[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout de ces lieux que nous habitons et qui parfument et colorent nos pensées,
souvent malgré nous.
Avec la lecture en audio de l’auteur pour l’intégralité des textes. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Qu’est-ce qu’un logement ?« 

(Texte 5)

JE NE ME SUIS JAMAIS FAIT -letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Lecture du texte par Guillaume Vissac  :


Je ne me suis jamais fait à ces fenêtres en rang serré qui me font face. Chaque jour je les obstrue, je les camoufle, je m’en détourne. Je les vois tous les jours sans les voir. Au-delà je vois le ciel, la lune. Ça me suffit. La vue s’engrise. Je ferme les stores à nouveau. Je m’entends les fermer. Au fond nous n’avons jamais fait que camper derrière leurs reflets. Si je clos complètement l’opacité des stores, peut-être les reflets se terreront.

[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout ici (y compris l’incertitude du parcours de lecture
est là
pour faire remonter des lieux où nous les tenons cachés, parfois enfermés,
ces germes de cauchemar qui nous habitent depuis que nous savons ne pas être
le monde. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Le livre des peurs primaires« 

(extrait « peur 117 »)

SA MAIN GLISSE LE MÉTRO-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 

 


Proposition de lecture de la peur primaire 117 :


Sa main glisse, le métro freine : il vacille : il tombe. Disparaît au cœur de la foule, son corps aspiré par le bas, caché sous ceux des autres, mais personne ne le voit. Les visages fixent encore — silence — leur reflet respectif, là, dans le flou de la vitre. Je me rapproche pour le chercher mais je le manque : aspiré par le sol et les câbles, il a sans doute basculé dans un envers quelconque, une dimension du sol, et le métro s’éloigne.

[Almanach] Michel VOLKOVITCH …

[Suivre les traces d’un traducteur, ses certitudes sur le général, ses hésitations sur le particulier, pour le spécialiste (traducteur en herbe ou en fleur) ou le profane…]

Samedi 17 mai 2008, les éditions Publie.net
donnent de Michel Volkovitch
Babel & Blabla 
(carnet d’un traducteur)

(extrait)

« Un texte me tombe entre les mains,…JE LE TRADUIS SANS PRÉMÉDITATION-letcr1-exp

                                                                        …, comme on fait un enfant. »

 

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Le passage en son entier 


Voir aussi, à propos du geste du traducteur,
les parcours et traces de
Christine Jeanney  dans ses « explorations textuelles »  à propos de « Les Vagues » de Virginia Woolf (journal de traduction en cours)]
Guillaume Vissac en son « Ulysse par jour » traduction jour après jour, phrase après phrase (« ou presque ») de l’Ulysse de James Joyce.

 


Proposition de lecture :


Besoin d’écrire
1981. J’ai trente-trois ans, je rêve d’écrire mais ça ne sort pas. J’étudie le grec depuis peu avec une passion déraisonnable. Un texte me tombe entre les mains, je le traduis sans préméditation, sans savoir ce qui m’arrive, avec un sentiment d’évidence, une jubilation, un soulagement, comme on fait un enfant. Ces quelques pages traduites sont publiées, puis tout s’enchaîne. 1984, première traduction en volume. 1985, invitation aux Assises de la traduction d’Arles, où je rencontre pour la première fois mes consœurs et confrères. Puis la série des publications, prose (une bonne vingtaine de romans, recueils de nouvelles ou récits), poésie (près de trente recueils, quatre anthologies), théâtre (une dizaine de pièces).
Très tôt, je me suis impliqué dans la formation des traducteurs. C’était en ce temps-là — voilà un quart de siècle, déjà ! — une idée neuve. Jusqu’alors on devenait traducteur sur le tas, sans aide et tant bien que mal. Et cela ne choquait personne. Le plus difficile des métiers, être tout seul pour l’apprendre !
Ma chance est d’être né à la traduction au moment où elle accédait enfin à l’âge adulte, où les traducteurs littéraires ont pris la parole, créant des associations, des lieux de rencontre, des publications, mettant sur pied un enseignement de la traduction pour assurer la propagation et l’embellissement de l’espèce.

[Almanach] Julien Boutonnier …

[Long cri/poème où se dit, se lit, se déplie, la perte de la mère et ce qu’elle arrache à l’être qu’elle quitte.]

Jeudi 15 mai 2014, les éditions Publie.net donnent
de Julien Boutonnier
« Ma mère est lamentable »
en version numérique
depuis peu, une version papier est également disponible
(qui permet également d’accéder au fichier sous les différents formats)

(extrait)

MON ENFANT MOURRAS -letcr1-exp

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Le poème en son entier 


Petite note : La citation par l’auteur d’un tweet de Anh Mat, en fin de l’oeuvre ne doit rien au hasard

MON ENFANT MOURRAS - tweet anh mat

à l’heure où il écrivait « ici reposent les racines de son nom »


Mon enfant, mourras-tu bientôt que je vaque à mon néant ?

Rêve a dit ma mère
était lamentable
taire !
mère !
quoi taire !
quoi ma terre mère : mon cri oui !
ronger l’os !
to be crâne !
quoi mon cri quoi !
merde !
crâne !
six pieds sous mère !
morte !
to be morte !
crâne !
taire or not mon cri
et chialer oui chialer !
or not chialer !
gueulanter !
viscérer !
splanchniquer !

[Almanach]  Audrey Lemieux …

[Sur les traces d’une étoile filante qui a éclairée quelques temps, telle une illustre devancière, la route des surréalistes.]

Le vendredi 14 mai 2010, les éditions publie.net donnent en version numérique Isidoro de Audrey Lemieux.

L’oeuvre, qui évoque le voyage de Lautréamont (Isodore Ducasse) en Uruguay , convoquant des lieux et des faits que l’histoire ne nous a pas rapportés. A présent celle-ci est disponible en version papier (version numérique inclue)

SES GRANDS YEUX BRUNS LUISENT-letcr1-exp

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L’extrait complet

 


Une proposition de lecture :


Bordeaux, le samedi 25 mai 1867

Il tombe une pluie si fine qu’Isidore la remarque à peine, jusqu’à ce qu’elle lui dégouline le long des joues et qu’il lui faille sortir son mouchoir pour s’éponger un peu. De l’endroit où il se trouve, il observe que le port a la forme de la lune, lorsqu’elle atteint sa deuxième ou sa dernière phase calendaire — à moins que ces quais qui bordent la Garonne ne décrivent exactement la courbe d’un chien courant après son maître. Un chien immense, un bouledogue, à la poursuite de Dieu. Tout bouge sur la promenade boueuse, les matelots et les barriques qu’ils font rouler, les chevaux attelés à des voitures ou des charrettes, les ouvriers chargés de madriers et les marchandes de soupe portant leur soupière à bout de bras. Les rails du port grondent, écrasés par de lourdes locomotives à vapeur ; au milieu de la rivière, des navires jettent l’ancre, reçus aussitôt par un ballet de gabares et de chaloupes.
Isidore se penche au-dessus de l’eau pour apercevoir son reflet embrouillé par la pluie : on croirait voir un visage de bois tout craquelé, une tête de poupée. Ses grands yeux bruns luisent, on ne pourrait dire d’où vient la lumière qui les anime et qui fait en sorte que leur aspect contraste tant avec celui de sa bouche, de son nez, de son menton — saillies épargnées par la gouge. S’il renversait la tête vers l’arrière, on entendrait ses paupières claquer et ses longs cils bruire en se touchant. Mais il lisse plutôt l’épouvantable chevelure qu’il a héritée de son père et l’eau coule sur sa veste. Il pense à ses livres, en sécurité dans la malle. S’ils étaient mouillés par cette pluie, ils moisiraient — les livres ne sèchent pas en pleine mer.

[Almanach] Juliette Mézenc …

[Le vendredi 11 mai 2012,  Juliette Mézenc donnait
« Poreuse« , aux éditions Publie.net .

Avec trois parcours de lecture possibles que Christine Jeanney a brouillés, « rendus poreux« .]

ENFIN LE CENTRE DE MISE AU MONDE-letcr1-exp

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Le texte complet


Mathilde consent parfois, mais c’est rare, à arrêter net son vélo pour observer les oiseaux.

Elle file, ne s’arrête, ne peut. Les chaluts lui font une haie d’honneur, elle longe les flancs ventrus que la lumière agace en riant. Mathilde la laisse se gondoler sur les coques flambant neuves, pas le temps de s’arrêter, embarque le tableau avec elle pour le regarder à loisir, plus tard. File, passe au feu rouge, fait un écart sous le coup de semonce d’un klaxon, lance un regard noir et puis repart. Un drapeau, attaché au porte-bagages, juste derrière sa selle, vante les mérites de la Riche Crème Grand Soin d’Yves Rocher ; ça lui fait quelques sous. Pédale, pont de Pierre, le Petit Marcus est à quai : vert et blanc avec un poisson rouge, enfantin, peint juste à côté du nom. Débouche sur le Canal Royal, embardée, une bourrasque, violente, tiens ! les ponts sont levés, au loin ils se dressent : deux rampes vers le ciel étrillé par le vent. On aperçoit aussi la pointe courte, un triangle où sont posées de minuscules maisons carrées, avec un phare au bout, et puis l’étang : noir. Tourne à gauche sur le pont du Commissariat, sous ses roues la tramontane noircit l’eau du canal, Mathilde lutte, se ramasse, lutte, garder son cap, surtout ne pas se laisser déporter sur la voie. Puis c’est l’avenue de Verdun qu’elle remonte, défilent la station Esso, le pizzaïolo, de maigres troupeaux d’ados — le LEP n’est pas loin — les abribus qui affichent des femmes minces et dévêtues qui sourient sous le froid, insensibles à sa morsure, Mathilde aperçoit son reflet dans la vitre, fantôme qui glisse sur la poitrine lisse d’un mannequin… une silhouette engoncée, des traits flous… se sent soudain épaisse, terne, chasse cette pensée, pédale de plus belle, chasse, chasse. Des berlines silencieuses la dépassent parfois, leurs carrosseries rutilent, renvoient elles aussi aux passants une image d’eux-mêmes dégradée. Figures pâlottes, contours imprécis.
Enfin, le Centre de Mise au Monde Assistée se profile.


[Almanach] Cécile Portier …

[Le mardi 10 mai 2011, Cécile Portier donnait
« Saphir Antalgos, travaux de terrassement du rêve« , aux éditions Publie.net .

Élargir notre perception de la réalité … avec l’aide du rêve.]

DANS L HERBE D UN JARDIN PUBLIC - letcr1-exp

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Le texte complet

 

 


 

[Almanach] Josée Marcotte …

[Parmi les premières publications des éditions publie.net, un texte d’une auteure du Quebec]

09-05-2010-MARGE - letcr1-exp

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Pour des précisions supplémentaires

 


Un extrait du texte de Josée Marcotte

MARGE CHERCHE TOUJOURS SA COMPÉTENCE - letcr1-exp
[à cliquer pour obtenir le parcours de lecture]


Pour un extrait plus long


Le Joker a son éclatant sourire bipolaire, Frodon a l’anneau pour les gouverner tous, Crab a sa folie, Astérix a sa potion magique, Spock a ses oreilles, Harry Potter a sa baguette, Wonderwoman a ses seins, alors que Marge cherche toujours sa compétence, son singulier attribut, sa fonction primordiale, son talent caché… Parfois, elle aime croire que c’est sa capacité à passer inaperçue, en tout temps et en tout lieu. Mais ce n’est pas un gage d’originalité, qu’elle se dit, dans la mesure où c’est la donne pour tout un chacun aujourd’hui…

LIVRE DES PEURS PRIMAIRES- N°159 – GUILLAUME VISSAC – 5 –

Vers quelle délivrance ?

AUJOURD HUI DEVRA REVIVRE ENCORE - letcr1-exp-

Extrait du « livre des peurs primaires»
de Guillaume Vissac

Peur primaire N° 159 

Parcours de lecture

AUJOURD HUI DEVRA REVIVRE ENCORE - sr

(à cliquer pour retourner)


AUJOURD HUI DEVRA REVIVRE ENCORE - letcr1-exp-

En clair

AUJOURD HUI DEVRA REVIVRE ENCORE - txt0r

Un extrait plus long

AUJOURD HUI DEVRA REVIVRE ENCORE - txt1r


Chez publie.net  :   Guillaume Vissac

Son site « Fuir est une pusion »

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les TAGS donnent certains mots de la grille.

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159

They say we’re young and we don’t know / We won’t find out until we grow… Sonny and Cher travestis Bowie / Marianne Faithfull résonnent encore. Le jour sans fin choisit son camp et trouve la foire. Les corps jetés en pâture aux corps. Les heures interminables. L’écartèlement lente du squelette en verre. L’emplacement choisi est maniaque et cruel : entre les vendeurs d’aspirateurs et les chiottes japonais. Demain viendra le jour où la journée d’hier, anciennement aujourd’hui, devra revivre encore et aucune tentative de suicide comique ne m’en délivrera.

RUBATO – Jean-Yves Fick et Bona Mangangu – poème 11

Un nouveau recueil de poésie de Jean-Yves Fick  est paru le 22 avril au catalogue des éditions publie.net.

[Comme souvent, les abonnés ont  eu la primeur de l’événement et pouvaient depuis quelques jours avoir accès au téléchargement de l’oeuvre.]

Jean-Yves Fick a choisi, pour ces poèmes, la silhouette du sonnet (sans les autres contraintes) ceux-ci sont associés aux peintures de Bona Mangangu pour évoquer ce « rubato »
qui fait écho au sens que lui donne la musique … sans oublier son origine (rubare : voler, dérober)
On pourrait même y trouver un sens qui conviendrait parfaitement à l’ambiance dans laquelle nous plonge ces deux artistes et qui a rapport avec ce vol, à savoir : le ravissement, une capture … (osons) de l’âme.

 

DE PASSAGE À JAMAIS - letcr1-exp

Extrait de

Rubato
Peintures de Bona Mangangu
et poèmes de Jean-Yves Fick


Parcours de lecture
(à cliquer)
DE PASSAGE À JAMAIS - sr


DE PASSAGE À JAMAIS - letcr1-exp

L’extrait
DE PASSAGE À JAMAIS - txt0r


Un extrait plus long

DE PASSAGE À JAMAIS - txt1r

Présentation de l’oeuvre chez Publie.net


Chez Publie.net : Jean-Yves Fick

D’autres mots de Jean-Yves Fick gammalphabet


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de passage à jamais
au faîte du bleu comble
la forme des nuages
et peut-être la pluie
 
étoilée de comètes
— elles qu’on ne saurait
nommer les éphémères
— quel être marche ici
 
son geste ne se tourne
pas vers qui le regarde
on dirait qu’il s’efface
 
du monde qu’il rejoint
— l’un de ceux par qui tout
s’anime — l’invisible.