Le mythe de la machine – Lewis Mumford – transformation de l’homme

Pourquoi il faut (re)lire « Le Mythe de la machine »

Plus de cinquante années après sa publication
(Réédité récemment, sa première impression a été rapidement épuisée)


« Jamais depuis l’âge des pyramides on n’avait vu un bouleversement d’une telle ampleur se produire en un laps de temps si court. Ces changements ont modifié à leur tour la personnalité humaine, …

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On a longtemps cru et répété que le cerveau de l’homme n’était utilisé qu’à 30% (ou moins) de sa capacité.

De récents travaux ont montré la fausseté d’une telle assertion.
Le cerveau est utilisé dans sa totalité, en fonction des sollicitations qui lui sont faites : activité sensorielle, motrice … pensée.

Ainsi par exemple, un illettré possède en général une mémoire plus développée que quelqu’un qui sait lire, mémoire qui régresse s’il apprend à lire (au bénéfice d’autre chose) car les capacités correspondant à la lecture vont coloniser une partie du cerveau utilisée pour la mémorisation.

Lewis Mumford évoque dans cet extrait les mutations profondes dont le cerveau humain est le siège du fait de l’irruption dans le quotidien d’un nombre toujours croissant d’innovation en rapport avec les progrès de la science et de la technique.

Chaque fois que l’on cherche à acquérir une compétence, lorsque c’est possible, il est donc indispensable de faire le bilan entre les gains et les pertes correspondants.
Ce qui n’est pas chose facile et nécessite absolument une bonne connaissance de soi et une perception fine de SES évolutions (introspection).

[Les cinq dernières années pendant lesquelles j’ai enseigné les mathématiques, discipline qui a sacrifié alors progressivement, jusqu’à quasi disparition, la géométrie, au profit de la programmation et du codage, je ne parvenais plus à écrire de poésie.]

Transformation des sociétés -CNRS 1989

Il y a environ trente années, le CNRS publiait un « Rapport de conjecture »
« radioscopie » de la France et de son environnement global.

Ce travail « Analyse la conjoncture scientifique, évalue les force et faiblesses de la recherche au CNRS et en France »
Son intérêt va cependant bien au-delà car dans les analyses des 46 commissions on peut trouver des réflexions dont la pertinence est peut-être plus perceptible encore à notre époque.*

LES SOCIÉTÉS AMNÉSIQUES - letcr1-exp1

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Parcours de lecture
LES SOCIÉTÉS AMNÉSIQUES - sr

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En clair

LES SOCIÉTÉS AMNÉSIQUES - txt0r

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Un extrait plus long (21)

LES SOCIÉTÉS AMNÉSIQUES - txt1r

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* On cherchera en vain un tel intérêt au dernier rapport de ce type publié au sein du CNRS.
En effet le rapport 2014, consultable ici, n’est plus visiblement destiné qu’au personnel du CNRS (on y trouve une exhortation à développer la structure, à améliorer les conditions de ceux qui y travaille …)
Comme par exemple
« L’emploi scientifique est l’investissement d’avenir par excellence »
« Conserver en l’état le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche revient à prolonger son déclin. Stabiliser les effectifs ne suffirait pas non plus à redynamiser la recherche : il faut envoyer un signe fort aux jeunes qui intègrent aujourd’hui l’enseignement supérieur en leur donnant les moyens et l’envie de faire de la recherche. « 
A noter : un investissement est à coup sur rentable lorsqu’il est difficile d’en perdre le produit. Ce qui est loin d’être le cas pour les chercheurs dont on pourra étudier le flux migratoire, des pays qui ont investi dans leur formation (dont la France) vers les USA qui préfèrent acheter les prix Nobel (labellisés ou en germe avéré) que les former. De la même manière que la Chine a construit son succès économique sur des brevets qu’il lui était bien plus profitable (sans tenir compte du piratage) d’acheter que de produire.

 

 

Le passé reste présent, consciemment ou inconsciemment,dans les structures des sociétés, et il continuera à se manifester à l’avenir. La routine n’est pas un frein mais une résistance incontournable pour l’engagement heureux de nouvelles structures sociales. Toute transformation de la société invite à des choix qui se font par référence à la tradition particulière de chaque société. La continuité temporelle existe sous deux formes, celle rationalisée de l’histoire et celle collective et subjective de la mémoire. Les sociétés amnésiques sont condamnées à de graves troubles d’identité et à de grandes erreurs dans leur processus de transformation.

L’analyse spatiale des transformations des sociétés est le domaine privilégié de la géographie, et, d’une manière différente, de la science politique.
La mondialisation des phénomènes, en progression depuis des siècles, s’est accentuée, et
nous sommes arrivés à un véritable «système monde» grâce à l’intensification et à l’accélération des transports et des communications. Cette mondialisation reste ambiguë parce qu’accompagnée d’interactions et de rétroactions culturelles, religieuses et politiques qui contrarient ses effets globalisants. La dimension nationale, longtemps privilégiée dans les recherches parce que lieu de la souveraineté et cadre de la statistique, perd de sa signification par suite de la mondialisation et de la réaffirmation de différences régionales et ethniques. Par ailleurs, les espaces morcelés, régionaux et locaux, conduisent à une réflexion sur les échelles : civilisations, sociétés régionales, collectivités locales. La recherche sur la transformation des sociétés appelle donc des théories et des méthodes renouvelées, tenant compte de nécessaires changements d’échelle d’analyse.

Dépassant les affrontements liés au darwinisme social et à la sociobiologie, la psychosociologie et l’éthologie peuvent tirer parti des modèles sociaux et animaux pour unifier les concepts et valider ou réfuter les différentes propositions issues de la sociologie animale. La diversité des modes de vie sociale s’explique par différentes hypothèses, génétiques, phytogénétiques, socio-écologiques. Pour cette dernière, l’apparition de groupes sociaux complexes s’explique parce qu’ils permettent une meilleure exploitation des ressources- Certes, l’espèce humaine présente la plus grande diversité des modes de vie sociale- Cependant les modèles animaux montrent eux aussi une variabilité sociale qui peut être utile pour comprendre les fondements de cette socio-plasticité. Rappelons avec Bateson que «la souplesse sociale est une ressource aussi précieuse que le pétrole».