Peur – Christophe Sanchez

sous-les-tremblements-de-ta-terre-let**[Un écho
à cette vie imprévisible
de la terre
qui fait trembler
ces jours de fin d’octobre
les pieds
ce ceux qui foulent
celle-ci*]

*


« Peur« 

poème de Christophe Sanchez

sous-les-tremblements-de-ta-terre-letex

Christophe Sanchez en ses murs
(percés d’ouvertures multiples)

* Dans le même temps (il y a deux jours) sur des terres secouées elles aussi périodiquement de « blessures »


Sous les tremblements
De ta terre blessée
Où l’ombre git sur le pavé
Ton corps chu sur des corps
A peur

*

Ce serait – Brigitte Celerier

francois-villon-le-mauvais-garcon-sait-comme-nulle-autre-let*

*

[… ce bandit de grand chemin
qui pourtant
savait …]

*

*


Brigitte Celerier
a publié chez Jan Doets
aux éditions Qazaq
« Ce serait … »
(extrait de « Ce serait … Notre Dame« 

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(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


Les lieux où
Brigitte Celerier choisit, évoque et lit, en voix, d’autres textes, d’autres auteurs : BRIGETOUN

Ses écrits, ses ciels, son Avignon et le monde qui habite autour :
PAUMÉE 


Ce serait … l’hiver
Ce serait au Musée d’Orsay une rencontre amicale.
 
Elle serait descendue de la porte de l’Enfer, elle se serait assise, repliée, se contemplant, et comme Rodin lui aurait donné le nom de Belle heaulmière elle se chantonnerait doucement, en désolé murmure intérieur 
 
Quand je me regarde toute nue
Et je me voy si très-changée
Pôvre, seiche, mègre, menue
Je suis presque toute enragée… parce que François Villon le mauvais garçon sait comme nulle autre prendre voix d’humble femme. 
 
Mais en fait, non, ce ne serait pas là la belle heaulmière, la sombre pensée de bronze, mais l’hiver le marbre taillé par Victor Peter à sa ressemblance. 
 
Passée de l’ombre de la déchéance remâchée à la plainte lumineuse de la neige, ou du squelette qui attend, s’annonce sous les baroques draperies, les lambeaux de chair distendue dans l’âge et l’absence,
ce squelette qui reste là, qui dit qu’elle fût belle, qui le demeure
et au dessus de l’ovale décharné du visage, le crâne est doucement, tendrement, arrondi
et le cou est long, et les clavicules saillantes se relient doucement aux bras fins qui se souviennent de leur tendre modelé
et sous les seins et le ventre mous, se dessinent les belles proportions d’un corps souple que l’un de ses amants disait de liane, pauvre gars devenu par sa grâce poète sans originalité, à l’impossible nul n’est tenu,
et les longues cuisses, et les tibias, les grands pieds minces se souviennent de sa marche triomphale, traversant un pré, un matin d’été, sous le regard de son ami.
Et je ne sais si elle se lamente avec la véhémence de la belle heaulmière, ou si elle se souvient en douce nostalgie.

journal de l’aube : « les cheveux du sommeil » – Anna Jouy

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*

[A quoi tient
le sommeil ?]

*

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Anna Jouy donne
en ses Mots Sous l’Aube
(poèmes)
« Les cheveux du sommeil »

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(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


Le poème chez Anna Jouy
… le rêve échevelé


les cheveux du sommeil hantent la lune. je cherche la boussole des voyageurs de nuit. ma tête effilochée matière glisse parmi les faisceaux masqués du gris de l’âge. ma tête rudimentaire planète des signes piste de cailloux les crevasses du songe. je m’enfonce ainsi avec désespoir de retour sur les traces que laisse le futur. noble défi des braqueurs de l’âme.un oiseau donne l’alarme d’un cri qui ploie le silence des fers. j’évoque alors la venue des impossibles lueurs. la portée de l’obscur est de nombreux nuages, scolopendres farceurs cousant leur venin à la mort avec des tignasses humaines. alors debout dans la salle des cisailles, je tonds mon repos de ces lianes veilleuses du zéro à l’infini.

Là où la vie patiente – Anna Jouy – [éditions Qazaq]

*

si-elle-se-baisse-et-marche-let*

*
[Et si le ciel
était
en bas ?]

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« Là où la vie patiente »
aux éditions Qazaq
dans la collection « Ardoise »


Extrait de « Le gravier »

si-elle-se-baisse-et-marche-letex

(à cliquer pour le parcours de lecture)


Le livre est disponible en format numérique
(pdf ou epub)
ici 

Jan Doets présente l’oeuvre
sur son refuge des « Cosaques des frontières »
ici


Si elle se baisse et marche ainsi la tête presque sur ses souliers, elle voit des choses.

 


Ernst Jünger – Chasses subtiles

les-delectations-du-regard-avaient-let*

*

[du regard
qui se promène
à celui
qui (se) projette]

*

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les-delectations-du-regard-avaient-letex*

Extrait de la toute première page du livre que Ernest Jünger consacra
à la cincidele et autres hôtes plus ou moins discrets de la planète.


Les délectations du regard avaient fait place au plaisir de l’observation précise, préméditée et mathématiquement formulée

Ciel de « paumée » (toute la matière a été pillée sur le site de Brigitte Celerier)

Extrait du cut-off collectif « Dixit » Paumé » (pillage en règle du site de Brigitte Celerier, mis en recueil)

(Chaque morceau du patchwork renvoi à un article du site 

projet cut off Brigitte Celerier

Ciel,
avec la surprise de ses pinceaux de lumière surgissant depuis le toit du monde réel et de la mémoire (des passants renouvelés ou rafraîchis) , ciel qui hésitait à se vider , ciel qui était d’un bleu pur et dense au-dessus de ma cour ou ciel bleu avec nuages lumineux selon les heures, tous me donnent le même petit bonheur, un bonheur calme, un bonheur ou un chagrin en léger différé parfois.

J’en oublie mon dîner  à les contempler, à écouter avec un sourire extatique leur jeu silencieux qui ne s’éteint jamais.

Mes yeux se sont enfoncés si souvent dans un nuage, perdus dans les replis d’un ciel doucement translucide qu’ils y ont vus  des secrets jusque là ignorés, que je ne saurais décrypter de ma raison, mais devant lesquels je me sens Une.

projet cut off Brigitte Celerier-couleursles ciels, comme ils se sont reflétés
dans les yeux de  B.C.


j-en-oublie-mon-diner-letex

[Almanach] les éditions Qazaq – … Lucien Suel, il y a un an

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laisse-tes-mains-au-dessus-des-draps-let*

[Une écriture buissonnière]

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[Publié aux éditions Qazaq
le 4 octobre 2016]

Lucien Suel
donne

« Sombre Ducasse« 

Dimanche 4 Octobre 2015

(extrait de
DERNIÈRE CHARRETTE AVANT L’ÉCHAFAUD.)

laisse-tes-mains-au-dessus-des-draps-letex

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


La présentation du recueil par  Jan Doets
sur le site « des cosaques des frontières » :


Lucien Suel en son SILO


Proposition de lecture du texte


& puis une autre mort, accidentelle ! Extrême-Onction volatile après des semaines de privation… & puis la participation aux funérailles… & puis l’unique inhumation dans le cerveau de famille. Réunion à la mission mortuaire… Clash…
Ce grand envol de jupes, des années de cela, une main toute en plis. Mère… se pose sur mes boucles. Laisse tes mains au-dessus des draps ! Je vais te raconter. C’est gentil. L’était un marchand de pastilles pour ou contre la soif, Docteur Omnes pour vous servir… Un médecin marchand marron marrant, errant dans une maison envahie de plantes vertes, une odeur de parquet ciré. Jour de repos allongé dans la véranda… Pluie d’orage… Une grosse chatte qui ronfle… Mère, où ? Un pot de crème pour astiquer les aiguilles de l’horloge dans la salle d’attente.
Omnes sans ciller, sans souffler, sang sous ses paupières : il n’est pas utile de nettoyer les aiguilles ; l’horloge s’est arrêtée à bien des kilomètres d’ici, à l’orée du sommeil. Clash.
Mère… accrochée au téléphone de l’angoisse dans la parole. Une course à travers champs & le poste téléphonique qui sursaute à chaque sillon.
Dans la salle d’attente, le serpent me glisse des mains et plante ses crochets dans ma chair à travers l’étoffe bleue.
Les aiguilles… La crème…
A reculons vers la gare turque. Clash.

Bit génération

*lors-de-l-apprentissage-du-codage-let

[La génération qui suit
celle qu’évoque
Dominique Hasselman dans sa série

« Beat Generation » revisitée [1]
« Beat Generation » revisitée [2]
« Beat Generation » revisitée [3]
 « Beat Generation » revisitée [4] ]

 


lors-de-l-apprentissage-du-codage-letex1

 

[Confiance …
 certains seront programmés par la machine
dans ce rapport intime qu’on nomme interactivité
 mais 
 il y aura parmi eux des Kerouac, des Dylan, des Baez
 qui saurons prendre le large]


Lors de l’apprentissage du codage par un enfant sur le clavier d’un ordinateur ou bien d’une tablette qui donc code l’autre ?