[texte donné sous trois écritures différentes
dont une blanche]
réalité
l’antimonde – LY-THANH-HUÊ – 2
C’est par d’honnêtes mensonges que sont partis ces récits. Minuscules.
Tous aussi invraisemblables les uns que les autres. Ils s’épanouissent dans cette concoction longue de langue, infusion de plans loufoques, marinades de désirs, tous en leurs lieux familiers revisités. Pile c’est faux, face j’invente. Des histoires en leurs chemins de traverse. Qui racontent. Leurs voyages solitaires. Leurs solutions singulières. En eaux troubles langage.
Joyeuse itinérance !
Ly-Thanh-Huê
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets) ici
L’illustration est de la main de Ly-Thanh-Huê
—
« L’antimonde »
de LY-THANH-HUÊ
(Lan Lan Huê)
Extrait de « Transparition »
—
Itinéraire de lecture
—
En clair
—
un extrait plus long
J’allai quitter le port quand je remarquai une femme dont je ne vis que le dos. Elle peignait, elle aussi. Ses gestes avaient attiré mon attention. Ses mouvements étaient entrecoupés de suspens, ils n’étaient pas d’un théâtralisme exagéré, ils étaient plutôt discrets, voire furtifs. Mais ils semblaient le fruit d’une concentration intense. Son regard paraissait saisir des formes, les évidant de leur réalité pour venir les apposer ensuite sur la toile. Si bien que le bateau n’était plus bateau mais seulement lignes troubles sur l’eau, les mouettes devenaient traînées blanches et le phare était cette irruption de matière soudaine. La main droite de la femme palpait la matière des couleurs de la palette. Ses doigts les effleuraient, les pétrissaient et ils venaient sculpter ensuite le relief par aplats gourmands.
LE TORT DU SOLDAT – ERRI DE LUCA – 2
Le projet Slow²Reading
Lecture plus lente
Extrait du récit « Le tort du soldat »
de Erri De Luca
—
Parcours de lecture
En clair
Citation plus longue
_____________________
les TAGS
donnent certains mots de la grille.
___________________________________
Pour agrandir cliquer
Merci de signaler une éventuelle erreur
Il n’y a jamais eu de disputes entre nous. Nous savions nous taire avant de friser le conflit. Mes idées sur l’art étaient un sujet de vives discussions. L’artiste doit être humble devant la réalité, car il a la responsabilité de la reproduire, même défigurée. L’artiste est un suppléant de la réalité. Pour mon père, en revanche, il a toujours été un serviteur du pouvoir.
J’aime le cinéma américain, lui le détestait. Mais il admirait le cinéma russe, en noir et blanc, les champs longs et immenses où des milliers de figurants représentaient des batailles historiques. Les nazis ont dû apprendre à respecter les Russes, ils savent qu’ils ont perdu la guerre avec eux, moins qu’avec les Américains et après.
LE TROUBADOUR ALCHIMISTE – LUIS RACIONERO – 3
Plus qu’un roman, il s’agit là d’une somme. Au carrefour des trois religions monothéiste du bassin méditerranéen) Raymond Lulle, homme de toutes les sciences (non limitées à celles de la raison) est ici raconté par Luis Racionero auquel on a beaucoup reproché l’étendue de ses connaissances, lesquelles ont fatigué de nombreux lecteurs.
Je dois à cette fatigue le bonheur de rencontrer cette oeuvre (au Bleuet de Banon) dans les caisses d’ouvrages soldés à 5€.
Extrait du roman «Le troubadour alchimiste »
de Luis Racionero
—
Parcours de lecture

—
En clair sur babelio
*
_________
Les TAGS
donnent certains mots de la grille.
___________________________________
Pour agrandir cliquer
Merci de signaler une erreur
Mais que vaut la raison pour démontrer quelque chose si la raison est une invention humaine, un échiquier logique face à la complexité non raisonnable de la réalité.
NO ET MOI – DELPHINE DE VIGAN – (Citations choisies par des élèves ) – 17 – (Constance B.)
Lettres au collège de Buis les Baronnies
« La vérité c’est que les choses sont ce qu’elles sont …
—
Extrait du roman « No et moi«
de Delphine de Vigan
collecté et proposée par Constance B.
—
Son commentaire :
Parcours de lecture
—
En clair l’extrait
*
Un passage plus complet qui le contient
On peut s’aider des TAGS
ils donnent certains mots de la grille.
___________________________________
Pour agrandir une image, cliquer dessus
N’hésitez pas à signaler une éventuelle erreur – merci d’avance
Je croyais que l’on pouvait enrayer le cours des choses, échapper au programme. Je croyais que la vie pouvait être autrement. Je croyais qu’aider quelqu’un ça voulait dire tout partager, même ce qu’on ne peut pas comprendre, même le plus sombre. La vérité c’est que je ne suis qu’une madame-je-sais-tout (c’est mon père qui le dit quand il est en colère), un ordinateur en plastique minable qu’on fabrique pour les enfants avec des jeux, des devinettes, des parcours fléchés et une voix débile qui donne la bonne réponse. La vérité c’est que je n’arrive pas à faire mes lacets et que je suis équipée de fonctionnalités merdiques qui ne servent à rien. La vérité c’est que les choses sont ce qu’elles sont. La réalité reprend toujours le dessus et l’illusion s’éloigne sans qu’on s’en rende compte. La réalité a toujours le dernier mot. C’est Monsieur Marin qui a raison, il ne faut pas rêver. Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est bien plus fort que nous.
LA GRANDE IMPLOSION – RAPPORT SUR L’EFFONDREMENT DE L’OCCIDENT – PIERRE THUILLIER – 04
« Qu’on comprenne bien : ce n’était pas simplement le manque de neutralité des journalistes qui était en cause.
Certains, à coup sûr, se livraient à des commentaires tendancieux, voire à de honteux bourrage de crâne. Et le public, parfois, devait gober d’énormes falsifications, Mais c’était l’idée même d’une information objective qui était illusoire…
…Trop de modernes, ingénument, croyaient pouvoir échapper à la nécessité d’interpréter les faits, de leur donner sens en les intégrant dans un cadre mythique. »
Extrait de l’essai « La grande implosion »
de Pierre Thuillier
—
Parcours de lecture
En clair (sur babelio)
*
La citation entière
Qu’on comprenne bien : ce n’était pas simplement le manque de neutralité des journalistes qui était en cause.
Certains, à coup sûr, se livraient à des commentaires tendancieux, voire à de honteux bourrage de crâne. Et le public, parfois, devait gober d’énormes falsifications, Mais c’était l’idée même d’une information objective qui était illusoire.
Les poètes et les prophètes, eux, savent qu’ils créent ou recréent la réalité à leur manière.
Trop de modernes, ingénument, croyaient pouvoir échapper à la nécessité d’interpréter les faits, de leur donner sens en les intégrant dans un cadre mythique.
UN ROMAN RUSSE – EMMANUEL CARRÈRE – 01
Extrait de « Un roman russe »
de Emmanuel Carrère
*
____________________________
On peut s’aider des TAGS
ils donnent certains mots de la grille.
___________________________________
Pour agrandir la grille de jeu, cliquer dessus























