LE GRAND MEAULNES – ALAIN FOURNIER – 18

« Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s’asseoir dans la salle à manger, et,…

OUVRANT UN DES GROS LIVRES ROUGES EPARS SUR LA TABLE IL COMMENCA DISTRAITEMENT A LIRE-let                                                                                     … Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s’approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l’autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu’il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c’était sa femme »

Extrait du roman « Le grand Meaulnes »
de Alain Fournier

Parcours de lecture

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Là aussi c’était fête, mais fête pour les petits enfants.
Les uns, assis sur des poufs, feuilletaient des albums ouverts sur leurs genoux ; d’autres étaient accroupis par terre devant une chaise et, gravement, ils faisaient sur le siège un étalage d’images ; d’autres auprès du feu, ne disaient rien, ne faisaient rien, mais ils écoutaient au loin, dans l’immense demeure, la rumeur de la fête.
Une porte de cette salle à manger était grande ouverte. On entendait dans la pièce attenante jouer du piano. Meaulnes avança curieusement la tête.
C’était une sorte de petit salon-parloir ; une femme ou une jeune fille, un grand manteau marron jeté sur ses épaules, tournait le dos, jouant très doucement des airs de rondes ou de chansonnettes. Sur le divan tout à côté, six ou sept petits garçons et petites filles rangés comme sur une image, sages comme le sont les enfants lorsqu’il se fait tard, écoutaient. De temps en temps seulement, l’un d’eux, arc-bouté sur les poignets, se soulevait, glissait par terre et passait dans la salle à manger : un de ceux qui avaient fini de regarder les images venait prendre sa place…
Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui-même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde.
Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s’asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il commença distraitement à lire.
Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s’approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l’autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu’il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c’était sa femme…

HARRY DICKSON : DANS LES GRIFFES DE L’IDOLE NOIRE – JEAN RAY – 1

« Si nous montons l’escalier, nous le trouvons dans un état de décrépitude fabuleuse : la rampe est brisée en plusieurs endroits et rafistolée à l’aide de grosses ficelles, des planches mal équarries ont été clouées à même les marches fendues ; par temps de pluie, l’eau tombe en petites cascades le long d’elles, et il est…

IMPOSSIBLE DE MONTER JUSQU AU DERNIER ETAGE SANS RENCONTRER AU MOINS UNE DEMI DOUZAINE DE CHATS EN RUPTURE DE FOYER-let                                                                  …, Personne ne s’avise de leur faire du mal, car sans eux les souris ne laisseraient pas un restant de souper pour le déjeuner des locataires. »

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Extrait de la nouvelle « Dans les griffes de l’idole noire »

de Harry Dickson

Parcours de lecture

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Si nous montons l’escalier, nous le trouvons dans un état de décrépitude fabuleuse : la rampe est brisée en plusieurs endroits et rafistolée à l’aide de grosses ficelles, des planches mal équarries ont été clouées à même les marches fendues ; par temps de pluie, l’eau tombe en petites cascades le long d’elles, et il est impossible de monter jusqu’au dernier étage sans rencontrer au moins une demi-douzaine de chats en rupture de foyer.
Personne ne s’avise de leur faire du mal, car sans eux les souris ne laisseraient pas un restant de souper pour le déjeuner des locataires.
Les chambres affectées à ces derniers ne pourraient être plus sommairement meublées : un lit de fer, une table de toilette, une chaise. Un bougeoir garni figure en supplément sur la note hebdomadaire.

Je me poste à la fenêtre. Il me faut me jeter… – ANNA JOUY

Sur ses terres virtuelles des mots sous l’aube, Anna Jouy

a déposé en ce midi

un peu de révolte face à l’espace contraint

 « M’immuniser, prévention avec des sondes tactiles.  …
PROJETER DANS L ESPACE LE COEUR VOLAGE-let2

  … Laisser la poudrière sentimentale essaimer ses pollens. » 

Extrait ( dans   « midi »)

 de  « Je me poste à la fenêtre. Il me faut me jeter…« 

de

Anna Jouy

parcours de lecture

PROJETER DANS L ESPACE LE COEUR VOLAGE-s

Extrait en clair

PROJETER DANS L ESPACE LE COEUR VOLAGE-txt

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Essai de lecture


Pour dissoudre les mots dans la musique et le ballet des corps, lire aussi de Anna Jouy

TANGO


Je me poste à la fenêtre. Il me faut me jeter dehors, sortir de la tête. La chambre est haute et serrée, un écrou sur le ciel. Je me tiens debout, j’affronte. Surveillante d’une mer de pissenlits et de colza, le jaune arrogant des fausses pagailles de cette campagne nattée de tresses, plantée de lignes parfaites, sillons digitales, tirés au cordeau et qui ne se chevauchent jamais.

M’immuniser, prévention avec des sondes tactiles. Projeter dans l’espace le cœur volage. Laisser la poudrière sentimentale essaimer ses pollens. Voir l’air déglutir lentement ce petit mal de tête et son rhume de paupières. Les essences se libèrent. C’est l’invisible ambiance, l’anémone du dedans bat des cils. Courants d’air.