[Le temps, les membres … le papillon ?]
Mercredi 18 Juin 2014
Anna Jouy donnait
dans Les Mots Sous l’Aube
« Retard«
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[Le temps, les membres … le papillon ?]
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[Qu’est-ce qu’un philosophe ?]
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Le texte et sa présentation sur le site de Laurent Margantin
Si Mercedes Soza, une chanteuse argentine qui, comme moi, attend la venue d´un monde sans fêtes caritatives, et d´un monde sans femmes visitant les fêtes caritatives, si Mercedes Soza était venue à Meßkirch, personne n´aurait su qui elle était. Elle n´était pas célèbre à Meßkirch.
Mais comme le vieil Heidegger venait fêter ses quatre-vingt ans, tous venaient, parce qu´il était célèbre. Ils venaient dans la halle municipale où ont normalement lieu les comices du célèbre marché aux vaches tachetées de Meßkirch.
En tant qu´élève âgé de quinze ans du lycée Am Schloßberg, j´étais assis tout en haut sur le balcon, avec ceux qui ne faisaient pas partie des Heidegger. En bas étaient assis les cinq cents parents et les disciples du monde entier. Une princesse aussi. Une princesse aussi était là, pouvait-on lire dans le Dagblatt . J´avais quinze ans comme les autres jeunes de quinze ans, mais on disait que j´étais philosophe parce que je n´aimais pas faire de sport et parce que j´étais contre l´armée.
Le chœur Kreutzer chanta C´est le jour du Seigneur. Un ensemble Kreutzer local joua le premier mouvement du septuor en C-majeur. Après avoir lu les allocutions de ceux qui auraient aimé venir – dont celle du président de la République fédérale –, on présenta le document commémoratif de la ville. À chaque fois qu´on le prononçait, les gens de Meßkirch entendaient le nom de Meßkirch d´une manière nouvelle. Ils comprirent avec fierté que le nom de Meßkirch apparaissait dans le titre d´un livre tout entier, « Le langage de Meßkirch » ou quelque chose comme ça. Que l´orateur s´emportât presque à propos de ce livre, ça, ce n´était pas important. Heidegger prit bientôt la parole. Il avait gravi le petit escalier à petits pas. Devant le pupitre, il leva la main, et les applaudissement cessèrent. Pour la première fois, j´entendis sa curieuse voix dire Magnifizenz. Je l´avais déjà souvent vu. J´étais même passé à côté de lui. Devant le jardin de la ferme, sur le chemin vers l´arrêt du bus. Je lui avais certainement dit bonjour alors. J´avais également vu que j´étais déjà aussi grand que Heidegger, alors que j´étais de taille moyenne. Maintenant il racontait en personne des choses poétiques avec une voix fragile comme une coquille d´œuf. Comme je commençais, vers mes quinze ans, à écrire des poèmes, j´ai saisi quelques expressions au vol et les ai tout de suite notées à la maison. Parmi elles, il y avait La douleur est le plan de l´être et Le silence est la gratitude de l´âge. Ensuite, il dit quelques mots sur la patrie et retourna en bas. Le groupe en costume folklorique lui offrit un seau de miel de Heuberg.
J´étais assis en haut et voyais et entendais tout ce qui se passait en bas. Un professeur du Japon, qui était venu du Japon jusqu´à Meßkirch, pour parler à Meßkirch. J´emportais aussi son Le plus gland penseul depuis Platonà la maison. Personne ne pouvait saisir le sens de cette phrase. Moi non plus je ne pouvais en saisir le sens, même si j´avais déjà entendu le nom de Platon. Réveille-toi, dis-je à Rolando qui dormait à côté de moi, c´est bientôt fini. Un jour, lui dis-je, tu pourras raconter que tu as vu le professeur du Japon.
Après tout cela il y avait encore une saucisse et du pain.
[Spectateur … immobile.]
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Anne Collongues a également participé (photographies) au recueil de récits de Sabine Huynh « En taxi dans Jérusalem »
Une lecture collective de son premier roman (à l’Imagigraphe)
« ce qui nous sépare » ici
[Au début du voyage
…
quelques freins]
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Ici, Cécile Portier enfonce le clou
de ces écrits virtuels
(petite racine)
[L’heure des retrouvailles… avec un soi
d’avant.]
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La version numérique de ce livre est enrichie de nombreux liens et d’animations intégrées (notes en bas de page)
Des innovations … qui ont du mal à se faire leur place, presque 10 ans plus tard, dans le livre numérique.
Le blog de Alain François http://bonobo.net/
[Des photographies qui aident à oublier l’humain
…
des textes qui le déposent
au bord ]
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(sur le site de Jean-Yves Fick, en compagnie d’autres
écritures et réécritures du recueil, alors en cours.)
[Tout … pour un sursit.]
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Le livre numérique propose une lecture complète du texte par Jean-Claude Mathon
(Initiative heureuse, la voix réinsère le texte dans le temps et lui donne alors toute sa force.
L’esprit ne peut traîner sur quelques mots, ou les brûler du regard, il doit subir le déroulement inéluctable et violent dans l’engrenage impitoyable du récit)
[Le corps doit obéir
…
mais parfois ça dérape.]
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[A travers Regard (personnage du roman)
autre vision de la rive du savoir.]
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Claudia Patuzzi à donné son roman à lire sur son blog
la première page est ici
[Le muscle est encore parfois utile]
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