[Almanach] … Chloé Delaume

[Dans les tuyaux]

Lundi 7 Juillet 2008
aux éditions Publie.net
Chloé Delaume
donnait :
S’écrire, mode d’emploi

 SEULS M IMPORTENT PROCESSUS-letcr1-exp

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L’extrait


Le site de Chloé Delaume


Proposition de lecture de l’extrait complet :


Je m’appelle Chloé Delaume. Je suis un personnage de fiction. Je le dis, le redis, sans cesse partout l’affirme. Je m’écris dans des livres, des textes, des pièces sonores. J’ai décidé de devenir personnage de fiction quand j’ai réalisé que j’en étais déjà un. À cette différence près que je ne m’écrivais pas. D’autres s’en occupaient. Personnage secondaire d’une fiction familiale et figurante passive de la fiction collective. J’ai choisi l’écriture pour me réapproprier mon corps, mes faits et gestes, et mon identité.
Je m’appelle Chloé Delaume. Je suis un personnage de fiction. Je maîtrise le récit dans lequel j’évolue. C’est mon mode de contrôle, de contrôle sur ma vie. La vie et l’écriture, les lier au quotidien. Injecter de la vie au cœur de l’écriture, insuffler la fiction là où palpite la vie. Annihiler les frontières, faire que le papier retranscrive autant qu’il inocule. Ça ne m’intéresse pas d’être juste écrivain.
Je m’appelle Chloé Delaume. Je crois que tout le monde l’a compris. Mon prénom est celui d’une héroïne de Vian, décédée en fin d’ouvrage d’un cancer du nénuphar. Mon patronyme aussi, je l’ai échafaudé. L’arve et l’aume d’Artaud, sa traduction d’Alice. J’ai dit : ce nouveau Moi ne fera pas que raconter. C’était en 99, mon corps était à la campagne. Bientôt il serait prêt à expérimenter.
Ce sera un témoignage. Je ne théorise pas. Je ne généralise rien, je suis les mains gantées dans mon laboratoire ; je manipule le ressenti, les souvenirs, la fiction. La manière dont s’opère toute reconstitution, la façon dont s’agencent entre eux les matériaux. Les formes que peuvent prendre un genre qui n’est pas anodin, ses variations et mutations, sa réaction au contact de techniques classiques ou très contemporaines. Je fais des tentatives, je ne suis même pas dans l’œuvre, juste dans la recherche. Certains objets s’avortent dans des précipités, d’autres résistent mieux à la publication. Je ne m’en préoccupe pas. Je les défends à peine. Seuls m’importent processus, tuyauteries, protocoles. J’explore, un point c’est tout.
Je pratique donc l’autofiction. J’utilise, comme mes pairs, le vécu comme matériau. Dans mon laboratoire je suis organisée, le passé à la cave et sur les étagères chaque souvenir étiqueté s’avère prêt à l’emploi. La mémoire est menteuse, la moindre réminiscence est toujours reconstruite, je ne fais confiance qu’au verbe pour en extraire toujours l’initiale quintessence. En médecine chinoise, le cœur est relié à la langue.


[Almanach] … Galibert

[Cette addition qui réclame … la soustraction. ]

Samedi 6 Juillet 2013
aux éditions Publie.net
Jean-Paul Galibert
donnait :
Éloge de la contradiction

 LE GRAND CRIME DU CAPITAL-letcr1-exp

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*


Le site de Jean-Paul Galibert
existence


Proposition de lecture de l’extrait complet :


L’esprit de la contradiction

Si nous parvenions toujours à rire du pire, nous serions heureux. Car le moyen le plus sûr de rire souvent est de rire du néant. Et le capital, qui domine notre temps, nous aide puissamment : le principe de l’hypercapitalisme est la rentabilité, l’inexistence comme rasoir de l’existence. La chose, pour exister, doit être rentable, rapporter plus qu’elle ne coûte, et donc être à la fois équivalente et supérieure à sa valeur. Ainsi elle doit, pour exister, exister de moins en moins. Elle n’apparaît qu’à la condition expresse de disparaître peu à peu. L’hypercapitalisme est un mode de destruction, une économie négative, qui place la négation en condition unique de l’existence. C’est l’expansion du domaine du néant .
À quel principe ontologique plus vaste, plus puissant et plus drôle pourrait-on songer pour être comme une alternative ? La ludique propose d’opposer à la négation capitaliste le principe par excellence qui n’exclue rien : la contradiction. C’est la voie du moindre effort, la seule ouverte au fond à ceux qui n’ont aucune force. Car pour se rassembler sous la bannière de la contradiction, les adversaires du capital n’ont même pas besoin de surmonter leurs divisions. Point besoin de cohérence pour avoir des conséquences. Ils n’ont même plus besoin d’agir pour ne rien faire. Au fond, le seul espoir d’en finir avec le capital, c’est qu’il tombe de lui-même en poussière, et c’est très exactement cela, la contradiction.
À première vue, le capitalisme est une sorte d’intense et perpétuelle soustraction. Il fonctionne à la ponction secrète d’une ressemblance. En lieu et place de la chose promise, il délivre un sous-clone : un ersatz ou une image. Mais la vraie critique du capital ne réside pourtant pas dans le reproche de la ponction. Car si on l’accuse de ne pas livrer toute la chose, on demeure fasciné par la promesse du même. Or là est l’erreur, hélas commune jusqu’ici au capital et à ses adversaires.
Car ce que l’on veut, c’est toujours le contraire. Aurions-nous le même à l’état pur que nous serions définitivement tétanisés, échoués, détruits. Nous-mêmes, qui ne sommes qu’à ne jamais être mêmes, quel besoin pourrions-nous avoir d’une mêmeté stricte, nécessairement inerte, fétide, factice ? Quel besoin le vivant peut-il avoir d’un cadavre ? Tant de choses, disait Socrate, dont je n’ai nul besoin. Le grand crime du capital n’est pas de léser la vie, mais de promettre et de faire désirer la mort.

 

[Almanach] … Michèle Khan

[Les voies de Dieu … ]

Samedi 2 Juillet 2011
aux éditions Publie.net
paraissait le roman de Michèle Khan
(inspiré de faits réels)
KKK, le Grand Dragon

VOUS LARRY VOUS VOUS ÊTES-letcr1-exp

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Extrait complet

Proposition de lecture :

 


Mike, qui se reprochait d’avoir prêté à Larry de mauvaises intentions, prit l’habitude de l’emmener faire des courses. Il s’était renseigné sur le régime alimentaire conseillé aux diabétiques, l’incitait à consommer une nourriture plus appropriée et découvrit une boutique spécialisée, à l’autre bout de la ville.
Un jour, alors qu’ils s’y rendaient, Larry questionna soudain :
– Pourquoi faites-vous tout ça pour moi ?
Mike attendit d’avoir traversé le carrefour avant de répondre :
– Vous, Larry, vous vous êtes pris pour Dieu : vous vous êtes arrogé le pouvoir de distribuer la mort. Eh bien, moi aussi il m’arrive de me prendre pour Dieu… Sachant qu’Il a créé l’homme à Son image, je me demande ce qu’Il aurait fait s’Il avait été à ma place en face de vous. Mais ma conduite n’est pas tout à fait désintéressée, ajouta le cantor avec un petit rire. J’espère qu’elle comptera quand je paraîtrai devant l’Éternel, et que ma récompense m’attend dans le monde à venir.
Ils roulèrent quelques instants en silence.
– À mon tour de vous poser une question, reprit Mike. Pourquoi vous en être pris à moi ?
– À cause des paniers de bienvenue pour les immigrés et de tout votre cirque interracial…, je veux dire : de vos réunions mixtes. Parce que moi aussi, grinça-t-il, j’avais mis au point un petit système de bienvenue.


[Almanach] … Jean-Philippe Cazier

[Ce bien commun n’est, en partie, qu’une apparence ]

Lundi 29 Juin 2009
aux éditions Publie.net
Jean-Philippe Cazier
donnait :
Le silence du monde

 L ÉCRITURE COMMENCE AVEC-letcr1-exp

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Extrait complet


L’écriture commence avec la création d’une langue. « J’ai enfin commencé mon Hérodiade. Avec terreur, car j’invente une langue… », Mallarmé sachant bien que l’invention de la langue exige le combat contre la langue : « Je t’envoie ce poème de l’Azur (…). Il m’a donné beaucoup de mal, parce que bannissant mille gracieusetés lyriques et beaux vers qui hantaient incessamment ma cervelle ». Combat et destruction : vider la langue, casser les mots, ouvrir les phrases, fendre le langage pour en fendre les clichés, les présupposés et préjugés, les structures. À cette condition un style peut être construit, parler autrement sera possible. Fendre signifie aussi que par la fente, par la déchirure apparaît ce qui n’est pas du langage (Beckett : « Y forer des trous, l’un après l’autre, jusqu’au moment où ce qui est tapi derrière, que ce soit quelque chose ou rien du tout, se mette à suinter à travers »). Il faut, comme l’écrit Blanchot, « retirer le langage du cours du monde », commencer par se taire, par faire (le) silence, imposer le silence à la langue ou subir ce silence. Le silence ici n’est pas à comprendre comme une simple interruption dans le discours, une respiration entre deux mots, ou encore l’absence accidentelle de bruits et de paroles dans un paysage désert. Le silence n’est pas ce qui s’oppose au bruit de la langue, c’est ce qui la ronge et la détruit, ce qui la rend impossible : pas opposition mais rapport de forces. La poésie commence dans la force d’un mutisme actif, destructeur. La recherche incessante du mot, d’un mot, le travail acharné de l’écriture dont parle Mallarmé, valent pour ce travail du silence, « Je te jure qu’il n’y a pas un mot qui ne m’ait coûté plusieurs heures de recherche ». On est loin du langage commun, de l’usage utilitaire du langage, loin du cliché. Quel sens y aurait-il à chercher durant des heures le mot pour dire arbre ou étoile ou soleil ? Le réel volerait en éclats, le danger serait proche. Et le silence, l’immobilité du silence, ne serait qu’un obstacle à la communication, un bruit, une impossibilité de la représentation.

[Almanach] … Denis Montebello

[Lachambre est partout … et tout entre dans lalangue de Lachambre]

Dimanche 28 Juin 2009
aux éditions Publie.net
Denis Montebello
donnait :
Lachambre voyage

 TOUTE UNE VIE À PEINDRE-letcr1-exp

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Extrait complet


Voyager suffit. Explorer le monde qui est aussi une forêt. Une forêt peinte par Diaz. Diaz comme lui dérouté, perdu dans le vaste monde, son père en Angleterre. Sa mère trop vite morte. Diaz élevé par un pasteur ami de la famille. Ses escapades en forêt de Meudon, ses siestes au bord des mares. Celle-là, fatale, une vipère l’a piqué.
La blessure mal soignée. Un moment d’inattention, et c’est à jamais l’errance dans la forêt. Toute une vie à peindre. À tenter de retrouver les arbres familiers, de poursuivre la conversation muette. Le retour au néant, au grand Tout, ou quoi encore ?
À l’angoissante question qu’on tente de cacher avec son pilon sur le carrelage, avec ses rires. L’auberge Ganne en résonne encore.
Quel est cet homme bizarre, se demandent les arbres qu’il s’apprête à peindre. Serait-ce le peintre de Barbizon ?
Ne serait-ce pas plutôt, chuchotent les feuilles mortes, celui qu’on appelle Schwendimann ? Celui qui ne cherche pas grand-chose, mais il veut quelque chose de juste.
Il va son chemin dans la forêt. Dans la forêt de Diaz, quand l’enfant la découvrit, « des troncs noueux conversaient dans une langue archaïque ». Que l’enfant, parce qu’il ne parle pas, parce qu’il n’est d’aucune langue et qu’il les parle toutes, seul peut comprendre. Et ce que les feuilles mortes, sur le sol, chuchotent.
Lachambre, quand il voyage, c’est dans l’unique espoir de retrouver cette langue archaïque. De transmettre un peu de ce que les feuilles mortes, au sol, chuchotent.
D’où l’allure d’oracle qui éloigne le lecteur pressé, distrait, qui s’en va courir d’autres lièvres. Poursuivre d’autres lunes.

[Almanach] Anne Collongues…

[Spectateur … immobile.]

Mardi 16 Juin 2009
Les éditions publie.net donnaient
Quatrième étage de Anne Collongues

SON AMIE SE BAISSE POUR - letcr1-exp

                               

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L’extrait complet


Proposition de lecture  :


Anne Collongues a également participé (photographies) au recueil de récits de Sabine Huynh « En taxi dans Jérusalem »

Une lecture collective de son premier roman (à l’Imagigraphe)
« ce qui nous sépare » ici

 


Des pensées courtes circulent et se chassent une à une, comme des fourmis en file indienne disparaissent sous un mur. S’enfoncer dans l’oubli, dans le confort de l’ombre et suivre la circulation des voisins qui s’affairent, sans une fois regarder vers l’extérieur. Au prochain mouvement, le gouffre des heures déjà passées aura quelque chose d’effrayant et d’apaisant à la fois. La nuit aura comblé depuis longtemps l’espace du rectangle vide entre les deux immeubles. Sourires de famille placée dans un paysage silencieux d’herbes et de montagnes. Programme de la soirée. Les publicités éclairent en flashs irréguliers le profil bleu puis orange. Parvient jusque dans l’appartement, le son asphyxié de l’avenue humide traversée de phares et de klaxons.
Un brin dramatique le noir dans le salon, la télé vers laquelle la tête n’est pas tournée, la posture immobile. L’inertie devenue paralysie molle creuse de son poids une forme dans le canapé. Les pieds trouvent leur place sur le tapis usé, près des marques que le poids de la table a laissées. Regard accroché aux appartements, qui d’extinction en extinction, circule. Ce qui se trame derrière les yeux, au rebord du regard fixe, rien que la somnolence passagère ne dissimule très longtemps. Lendemain, jour. Du canapé, il fait des jeux, tentatives d’organiser des formes avec un dessous-de-plat, cendrier, magazine et le reste des choses à portée de main sur la table basse. Chercher à prendre l’air.
Menu sans surprise. Il retrouve le lieu immuable et familier, sans remarquer le changement de rideaux ou d’autre chose. C’est pour cela qu’il revient dans cette brasserie, y aller directement, sans flâner, sans devoir choisir, et retrouver l’endroit inchangé. Poussiéreux et réconfortant. Prendre l’air et revenir. Interrompre et revenir. Coin de rue ordinaire. Steak tartare. Deux fois plus de choses à regarder en mangeant.
Une jeune femme trébuche sur le trottoir d’en face. Son amie se baisse pour la relever et elles restent ensemble étrangement accroupies au sol, leurs cheveux noirs entremêlés. Un bus passe, les cache, un passager le regarde. Elles ont disparu.

[Almanach] Cécile Portier…

[Au début du voyage

quelques freins]

Vendredi 15 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Contact
de Cécile Portier

ELLE OUVRE SA PORTIÈRE -letcr1-exp-

                               

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L’extrait complet

Ici, Cécile Portier enfonce le clou
de ces écrits virtuels
(petite racine)


Proposition de lecture :


KILOMÈTRE 3
Ce raccourci pour atteindre la rocade, on l’a pris des milliers de fois : le chemin pour l’école.
La grille, les longs bâtiments couchés, la peinture orange ternie. La fenêtre où le store est déchiré : sa classe. Tout est fermé – vacances scolaires. Tout est déserté. Mais le ralentisseur installé au travers de la route est toujours là, permanent. Gendarme couché. Systématique et aveugle, remplissant son rôle sans aucun zèle, avec une efficacité absolue. Il faut rétrograder, passer au pas.
On aurait voulu partir vite, et la lenteur s’impose, comme une évidence.
Avant de partir, on s’était imaginé la route, on avait pensé « kilomètres », « vitesse », on avait vu la ligne droite, la destination. Les choses allaient se déployer : trajet, paysage. Et puis non. On commence par ce raccourci qui est une chicane, par cette route qui enfle et devient une petite muraille, une injonction de ralentir. Passer au pas, sentir la houle que provoque cette vague dure sous les roues.
Ça donne comme un sentiment de culpabilité de passer par là sans elle. Ce trajet matinal entre la maison et l’école n’a pourtant jamais été entre nous ce qu’on appelle un « moment privilégié ». Il n’y a jamais le temps. La peur du retard, ça crispe tout. Elle, elle ne fait aucun effort, il faut lui dire cinq fois d’enfiler son manteau, la pousser dehors, lui attacher la ceinture, la presser, se presser. Et dans la voiture on met la radio, c’est l’heure des infos. Elle est derrière, petit paquet renfrogné qu’il faut livrer à l’heure, elle est derrière et on conduit, on n’y pense plus, on pense déjà aux choses à faire et qui attendent.
Et puis, chaque fois, c’est quand elle part qu’on regrette. Elle ouvre sa portière, on se penche pour réclamer un baiser, elle y consent, et puis elle sort, elle va vers sa journée. Et on reste, un peu bête. Il n’y a plus qu’à faire le constat du divorce entre nos deux vies. L’une d’enfant, qui court à cloche-pied sur le bitume de la cour d’école. L’autre d’adulte : une présence qui chaque matin, quand elle part, n’est plus à offrir à personne. Aujourd’hui elle n’est pas là, mieux vaut ne pas y penser. On se rattrapera, de toute façon. Plus tard on va se rattraper, on prendra le temps de ralentir pour elle, promis.
Mais aujourd’hui il faut aller vite, il faut s’en aller.

[Almanach] Alain François…

[L’heure des retrouvailles… avec un soi
d’avant.]

Mardi 14 Juin 2011
Les éditions publie.net donnaient
WEBOBJET (ça recommence comme ça) de Alain François

JE ME MURMURE INCIDEMMENT-letcr1-exp

                               

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L’extrait complet


Proposition de lecture du début de ce journal :

La version numérique de ce livre est enrichie de nombreux liens et d’animations intégrées (notes en bas de page)
Des innovations … qui ont du mal à se faire leur place, presque 10 ans plus tard, dans le livre numérique.

Le blog de Alain François http://bonobo.net/


Puisque je traîne dans les couloirs de l’administration, j’en profite pour squatter le bureau de Jacques L. Je lui annonce la naissance de ce site. Nous discutons des implications d’un tel exercice dans le cadre d’une école… Il accepte d’être cité et re-cité en affirmant « j’ai le goût du risque ». Il ne risque pas grand-chose, ce Jacques L. (la cible, c’est moi). il me fait une belle impression quand il s’esclaffe : « tu as pris le contre-pied du discours… » lorsque je prends le contre-pied de son discours, et je me murmure incidemment « je suis de retour chez moi ». Ce chez-moi est une certaine langue que je n’avais plus entendue. Ou autre chose. Ou autre chose. Je me sens tiraillé, partagé, traversé par des courants étranges, des forces anciennes, des sources endormies.

J’avais eu tant de mal à gagner mes galons de normalité…

En rentrant, je découvre dans ma boite mail un message contenant un étrange portrait de lui-même, son portrait officiel me dit-il.

[Almanach] Jean-Yves Fick & Louise Imagine…

[Des photographies qui aident à oublier l’humain

des textes qui le déposent
au bord ]

Vendredi 13 Juin 2014
Les éditions publie.net donnaient
Inlands 
de Jean-Yves Fick (textes) & Louise Imagine (photographies)

NOUS AU REBORD DES SOIRS-letcr1-exp

                               

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L’extrait complet

(sur le site de Jean-Yves Fick, en compagnie d’autres
écritures et réécritures du recueil, alors en cours.)


Un extrait plus long lu par Jean-Claude Mathon :

 


nous au rebord des soirs
à ne rien arrêter
ni entendre des mondes
sinon nous leurs silences.

[Almanach] Didier Bazy…

[Tout … pour un sursit.]

Vendredi 12 Juin 2015
Les éditions publie.net donnaient
Cendres de Didier Bazy

ÔTANT SA CAGOULE J AI RECONNU-letcr1-exp

                               

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L’extrait complet


Un extrait plus long lu par Jean-Claude Mathon :

Le livre numérique propose une lecture complète du texte par Jean-Claude Mathon
(Initiative heureuse, la voix réinsère le texte dans le temps et lui donne alors toute sa force.
L’esprit ne peut traîner sur quelques mots, ou les brûler du regard, il doit subir le déroulement inéluctable et violent dans l’engrenage impitoyable du récit)


Le collègue de travail a été remplacé par un très jeune homme.
 
Malgré sa cagoule, il m’a d’emblée semblé familier.
 
Une étrange complicité s’est installée entre nous. Amitié de trahison.
 
Silences bienveillants.
 
 
Nous buvons beaucoup d’alcool ensemble. Quand l’un est épuisé, l’autre accourt spontanément.
Un garde repère vite notre manège instinctif.
 
Il n’aime pas cette solidarité.
 
Il a tiré une balle dans la nuque de mon nouveau collègue. J’ai collationné des éclats de cerveau dans un seau sale. J’ai poussé le wagonnet dans le four.
 
Ôtant sa cagoule, j’ai reconnu mon frère, ses yeux ouverts, intacts.