« LE QUATRIÈME ÉTAT FRANçAIS » – marquis de Castellane

Il y a eu en France des nobles qui ont proposé ce que des hommes de gauches n’oseraient plus envisager à notre époque.

Le marquis de Castellane fut de ceux-ci. Pour peu que vous ayez le temps de lire un passage de sa proposition de « Quatrième état français » (en écho au « tiers état » ?) l’audace de son projet vous fera regretter les temps qui courent (Nous sommes en 1891 !).


[extrait]

Le but est de faire de l’ouvrier un participant aux bénéfices de son travail, de distribuer l’argent gagné entre beaucoup de mainsau lieu de le concentrer dans une seule. Le jour où il en sera ainsi, tous ceux qui seront admis à cette distribution auront cessé d’être des salariés ils seront des citoyens de l’état nouveau, plusieurs millions d’hommes, s’il faut en croire la statistique. Pour atteindre un but aussi souhaitable, il y a quelques fautes à éviter et un seul effort viril à faire.

Les fautes sont de trois sortes la précipitation, le mépris du capital, la violation des droits individuels des patrons. La précipitation serait la révolution, et la révolution dégénérerait en révolte. Pas plus que l’outillage industriel, l’outillage social ne peut être transformé en un clin d’œil. Les ouvriers ont sans doute compris déjà et leurs droits et la méthode qui leur permettra de les exercer; mais les capitalistes industriels ont-ils pris leur parti du devoir qui leur incombe? Quelques-uns l’ont compris, et ils ont accompli celui que leur conscience leur dictait; les Laroche-Joubert, les Loreau, les Leclaire, les Mame, les Schneider ce sont les grands hommes de l’état nouveau celui-ci les placera dans son Panthéon. Mais combien d’autres, combien de …

SOCIÉTÉS ANONYMES SURTOUT- letex

… se moquant bien que tel mineur ou tel tisseur finisse ses jours dans l’aisance après avoir goûté, dès la jeunesse, les douceurs et les espérances de la co-propriété! Ceux-là sont le grand nombre; ils auront beaucoup de peine à admettre que s’enrichir ne soit pas l’unique devoir. A cause d’eux, la précipitation est redoutable. Il est indispensable de leur donner le temps de venir à une idée contre laquelle ils se cabreraient si l’on tentait de la leur imposer. Le mépris du capital n’est pas moins à éviter. Le capital est la poule aux œufs d’or du travail. Pas de capital, pas de travail. Si les économistes républicains, si les porte-parole du parti, ministres ou députés, venaient à s’associer aux clabauderies des clubs contre le capital, ils ne le détruiraient pas, ils le feraient émigrer. Avec lui disparaîtrait toute chance de relèvement pour l’ouvrier. La misère défierait vite toutes les prévisions, bientôt aussi toutes les compressions.


(pour la solution de la partie en grille, cliquer sur l’image)

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