes avec d’imposantes douairières, toutes pomponnées, et des académiciens assommants, et j’ai soudain réalisé qu’un regard me fixait. J’ai fait demi-tour et j’ai vu Dorian Gray pour la première fois. Quand nos yeux se sont croisés, j’ai senti que je devenais pâle. Et une étrange sensation de terreur m’a envahi. Je savais que j’avais en face de moi un être totalement fascinant et que, si je le laissais faire, il m’absorberait tout entier, moi, mon âme, et même mon talent. Je ne veux pas que ma vie soit influencée par l’extérieur. Vous savez, Harry, comme je suis indépendant de nature. Mon père me destinait à l’armée. J’ai insisté pour aller à Oxford. Ensuite il m’a fait inscrire à Middle Temple. Avant d’avoir avalé une demi-douzaine de dîners, j’ai quitté le barreau et annoncé ma décision de devenir peintre. J’ai toujours été mon seul maître ; enfin je l’avais toujours été, jusque-là, jusqu’à ce que je rencontre Dorian Gray. Voilà — je ne sais pas comment vous l’expliquer. Quelque chose me disait que j’étais proche d’un bouleversement terrible dans ma vie. J’ai eu cette sensation étrange que le Destin me réserverait des joies exquises, des chagrins délicieux aussi. Et j’ai su que si je parlais à Dorian, je tomberais immédiatement sous sa coupe, qu’il valait mieux ne pas lui parler. J’ai eu peur, j’ai décidé de partir. Ce n’est pas ma conscience qui m’a poussé à agir ainsi ; c’est la lâcheté. Je ne me félicite pas d’avoir tenté de fuir.

A-VERSION IMAGE OU TEXTE ?

Cette proposition est antérieure à ma lecture de l’article de Christine Jeanney évoquant son intimité avec le fameux « héro » de Wilde.

journalier 05 02 16 / Wilde et Woolf

Mais la coïncidence (quoique) m’a tout de même chamboulé la boite en calcium.

Car elle aurait tout aussi bien pu prononcer ces paroles
(à Christine Jeanney de démentir … ou non (sourire)²)

A PRESENT CE DORIAN GRAY - letcr1-exp

 

A PRESENT CE DORIAN GRAY - letcr1

 

A PRESENT CE DORIAN GRAY - txt0

L’OBJEU – Ly-Thanh-Huê, textes, Bona Mangangu, photos – 2

« Échapper au ronron de leur danse. Staccato fibrille dans leur coulure fluide.OBJEU - couverture
Ils étaient des objets au sein de la forêt qui ont devisé matière, féline fourrure, chrysalide lumière, naissance au monde et mots nouveaux.

J’ai écouté.

Me suis-je faite scribe de leurs mots ?

Aimerais. »

Ly-Thanh-Huê (extrait de la présentation)

Couverture Bona Mangangu

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

 


IMMONDICES POURQUOI UN - letc1-exp

 

  —
(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
– à cliquer – )

IMMONDICES POURQUOI UN - letc1-rs

 « L’objeu »
de LY-THANH-HUÊ
(Lan Lan Huê)

Extrait de   « L’origine du monde »

Itinéraire de lecture

IMMONDICES POURQUOI UN - sr

En clair

IMMONDICES POURQUOI UN - txt0r

 un extrait plus long

IMMONDICES POURQUOI UN - txt1r



Voile sur immondices. C’est un nom si doux. Qui commence dans le monde et finit dans le vent. Sifflement. Elles disent l’indice fou qui s’immisce dans les feuilles. Ce sont des clairières obscures. Que l’on voudrait enfouir.
Immondices. Pourquoi un si joli nom ? Pour ces choses informes, visqueuses et dures.

PIERRE BRUNEL – CE SANS-CŒUR DE RIMBAUD – 4

[Rimbaud brûle en dedans et au dehors
le reniement commence
il n’aura pas de limite]

IL ENTEND EXTIRPER LA DERNIERE - letcr1-exp

(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

IL ENTEND EXTIRPER LA DERNIERE - letcr1-sr




Extrait de « CE SANS CŒUR DE RIMBAUD.
Essai de biographie intérieure
»

de Pierre Brunel

parcours de lecture

IL ENTEND EXTIRPER LA DERNIERE - sr

L’extrait en clair

IL ENTEND EXTIRPER LA DERNIERE - txt0r

Un extrait plus long

IL ENTEND EXTIRPER LA DERNIERE - txt1r


Les TAGS
donnent certains mots de la grille.

___________________________________

Pour agrandir une image, cliquer dessus


Merci de signaler une erreur 


De ces amis, Rimbaud aussi veut se dégager, dut-il aller pour cela pourrir seul dans l’étang

JOURNAL DE LA BROUSSE ENDORMIE – Nocturne 1 – SERGE MARCEL ROCHE – 4



Journal de la brousse endormie - couvertureLes mots de Serge Marcel Roche
à propos de ses poèmes :

(Précédés dans l’oeuvre par une magnifique* introduction de Anna Jouy qui met en parallèle deux mondes visibles/invisibles.)

« Poèmes écrits dans la chambre, de nuit.
Lui à la table ne fait rien que chercher
la douceur trop souvent absente du cœur humain,
la cherche dans la forme enneigée de l’effraie,
le nid de l’oiseau-soleil,
le silence du bois,
le coq sur le toit,
les arbres des forêts
et la chair tremblante du vent sous le poids de la gloire.

Vient le jour,
son pendant à porter,
les pistes à départir,
les heures à remonter,
le prochain pas à faire
avec la terre battue du corps
sous le couvert des nuages. »

L’oeuvre est disponible (à ce jour gratuitement) aux éditions Qazaq (de Jan Doets)  ici

* au sens plein du terme


SURGIT UN DESIR DE SAVANE - letcr1-exp

                                                … au bord des forêts sombres »

  


(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

SURGIT UN DESIR DE SAVANE - letcr1-sr

Extrait du recueil de poèmes

 « Journal de la brousse endormie »
de

Serge Marcel Roche

« Nocturne 1 »

Itinéraire de lecture

SURGIT UN DESIR DE SAVANE - sr

En clair
(chez babelio)

SURGIT UN DESIR DE SAVANE - txt1r

 

Proposition de lecture :

 

 

Serge Marcel Roche en ses lieux virtuels : Chemin tournant



Le silence noir de l’insomnie
Aux tempes secrètes de la nuit
Un grillon dans la chambre
Et puis des voix lointaines sur la route
Rapportées par le vent
Reversées dans les mots
On a peine à les lire sous la lampe trop dure 
De la lune
Ils flottent entre les feuilles du mandarinier
Entre les clameurs de grenouilles
Semblables à certains cris d’oiseaux
Quand ils s’attroupent dans les arbres
Près des foulées

Surgit un désir de savane
De sable sous les pieds
D’horizon monotone
D’attente de la pluie
D’un giclement d’orage au bord des forêts sombres
Dont la fraîcheur lui parviendrait
Odorée de mangues et de lourdes goyaves
Mais il est seul sur le lit

LE VILLAGE PATHÉTIQUE – ANDRÉ DHÔTEL – 16

[La grâce naturelle
d’une enfant.]


     LORSQU ELLE MONTA SUR LA PLANCHE - letcr1-exp

 —
Si tu est novice,
plus facile avec les liens entre les mots
– à cliquer –

LORSQU ELLE MONTA SUR LA PLANCHE - letcr1-sr

Extrait du roman « Le Village pathétique »
de André Dhotel

 —

Parcours de lecture

LORSQU ELLE MONTA SUR LA PLANCHE - sr

En clair

LORSQU ELLE MONTA SUR LA PLANCHE - txt0r

 Un extrait plus long

LORSQU ELLE MONTA SUR LA PLANCHE - txt1r


 Merci de  signaler une erreur 


Elle avait acheté un maillot noir chez une mercière de Vouziers, et tous la regardèrent avec attention lorsqu’elle monta sur la planche. Elle prit son élan comme une gamine qui ne songe nullement à étudier son allure.  Mais son corps toucha la surface avec une précision si rigoureuse que l’eau rejaillit à peine. Elle partit seule à la nage le long des buissons de la rive opposée et ne revint qu’une demi-heure plus tard. Quand elle sortit de l’eau, les garçons la regardèrent marcher sur le gravier jusqu’à l’abri du bois.

LES JEÛNEURS – CLOTILDE ESCALLE – 3

[une partie de l’héritage]

J AI EGALEMENT HERITE DE SA - letcr1-exp1


(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

J AI EGALEMENT HERITE DE SA - letcr-sr

Extrait de
« Les jeûneurs »

de Clotilde Escalle

aux éditions publie.net

Parcours de lecture

J AI EGALEMENT HERITE DE SA - ssr

L’extrait
J AI EGALEMENT HERITE DE SA - txt0r

Extrait plus long

J AI EGALEMENT HERITE DE SA - txt1r


Merci de signaler une  erreur


J’ai hérité du dentier et de tout le reste dont on voulait se débarrasser. N’étais-je pas le digne représentant de mon père ? Képi militaire, spéculums et bistouris, des photos de lui jeune, comme je ne l’avais jamais connu. J’ai également hérité de sa dernière volonté, il me l’a chuchotée avant le « je t’aime » d’usage. Pour solde de tout compte, pour m’amadouer aussi, évidemment. Il désirait que je retourne sur les lieux fastueux du passé, et que je retrouve, outre la trace d’un amour secret, celle d’un meurtre. Dans sa confusion, il ne savait plus ce qu’il avait fait du cadavre, il voulait laisser la place nette. C’est ce qu’il disait, du fond de sa couche, en sueur, la peau collée aux os, crachant tant et plus, cherchant à m’attendrir derrière mon masque blanc de son galimatias de comateux.