… au théâtre des Variétés (de Paris) est jouée la première de la comédie « Toto chez Tata » avec Céline Chaumont dans le rôle du jeune Toto.
Un échantillon de la critique du « Grelot du 31 aout : « Ah! madame Céline Chaumont, quelle admirable actrice vous êtes ! A vous seule, vous valez dix personnages. Votre monologue est plus qu’une pièce, c’est un feu d’artifice, un bouquet de fusées où l’esprit éclate. M. Baron, rôle du pion, est bien amusant; mais, comme dirait Charles Leroy, que diable peut-il donc avoir dans le nez?
« Madame attend Monsieur, et les Sonnettes étaient deux tours de force ; Toto chez Tata est un …
…siamois du succès, orfèvres littéraires inimitables, passés maîtres dans l’art de charmer un public idolâtre. Enfin, voilà une pièce, une vraie pièce ! … Bravo, Meilhac ! bravo, Halévy ! nous en recauserons le jour de la trois centième représentation. »«
Extrait de la pièce (monologue de Toto)
Aux arrêts ! ils m’ont fourré aux arrêts… parce qu’hier, dimanche, je suis allé chez une cocotte! Eh bien, oui, j’y suis allé, j’en conviens, je m’en vante; mais pourquoi y suis-je allé?… on ne le sait pas; si on le savait, au lieu de me mettre aux arrêts, on m’aurait décerné un prix,… un prix spécial,… le prix mérité par l’élève qui a séché les larmes de sa correspondante…
Voilà pourquoi j’y suis allé, chez cette cocotte, c’est pour sécher les larmes de… du tout pour… Ah! Dieu! (En faisant la moue.) D’abord, moi, ces femmes-là, je ne les aime pas, je ne les aime pas du tout… Je ne sais pas si je changerai d’avis plus tard,… mais pour le moment… (Toto, tout en parlant, va et vient dans le cachot, refait le noeud de sa cravate, reboutonne son gilet.) Ah! quand on a, comme moi, été élevé sur les genoux et pas des femmes du monde, quand surtout on a le bonheur d’avoir pour correspondante la marquise de Château-Lansac… (Avec orgueil.) C’est elle! c’est à elle et à son mari que papa m’a confié quand il a été nommé préfet… Il a été nommé préfet, papa,… il n’y a pas longtemps,… il y a quelques mois… Le jour où il a été obligé de partir pour sa préfecture, il a demandé au marquis et à la marquise de vouloir bien se charger de moi… Le marquis m’a donné une petite tape sur la joue, la marquise m’a attiré vers elle et m’a embrassé. Ah ! qu’elle sentait bon!… (Changeant de ton.) Et il a été convenu que ce serait chez eux que je sortirais tous les dimanches !
Comme j’étais content! C’était moi qui avais la correspondante la plus gentille, la plus à la mode, la plus lancée… Il y avait des émeutes au parloir les jours où elle venait, et, quand elle traversait la première cour pour aller parler au proviseur, toutes les parties de balle s’arrêtaient… Les grands remettaient vite leur tunique,… ils accouraient, formaient la haie et la regardaient passer… Elle aussi, les regardait, et alors, ils piquaient des soleils, oh! mais la des soleils ! Ils devenaient rouges jusqu’aux oreilles…
En marge de ces évènements festifs deux ans, jours pour jours, auparavant: (d’après l’almanach Hachette de 1921)
Après deux mois de siège contre la Commune, l’armée de Versailles force « Le Point Du Jour »
Il semblerait que la prise de ce point clé, ait eu lieu en réalité au mois de mai. D’après L’armée de Versailles rédigé par le Général Mac-Mahon
… Edmond Jaloux (de l’Académie Française) qui était né à Marseille, est mort à Lausanne, ville qui l’avait séduit à l’âge de 40 ans.
Il fut un des lauréats du prix Femina (1909) pour son roman « Le reste est silence » (voir critique sur babelio et une citation qui a un écho puissant un siècle plus tard.)
Extrait :
… Un jour viendra, je le sais, tout proche, hélas! un jour où la terre, épuisant sa chaleur, éteignant son foyer central, accueillera dans son sein les glaces définitives. L’humanité, pétrifiée par le froid, harcelée par le vent, ira chercher son calorique et sa force dans les entrailles du globe et, au fond de la nuit, oublier la nuit même. Alors la lumière diminuera comme une lampe qui manque d’huile, et ces êtres orgueilleux, qui ont cru progresser sans fin sous le ciel sans limites, remonteront à pas lents le chemin déjà parcouru. Venus de la bête, ils retourneront morne-ment vers leur source. Toutes leurs acquisitions, ils les perdront, une à une. Ils n’auront plus que deux ennemis, comme à l’aube des temps : le froid et la faim ; et le jour viendra, le jour, tout proche, hélas ! où le dernier homme disparaîtra de l’univers, ne laissant aucune trace de son passage. Comme sa sœur, la Lune, la vieille Terre roulera à jamais son cadavre inutile dans le gigantesque cimetière de l’Infini. Il n’y aura plus en elle que l’effroyable solitude et le formidable silence de ses déserts glacés et de ses grèves arides où ne battra plus que la Mort.
Alors rien ne demeurera de tout ce que nous avons connu, aimé ou admiré, de tout ce qui, souvent, nous a paru plus précieux que notre vie même; ni œuvres d’art, ni monuments, ne seront plus visibles dans cet abominable pulvéroir, dans ce monstrueux ossuaire. Que restera-t-il de nos désirs, de nos passions, de nos rêves, de notre éternité si provisoire ? A quoi cela …
… ? Rien ne fondra l’amas des glaces accumulées. A l’évolution succédera l’immobilité, au mouvement la stupeur. Qu’importera, alors, que j’aie existé ou non, souffert ou non, oublié quelques années plus tôt ou quelques années plus tard et à quoi sert, par conséquent, que j’écrive, ce soir si pénétrant et si voilé, ce que j’ai connu de la dure vie au temps de ma lointaine enfance ?
Thibaud Notier archidiacre de Josas (Une des trois partie du diocèse de Paris ) tente d’assassiner Etienne de Senlis, alors évêque de Paris.
En ces temps reculés …
« les évêques de Paris sont officieusement protégés, respectés, consultés; en eux, les rois trouvent la science, la prudence dans les conseils, la sagesse dans les négociations, la justice et la modération dans le gouvernement.
Plus tard, ils sont hautement avoués par les rois ; l’évêque de Paris est à la fois le directeur, le chancelier et le premier ministre du prince, c’est, après le souverain, le plus haut placé dans le royaume. Et quand le roi se sent impuissant à défendre son territoire, son évêque de Paris appelle ses clercs, sonne les cloches de sa basilique et invite ses serfs à se joindre à lui, contre les ennemis du pays.
C’est la deuxième époque. Enfin, aux Carlovingiens, qui avaient vécu deux siècles du nom de Charlemagne, succède la troisième race ; un souffle s’est répandu sur l’Europe : Dieu le veut! et avec les croisades commence le moyen âge.
C’est le signal de nouveaux devoirs pour les évêques.
L’œuvre d’apostolat est achevée. l’Eglise autrefois bannie, a été tolérée, puis admise, puis respectée, enfin presque souveraine. Le vieux monde l’a méconnue, le vieux monde est mort; et dans cette société nouvelle le christianisme, naturellement et comme par la force même des choses, a conquis la première place.
L’évêque de Paris s’est construit une cathédrale, digne de la capitale de la France, digne de la destinée future de la cité. Sa juridiction spirituelle s’est établie, et son pouvoir temporel est incontesté, à l’abri des armes du roi, dont il est en même temps le père et le vassal..
Mais, tandis que le roi part pour la croisade, qui assistera dans le gouvernement du royaume, sa femme sans expérience ou son fils au berceau, sinon l’évêque de Paris? Et non-seulement l’évêque aura voix prépondérante dans les conseils de France, mais il sera dans son diocèse, le premier médecin, le premier avocat, le premier artiste, le premier précepteur. »
…
Il devait appartenir aux évêques, et en particulier à l’évêque co-suzerain de la capitale avec le roi, de commencer l’unité française. Le royaume était alors semblable à une de ces armées composées de chevaliers bardés de fer de la tête aux pieds, serrés les uns contre les autres, dans lesquelles le mouvement d’un seul retentit sur toute la ligne, et se répercute à l’infini, le fer choquant le fer.
Dès Louis le Gros, les lois que le roi édictait étaient envoyées immédiatement à presque tous les évêques et à la plupart des abbayes de France, avec les instructions du suzerain-sire, scellées de son grand scel.
Tandis que la force semblait régner sans partage, la résistance vint du sentiment religieux, qui inspira assez d’énergie pour troubler dans la jouissance de leur pouvoir les grands qui s’affranchissaient des lois.
Eternel contrepoids, réaction éternelle contre les vices …
, fut durant tout le moyen âge le plus fidèle soutien des droits du faible et de l’opprimé , de la liberté universelle.
Dès cette époque, l’Eglise, avec cette sérénité qui n’appartient qu’aux choses éternelles, repoussait les prétentions injustes, de quelque part qu’elles vinssent, et tenait déjà la balance égale entre ces deux pouvoirs, l’aristocratie et la foule, qui ont tour à tour la domination du monde. »
Etienne de Senlis, alors évêque de Paris, s’est vu contraint de mettre à l’écart son trop impétueux Archidiacre de Josas : Thibaud Notier
Celui-ci fidèle à son caractère, eut le désir d’assassiner L’évêque. Et il y parvint presque.
« … un jour, l’évêque chevauchait sur la route de Chelles, un dimanche, avec son pieux ami Thomas, prieur de Saint-Victor; au détour d’un chemin, les hommes d’armes qui le précédaient la lance au poing étaient hors de vue, quand tout à coup deux hommes sortent d’un buisson, l’épée à la main, fondent sur le prieur, le massacrent pendant que les clercs qui suivaient l’évêque s’enfuyaient épouvantés, et ordonnent à Etienne de fuir s’il ne veut avoir le même sort. Ces hommes étaient les neveux de l’archidiacre Thibaud. »
La Corse (réunie à la France par décret depuis 1789) est câblée avec … l’Italie ( le port de La Spezzia distant de 145 km), la même année, un autre câble la réunira à la Sardaigne
« Parmi les câbles de la Méditerranée, celui partant de la Spezzia pour aller en Corse fut posé en 1854. La distance qui sépare les deux stations est de 145 kilomètres. Chaque kilomètre de ce câble pesait environ 5,000 kilogrammes. La profondeur de la mer variait de 650 à 900 mètres. La pose réussit, mais on éprouva un accident qui mérite d’être rapporté. Pendant que l’on filait le câble à une profondeur de 450 mètres environ, il descendait avec une telle rapidité, que ce ne fut qu’en employant des moyens extraordinaires qu’on parvint à modérer sa chute. …
Il fut alors nécessaire de retirer le câble pour parvenir à atteindre la partie endommagée, et ce ne fut qu’avec de grands efforts qu’on y parvint après trente heures de travail. La portion endommagée une fois atteinte, on la retrancha en coupant le câble pour rattacher les deux bouts extrêmes. Cela fait, on put terminer la pose. »
50 ans plus tard, jours pour jour, le journal des écoliers et des écolières, proposait ce rébus
Naissance* du poète, chansonnier, écrivain Béranger dont Edouard de Pompéry écrivit ( début de la biographie qu’il lui a consacrée)
« Nous possédons en France une physionomie aimable, familière, souriante entre toutes, bien vue du peuple, chose rare, et connue à la ronde comme un refrain. C’est la physionomie du bon chansonnier, car il fut bon parmi les meilleurs, quoique des plus vifs parmi les malins et des plus fins parmi les habiles.«
Le refus de toutes les compromissions, ainsi qu’une certaine modestie, conduisit Béranger à refuser toute proposition de charges de la part de la monarchie de Juillet et notifie son refus par une chanson
À mes amis DEVENUS MINISTRES
Non, mes amis, non, je ne veux rien être ; Semez ailleurs places, titres et croix. Non, pour les cours Dieu ne m’a pas fait naître : Oiseau craintif je fuis la glu des rois. Que me faut-il ? maîtresse à fine taille, Petit repas et joyeux entretien. De mon berceau près de bénir la paille, En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
Un sort brillant serait chose importune Pour moi, rimeur, qui vis de temps perdu. M’est-il tombé des miettes de fortune, Tout bas je dis : Ce pain ne m’est pas dû. Quel artisan, pauvre, hélas ! quoi qu’il fasse, N’a plus que moi droit à ce peu de bien ? Sans trop rougir fouillons dans ma besace. En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
Au ciel, un jour, une extase profonde Vient me ravir, et je regarde en bas. De là, mon œil confond dans notre monde Rois et sujets, généraux et soldats.
Un bruit m’arrive ; est-ce un bruit de victoire ? On crie un nom ; je ne l’entends pas bien. Grands, dont là bas je vois ramper la gloire, En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
…
Votre tombeau sera pompeux sans doute ; J’aurai, sous l’herbe, une fosse à l’écart. Un peuple en deuil vous fait cortége en route ; Du pauvre, moi, j’attends le corbillard. En vain on court où votre étoile tombe ; Qu’importe alors votre gîte ou le mien ? La différence est toujours une tombe. En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
De ce palais …
(cliquer l’image pour lire plus aisément)
…et mon luth. Sous ces lambris près de vous accourue, La Liberté s’offre à vous pour soutien. Je vais chanter ses bienfaits dans la rue. En me créant Dieu m’a dit : Ne sois rien.
* Merci à Lélio Lacaille de m’avoir averti de cette errrreur qui, jusqu’à ce matin n’en avait pas l’r
Pour me faire pardonner, ce jour est aussi, à quelques années près le jour où fut fusillé le plus fidèle des officiers de Napoléon premier puisqu’il fut le premier à le rejoindre, lors de son ultime tentative pour reprendre le pouvoir, avec son régiment entier.
« Le 7 mars 1815, Napoléon n’avait encore vu son escorte se grossir que de faibles détachements, lorsqu’un régiment entier se joignit à lui à Vizille : c’était le régiment de La Bédoyère. À partir de ce moment, la partie était gagnée : la trahison du jeune colonel venait d’en assurer le succès. L’Empereur le nomma général de brigade, son aide de camp, et, bientôt, général de division ; le 2 juin, il l’appelait à la Chambre des pairs.«
Le même homme fit publier une proclamation qui appelait à rejoindre l’Empereur
LES SOLDATS DU 7e DE LIGNE A LEURS FRÈRES D’ARMES
SOLDATS de tous les régiments, écoutez notre voix, elle exprime l’amour de la Patrie. Reprenez vos aigles, accourez tous vous joindre à nous.
L’EMPEREUR NAPOLÉON marche à notre tête; il nous a rendu notre cocarde ; ce signe de la liberté atteste que votre gloire ne sera plus oubliée.
Camarades, vos faits d’armes étaient méprisés, les monuments devant apprendre aux siècles à venir vos victoires étaient interrompus! Votre Légion d’honneur, qu’était-elle devenue?
Le dernier des ordres de l’État.
L’EMPEREUR NAPOLÉON n’a pu supporter votre humiliation. Pour la seconde fois, au mépris de tous les dangers, il traverse les mers. Pour la seconde fois, il vient réorganiser notre belle Patrie, il vient lui rendre sa gloire.
Camarades, pourriez-vous l’avoir oublié? vous qu’il a si souvent conduits à la Victoire! Accourez tous; que les Enfans viennent se rejoindre à leur Père; il connaît vos besoins, il sait apprécier vos services.
Soldats, avec lui, vous trouverez tout, considération, honneur, gloire ; hâtez-vous ; venez rejoindre des frères, et que la grande famille se réunisse.
Malheureusement pour ce jeune général (il n’avait que 29 ans) la suite de l’aventure lui fut funeste La lecture des lettres qui suivent en donnent la mesure.
CABINET MINISTÈRE DE LA POLICE GÉNÉRALE.
Paris, ce 6 août 1815.
Monsieur le Préfet de police, Par ordonnance du 2 de ce mois, S. M. a décidé que le conseil de guerre permanent de la division militaire serait chargé de connaître des crimes imputés aux militaires désignés dans l’ordonnance du 24 juillet dernier. Je vous prie, en conséquence, de faire mettre le colonel La Bédoyère à la disposition de M. le général comte Maison, ainsi que tous les documents relatifs à cet accusé.
Recevez, etc.
Le ministre secrétaire d’Etat au département de la police générale, Duc D’OTRANTE.
Au comte Maison, gouverneur de la ire division militaire.
6 août 1815
Monsieur le Comte, J’ai l’honneur de vous prévenir qu’en exécution de l’ordonnance du 24 juillet dernier, et conformément à la lettre que j’ai reçue ce jour de S. E. le ministre de la police générale, je vais faire transférer M. Labédoyère à l’Abbaye.
Recevez, etc.
Le préfet de police, DE CAZES.
Au préfet de police. Paris, ce 6 août 181 S, à 7 heures du soir.
Monsieur le préfet,
Je viens de recevoir la lettre par laquelle vous me prévenez de la translation du colonel Labédoyère à la prison militaire de l’Abbaye. Je donne des ordres pour qu’il y soit reçu et gardé avec une surveillance particulière.
J’ai l’honneur de vous prévenir que j’attends de vous, ainsi que S. E. le ministre de la police me l’a annoncé, le procès-verbal d’arrestation, les premiers interrogatoires et autres pièces relatives à cet accusé, pour former son dossier et le transmettre de suite au conseil de guerre qui doit le juger.
Recevez, etc.
Pr le gouverneur de la 1ère division militaire : Le maréchal de camp chef de l’état-major général, Comte GENTIL SAINT-ALPHONSE.
VIII
Note pour M. le préfet de police.
13 août 1815.
On vient d’arrêter une femme chargée d’une forte somme d’argent destinée à corrompre le concierge de la prison de La Bédoyère. L’interrogatoire qu’elle vient de subir a appris qu’elle était Mm. La Valette1, cousine de ce colonel. Elle avait gagné le concierge en lui promettant 100,000 francs, et, sans .son arrestation, il est probable que le prisonnier eût été sauvé.
,, 1. Ce n’est pas de Mme de La Valette, femme de l’ancien directeur général des postes de l’empire, qu’il est ici question, mais d’une personne portant le même nom.
Au ministre de la police générale.
14 aout 1815.
Monsieur le Duc, Votre Excellence est sans doute informée que Labédoyère vient d’être condamné à mort à l’unanimité par le conseil de guerre.
Recevez, etc.
Le préfet de police, DE CAZES.
Au ministre de la police générale.
Paris, le 19 août 1815.
Monsieur le Duc, J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence que le conseil de révision a confirmé le jugement de La Bédoyère et ordonné son exécution.
Votre Excellence ne pensera-t-elle pas qu’il importerait de ne pas différer cette exécution? elle doit avoir lieu dans les vingt quatre heures. Mais, si elle n’est pas faite aujourd’hui, sera-t-il convenable de la faire demain dimanche? Il y aurait cependant un grand inconvénient à la renvoyer à après-demain. Dans cet état de choses, il me semble indispensable d’ordonner les mesures nécessaires pour qu’aujourd’hui même, et avant que la décision du conseil de révision soit connue du public, Labédoyère reçoive la punition qu’il a tant méritée.
Recevez, etc.
Le préfet de police, DE CAZES.
Au ministre de la police générale.
CABINET PRÉFECTURE DE POLICE.
DE M. LE PRÉFET –
Paris, ce 19 août 1815.
Le préfet de police au ministre de la police.
Monsieur le Duc, J’ai l’honneur de vous annoncer que le colonel …
Le maréchal d’Estrées quitte Alger qu’il a bombardé pendant 17 jours consécutifs (3ème bombardement, le premier ayant eu lieu le 26 juin). Action qui se solde par « 7000 maison renversées, la totalité des forts détruits et tous les vaisseaux du port coulés. »
Cette opération de guerre a été ordonnée par Louis XVI afin de lutter contre les actions de piraterie en provenance de ce port.
Le Bey ayant menacé de s’en prendre aux français résidant à Alger (et en particulier les religieux et le consul) d’Estrées répondit par un courrier d’où provient cet extrait :
LE MARÉCHAL D’ESTRÉES, COMMANDANT L’ARMÉE NAVALE DU ROI A HADJI HUSSEIN, PACHA D’ALGER
En rade d’Alger, le 29 juin 1688.
Le Maréchal d’Estrées, vice-Amiral de France, vice-Roi d’Amérique, Commandant l’armée navale de l’Empereur de France, déclare aux Puissances et Milices du Royaume d’Alger que si, dans le cours de cette guerre, on exerce les mêmes cruautés qui ont été ci-devant pratiquées …
qu’il a entre les mains, et qu’il a eu ordre d’emmener pour cet effet avec lui.
[Relatée dans le figaro, par Edmond Magnier (directeur de rédaction) présent à cette séance ]
Voilà Gambetta campé devant la tribune. On peut critiquer l’amertume de ce langage, mais on ne peut pas se défendre d’en admirer la fougue, l’élan, la mâle, beauté. Le lion de la gauche a été sublime une fois de plus. Il accuse le ministère, ou de ne pas savoir, ou de ne pas dire ce qui se passe sur le théâtre de la guerre. Il cite la dépêche affichée ce matin, dimanche, pour annoncer la prise de Nancy qui a eu lieu le vendredi 12. Il somme le gouvernement de dire pourquoi il a, réfuté, le samedi 3, cette nouvelle, par un avis placardé sur les murs de Paris. L’émotion était grande et allait croissant parmi’ les députés et dans la salle. Mais les cœurs ‘ont battu à crever les poitrines et loi yeux se sont -mouillés do -larmes quand Gambetta a lu un lambeau de l’Espérance de Nancy, racontant les faits dans leur triste vérité. « Quand un pays est gouverné par des incapables, s’est-il écrié, il a le droit de réclamer, par ses représentants, un comité national qui pourvoie à sa. Défense. » Les exclamations se croisent, les cris éclatent. M. Achille Jubinal a-t-il fait un geste ou lancé un signal ? Je n’en sais rien. Mais ‘Gambetta. -l’apostrophe, lui et la droite, avec une grande violence. Pour vous, dit-il, qui avez, par vos complaisances, préparé ces -fatals -évènements, vous devriez vous condamner au silence et aux remords. Mais c’est de l’insulte ripostent cinquante voix. Ah ! poursuit le tribun, dont !es yeux lancent des éclairs, rappelez votre conduite, c’est là que vous trouverez l’injure. Et aussitôt il revient à la question. Il reproche au gouvernement d’écarter …
… avant le salut de la patrie ? »
Sur ce dossier épineux d’une guerre qui a été funeste à la France, Gambetta n’est pas tout blanc. En effet il a été signataire du « programme de Belleville » qui comportait ces lignes :
« Nous voulons la suppression des armées permanentes, cause de ruine pour les finances et les affaires de la Nation ».
Dont une des conséquences a été une pression sur le gouvernement qui n’a pas été sans conséquence quelques années avant le début de la guerre :
« Cédant à cette pression, la Chambre réduit donc les effectifs de 10.000 hommes, ainsi que les crédits pour le fourrage des chevaux, et ampute d’un tiers ceux proposés pour l’aménagement des forteresses de l’Est, dépense pourtant d’ordre typiquement défensif ! »
La première pierre de l’Arc de Triomphe (de Napoléon) de l’Etoile est posée.
Après avoir été proche de l’abandon, notamment, lors de la restauration, trente ans après la pose de cette première pierre, le monument fut inauguré le 29 juillet 1836, quinze années après la mort de Napoléon premier.
De vivant de Napoléon Bonaparte, un simulacre du monument, en bois et toiles, fut dressé, à l’occasion de son mariage avec Marie-Louise d’Autriche. Celui-ci fut construit en un temps record « Grâce à ces mesures énergiques, sinon sociales«
« Charpentiers ! Le conseiller d’État, préfet de Police, est indigné de votre conduite. Vous avez abusé des bontés du gouvernement. Vous avez exigé 18 francs par jour et plusieurs d’entre vous ont osé dire qu’ils demanderaient 24 francs. Il est temps qu’un tel abus cesse. Vous n’aurez plus que 4 franc par jour. Le conseiller d’État, préfet de Police, vous met tous en réquisition. Il vous est défendu …
Ce simulacre, fut orné de bas reliefs à la gloire de l’Empereur, qui ne furent pas reproduit par la suite sur l’Arc de triomphe en dur. On en comprend la raison et les voyant et en lisant les inscriptions qui en donnent, à la manière des journalistes de notre époque, ce qu’il faut y lire, et ce qu’il faut en comprendre de louanges mérités, concernant l’homme qui a creusé durablement la pyramide des âges de la France du côté des hommes en âge de faire la guerre (ainsi que de celui des chevaux et des ânes).
« L’empereur assis, la main appuyée sur sa redoutable épée, est couronné par la Victoire. Sa majesté pardonne avec aux ennemis qu’il a vaincus. Ceux-ci sont figurés par des soldats qui viennent déposer les armes à ses pieds. On aperçoit entre ce groupe et sa majesté, un trophée d’armes de toute espèce, et dans le lointain un camp couvert de tentes. Ces attributs rappellent la vie active et guerrière de l’empereur. On pourrait rapporter ici plusieurs traits de modération de sa majesté au sein même de ses plus brillantes victoires. On pourrait citer également plusieurs traits de sa clémence*; mais c’est à l’histoire qu’il appartient de les consacrer, et d’ailleurs, dans ces jours de fête et d’allégresse, on ne doit offrir à la mémoire rien de ce qui peut rappeler les souvenirs de guerre. »
« L’empereur, revêtu des habits impériaux et place sur son trône, indique de la main les tables où sont inscrits le code civil et le code criminel. Près de là sont groupés tous les attributs de la justice.
Pénétrés de reconnaissance pour un si grand bienfait qui assure le bonheur et la tranquillité des générations présentes et futures, des citoyens de tout âge et de toute condition se prosternent devant le héros législateur, et lui adressent des actions de grâces. L’innocence, sous la figure d’une jeune vierge, assurée désormais de la protection des lois, se livre paisiblement au sommeil, au pied du trône de sa majesté. »
« Au centre de ce bas-relief, on voit l’empereur drapé d’un manteau ; le ministre de l’intérieur et quelques personnes de marque sont près de lui. Sa majesté montre de la main, aux architectes dont il est entouré, les changemens à faire sur les plans qu’on soumet à son approbation. Des ouvriers, placés aux deux extrémités du bas-relief et occupés à divers tra vaux, servent à indiquer la rapidité avec laquelle s’achèvent les embellis semens de Paris. Dans le fond, on aperçoit la colonnade du Louvre, monument dont la restauration seule, est un des plus grands travaux qu’on put entreprendre.
La postérité n’apprendra pas sans étonnement que ce palais, commencé sous François Ier, et continué sans pouvoir être achevé par tous les rois qui succédèrent à ce monarque, fut terminé en quelques années, sous le règne de Napoléon. »
« Des négociants présentent à l’empereur les produits de toute espèce, sortis de leur fabriques. Sa Majesté, qui s’empresse d’honorer le mérite dans toutes les classes, les accueille avec bienveillance et s’entretient avec eux sur les moyens de perfectionner les manufactures françaises; elle tient d’une main le code du commerce, et donne de l’autre à l’un des négociants l’étoile de la légion d’honneur, noble récompense de leur activité et de leur industrie.
Sur la gauche du spectateur, on voit une barque chargée de marchandises et prête à toucher au port; la barrière de La Villette qui paraît dans le lointain, sert à faire reconnaître que cette barque navigue sur le canal de l’Ourcq, nouvelle source de richesses et de prospérité pour le commerce de Paris. »
Je ne pourrai pas venir tout à l’heure, ou j’arriverai trop tard. Est-ce que ça serait un effet de votre bonté de me donner ma consultation maintenant ?
KNOCK
Heu… Oui… Mais dépêchons-nous. J’ai rendez-vous avec M. Bernard, l’instituteur, et avec M. le pharmacien Mousquet. Il faut que je les reçoive avant que les gens n’arrivent. De quoi soufrez-vous ?
LE TAMBOUR
Attendez que je réfléchisse ! (Il rit.) Voilà. Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.
KNOCK, d’un air de profonde concentration.
Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?
LE TAMBOUR
Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.
KNOCK
Désignez-moi exactement l’endroit.
LE TAMBOUR
Par ici.
KNOCK
Par ici… où cela, par ici ?
LE TAMBOUR
Là. Ou peut-être là… Entre les deux.
KNOCK
Juste entre les deux ?… Est-ce que ça ne serait pas plutôt un rien à gauche, là, où je mets mon doigt ?
LE TAMBOUR
Il me semble bien.
KNOCK
Ça vous fait mal quand j’enfonce mon doigt ?
LE TAMBOUR
Oui, on dirait que ça me fait mal.
KNOCK
Ah ! ah ! (Il médite d’un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
Ah ! ah ! très important. Ah ! ah ! Quel âge avez-vous ?
LE TAMBOUR
Cinquante et un, dans mes cinquante-deux.
KNOCK
Plus près de cinquante-deux ou de cinquante et un ?
LE TAMBOUR, il se trouble peu à peu.
Plus près de cinquante-deux. Je les aurai fin novembre.
KNOCK, lui mettant la main sur l’épaule.
Mon ami, faites votre travail aujourd’hui comme d’habitude. Ce soir, couchez-vous de bonne heure. Demain matin, gardez le lit. Je passerai vous voir. Pour vous, mes visites seront gratuites. Mais ne le dites pas. C’est une faveur.
LE TAMBOUR, avec anxiété.
Vous êtes trop bon, docteur. Mais c’est donc grave, ce que j’ai ?
KNOCK
Ce n’est peut-être pas encore très grave. Il était temps de vous soigner. Vous fumez ?
LE TAMBOUR, tirant son mouchoir.
Non, je chique.
KNOCK
Défense absolue de chiquer. Vous aimez le vin ?
LE TAMBOUR
J’en bois raisonnablement.
KNOCK
Plus une goutte de vin. Vous êtes marié ?
LE TAMBOUR
Oui, docteur.
Le Tambour s’essuie le front.
KNOCK
Sagesse totale de ce côté-là, hein ?
LE TAMBOUR
Je puis manger ?
KNOCK
Aujourd’hui, comme vous travaillez, prenez un peu de potage. Demain, nous en viendrons à des restrictions plus sérieuses. Pour l’instant, tenez-vous-en à ce que je vous ai dit.
LE TAMBOUR s’essuie à nouveau.
Vous ne croyez pas qu’il vaudrait mieux que je me couche tout de suite ? Je ne me sens réellement pas à mon aise.
KNOCK, ouvrant la porte.
Gardez-vous-en bien ! Dans votre cas, il est mauvais d’aller se mettre au lit entre le lever et le coucher du soleil. Faites vos annonces comme si de rien n’était, et attendez tranquillement jusqu’à ce soir.
Le « Journal amusant » évoque la canicule du mois précédent dans un dessin de Charles Constant Albert Nicolas d’Arnoux de Limoges Saint-Saëns dont le nom d’artiste est Bertall.
584 : Dans les Gaules les arbres portèrent des fruits au mois de juillet; Ils en donnèrent de nouveaux en septembre. La sécheresse fut très-grande.
587 : En octobre, après les vendanges, on vit dans les vignes de nouveaux sarments avec les grappes fournies, et sur d’autres arbres des feuilles nouvelles et de nouveaux fruits.
588 : Les arbres fleurirent en automne et donnèrent des fruits pareils à ceux qu’on avait déjà recueillis; des roses parurent au neuvième mois (en décembre).
775 : L’été fut chaud et toutes les fontaines furent taries.
783. L’été fut tellement ardent cette année que beaucoup do personnes expirèrent de chaleur.
869 : A la suite de l’été, une horrible famine frappe un grand nombre de provinces en France et en Bourgogne. Il meurt une effrayante quantité d’hommes, et telle est la détresse qu’on mange de la chair humaine.
872 : L’été fut dans les Gaules d’une chaleur étouffante ; on eut presque continuellement des orages. Beaucoup de personnes périrent et les récoltes manquèrent.
874 :. L’ardeur de l’été et sa longueur amènent la sécheresse des foins et la disette du blé. La famine et la peste qui se déclarèrent à la suite de cette saison dans la Gaule emportèrent le tiers de la population.
921 : La chaleur de l’été fut très forte et l’on eut cette années beaucoup de vin. La sécheresse fut presque continue pendant les mois de juillet, août et septembre.
928 : Dans le canton de Reims les vendanges furent presque finies avant le mois d’août.
987 : La chaleur extrême de l’été fit périr beaucoup de monde et la récolte des fruits fut presque nulle.
988 : Il y eut de la mi-juillet au milieu d’août une chaleur si ardente que nombre de personnes succombèrent; la récolte des fruits fut beaucoup moindre que d’ordinaire. L’ardeur du Soleil et la sécheresse dévorèrent tout : il y eut famine.
993 : Depuis la Saint-Jean (24 juin) jusqu’au 9 novembre, c’est-à- dire pendant presque tout l’été et l’automne, Il fit une sécheresse et une chaleur excessives; beaucoup de fruits ne vinrent point à maturité et furent brûlés par l’ardeur du Soleil. Il s’ensuivit une épidémie et une grande mortalité sur les hommes et les animaux domestiques. (
994 et 995 : La chaleur dut être intense et continue pendant ces étés, car les chroniqueurs rapportent que la sécheresse fut si terrible, que les poissons périssaient dans les étangs, que les arbres s’enflammaient spontanément, que les fruits et la récolte du lin ont été anéantis. En 995, la plupart des fleuves de l’Europe étaient assez bas, disent-ils, pour qu’on put les traverser à gué.
1034 : Cette année se montra chaude et tellement abondante en blé, en vin, en fruits de toutes sortes, que la récolte égala celle de cinq années réunies.
1053 : Ce fut une année de chaleur et de sécheresse prolongée au nord de la France.
1078 : Il y eut cette année une sécheresse et une chaleur qui desséchèrent les prés. On obtint néanmoins une bonne récolte: on cueillit les fruits en juin, et le vin fut très abondant.
1083 : L’ardeur de l’été fut telle que non-seulement des hommes y succombèrent, mais qu’elle fit périr le poisson dans les étangs.
1102 : L’été fut excessivement chaud.
1113 : La chaleur fut si forte au mois de juin, que les moissons et les bois même s’enflammaient, dit-on, spontanément.
1135 : La chaleur et la sécheresse furent extrêmes : les pâturages et les récoltes furent grillés; il s’ensuivit une cherté excessive et la famine. Les rivières et les sources furent taries; les bruyères des montagnes et les bois desséchés s’enflammèrent, dit-on, par l’ardeur des rayons solaires. Le Rhin, à peu près sec, put être traversé à pied dans plusieurs endroits.
1136 : Vers le solstice d’été il y eut en France une chaleur inaccoutumée et tellement forte, que les personnes, les troupeaux et les biens de la terre en éprouvèrent de funestes effets.
1137 : L’été suivant fut encore excessivement chaud et sec. Les rivières navigables furent traversées à pied en quelques endroits. En France, les puits et les fontaines ne donnaient plus d’eau, et beaucoup de paysans périrent de soif.
1177 : L’été fut très sec et très chaud. La sécheresse fut si forte que les semences furent perdues il n’y eut ni blés ni foins. On vendangea dès le mois d’août, et le vin fut excellent.
1186 : La moisson se fit en mai et les vendanges eurent lieu en août.
1188 : ce fut une chaleur et une sécheresse extraordinaires, au point que dans beaucoup d’endroits les fleuves, les sources et les puits furent taris; la France souffrit de nombreux désastres par les incendies.
1224 : Les chaleurs de cet été furent si fortes, que les grains séchèrenet sur pied. Des vents violents, qui régnèrent pendant tout le mois d’août, achevèrent de dépouiller les campagnes.
1228 : L’été fut si chaud cette année que la moisson fut entièrement terminée à la saint Jean (mi-juin).
1240 : L’été fut sec et ardent. Les vins de cette année furent tellement forts, qu’on ne pouvait les boire sans eau.
1251 : Cet été fut d’une chaleur excessive et intolérable la mortalité qui l’accompagna était si grande que dans quelques paroisses on enterra une centaine de personnes en un mois. Le vin manqua en France.
1257 : L’été fut excessivement chaud et parut se prolonger jusqu’à la Chandeleur.
1277 : Cet été fut chaud. Il régna une extrême sécheresse; les plus grandes rivières, les puits, les sources furent complètement à sec. Il en résulta une grande mortalité. La foudre tomba en beaucoup de lieux pendant les mois d’août et de septembre.
1288 : «Fust grand année de vins, de foings et glans, et en aoust fist si grant chault, que les oiseaux mouroient aux champs ». Dans quelques endroits des personnes périrent suffoquées.
1305 et 1306 : Ces deux étés furent extrêmement secs en France et probablement très chauds. Les biens de la terre souffrirent beaucoup.
1321 : L’été fut excessivement chaud et sec; les fontaines et les rivières furent desséchées; les animaux domestiques et le bétail souffrirent extrêmement. Beaucoup de malheureux succombèrent, faute d’eau pour se désaltérer.
1325 : L’été fut extrêmement ardent. (Le continuateur do Nangls.)
1358 : Une chronique du pays messin dit que cette année « les raisins estoient tous croistis et sechoient en vigne, par la grande chaleur qu’il fesoit. Le setier de vin sepayoit cinq sols. »
1420 : On commença les vendanges à Dijon le 25 août, c’est à dire 30 jours plus tôt que l’époque moyenne. Dans le pays messin, l’année fut aussi très récoce. Dès les premiers jours d’avril les paysannes venaient à la porte de la cathédrale de Metz offrir des bouquets de muguet. Le 10 de ce mois, les fraises étaient mûres. Le 22 juin, les raisins mêlaient; le 22 juillet, les vendanges étaient faites, et l’on buvait à Magny du vin nouveau à la fin du mois.
1422 : On commença les vendanges à Dijon le 28 août.
1434 : On vendangea à Dijon dès le i » septembre.
1442 : Dans le pays messin, la chaleur fut telle, du mois d’avril au mois de juin, que plusieurs gens allaient en chemise et n’avaient mis ni de robes ni de chausses. » Une partie du vin s’aigrit dans les cuves. On commença les vendanges à Dijon le 13 septembre.
1466 : Les chaleurs excessives de l’été causèrent beaucoup de maladies contagieuses dans la seule ville de Paris. Elles emportèrent plus de quarante mille personnes, et en chassèrent un bien plus grand nombre. Cependant on ne commença les vendanges à Dijon que le 27 septembre. Le prix des grains doubla cette année. La chaleur fut accablante dans le pays messin. Le vin fut meilleur qu’Il n’avait été depuis trente ans.
1473 : La chaleur et la sécheresse furent si intenses cette année, que les forêts s’enflammaient, dit-on, spontanément. Toutes les rivières furent taries. Le Danube put être traversé à gué en Hongrie. Cette sécheresse dura trois années. On fit les vendanges à Dijon dès le 29 août. La chaleur fut tellement forte cette année dans le pays messin, que dès le 1″ mai on vendait les cerises à la livre, et des raisins mûrs à la Saint-Pierre (27 juin); les vendanges étaient terminées au mois d’août. On ne récolta point de légumes, par suite de la grande sécheresse.
1477 : L’été ne fut sans doute pas aussi chaud en France qu’en Italie notamment, car on ne vendangea à Dijon que le 11 octobre et à la Saint-Etienne d’août (le 2) les raisins n’étaient pas encore mêlés dans le pays de Metz.
1482 : Le 17 mars on vendait des fraises au marché de Metz, et le 24 juin, du raisin devant la cathédrale. On commença les vendanges à Dijon le 16 septembre.
1483 : On vendait du raisin à Metz le 13 juin.
1484 : Dans le pays messin, après la vendange qui eut lieu vers le 8 octobre, les vignes, favorisées par une forte chaleur, donnèrent de nouveaux bourgeons. On vendangea deux fois dans l’année.
1493 : L’été fut très-chaud.
1498 : Il fit si chaud du côté de Metz, que les cultivateurs durent arroser leurs champs. Les pressoirs étaient fermés dès le milieu de septembre, et le vin fut très bon. La vendange n’eut lieu à Dijon que le 26 septembre. Le prix des grains fut élevé en France.
1500 : On commença les vendanges cette année à Dijon le 14 septembre. Le 19 août on buvait à Liège du vin nouveau.
1504 : Jehan Molinet s’exprime ainsi dans sa chronique do Bourgogne « ….Le temps d’esté, merveilleusement plein de chaleur et sans plouvoir, pourquoy maladies et flebvres s’acherdoient aux gens à peu do tous estats. En plusieurs lieux furent piteux feux de meschiefz pour la sécheresse du temps.») On commença les vendanges à Dijon le 14 septembre.
1517 : On ne commença à vendanger à Dijon que le ’20 septembre. La moisson fut abondante en France.
1522 : On commença les vendanges à Dijon le 5 septembre.
1523 : Les chaleurs furent excessives pendant le mois d’août en Italie. On vendangea à Dijon dès le 26 août.
1536 :On commença les vendanges à Dijon le 8 septembre.
1538 : On vendangea à Dijon vers le 20 septembre.
1540 : L’été fut cette année, au rapport des contemporains, beaucoup plus chaud et plus sec que dans un grand nombre d’années précédentes. En Angleterre la sécheresse fut également excessive; les puits, les fontaines, les rivières furent mis à sec. La Tamise devint si basse que l’eau salée remonta au-dessus du pont de Londres. L’aridité de cette saison fut telle en Allemagne, qu’il y eut disette de beaucoup de choses nécessaires à la vie. En revanche, on récolta sur les plus mauvais coteaux des vins forts et précieux En Belgique la moisson et la vendange furent terminées vers le commencement d’août. On ne vendangea cependant Dijon que le 4 octobre. Le prix des grains diminua en France de moitié Les glaciers des Alpes se fondirent.
1552 : on vendangea à Dijon dès le 13 septembre.
1556 : On éprouva encore cette année des chaleurs excessives en France où les sources furent taries. On vendangea à Dijon le 5 septembre. Ce fut une année de cherté des grains.
1558 : Le printemps, l’été et l’automne furent chauds et secs dans une grande partie de l’Europe. On vendangea à Dijon le 30 septembre.
1559 : On vendangea à Dijon dès le 4 septembre, c’est-à-dire 20 jours plus tôt qu’en moyenne.
1578 : On vendangea à Dijon le 22 septembre.
1583 : On vendangea à Dijon dès le 13 septembre.
1590 : Une chaleur et une sécheresse très-fortes régnèrent cette année dans la région tempérée de l’Europe.. On vendangea à Dijon le 10 septembre, c’est-à-dire 14 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est l’époque la plus avancée depuis 1550.
1598 :L’été se montra plutôt extrêmement chaud et sec. On vendangea à Dijon le 23 septembre.
1599 : On vendangea à Dijon dès le 13 septembre.
1601 : Le mois de juin fut chaud, et des chaleurs excessives eurent lieu en juillet et en août. La sécheresse continue dura quatre mois. Les arbres étaient chargés de fruits, mais on les vit noirs et rôtis avant la maturité. On ne vendangea à Dijon que le 8 octobre.
1608 : L’été fut des plus chauds et rôtit tout ce que le grand hiver précédent avait épargné soit des céréales, soit des bourgeons de la vigne. On commença la vendange à Dijon le 1″ octobre seulement.
1610 : L’été fut excessivement chaud et sec, et il y eut grande abondance de vin. On vendangea à Dijon le 20 septembre.
1615 : L’été fut très sec et très chaud dans l’Europe entière. Tout fut ravagé dans les champs. A Ham, en Picardie, une église fut détruite par le feu du ciel et nombre d’habitants périrent. On fit la vendange à Dijon le 21 septembre.
1616 : L’été fut sec et d’une chaleur dévorante. On vendangea à Dijon le 12 septembre, c’est-à-dire 12 jours avant l’époque moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1590. La vendange fut excellente.
1624 : On vendangea à Dijon dès le 14 septembre.
1626 : On ne vendangea à Dijon que le 1″ octobre.
1632 : On ne vendangea à Dijon que le 4 octobre.
1636 : On vendangea à Dijon dès le 4 septembre, c’est-à-dire 20 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1559.
1637 : Cet été fut extrêmement chaud et sec. On vendangea à Dijon dès le 3 septembre, c’est-à-dire 21 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1523.
1638 : Cet été fut encore extrêmement sec et chaud. On vendangea à Dijon dès le 9 septembre, c’est-à-dire 15 jours plus tôt qu’en moyenne.
1643 : En France ce fut une année de grande cherté des grains, et l’on ne fit la vendange à Dijon que le 1er octobre.
1644 : la chaleur fut si forte à Montbéliard (Doubs) pendant plus de quinze jours que les poissons mouraient dans les rivières. On vendangea à Dijon dès le 15 septembre.
1645 : Cet été fut chaud.. On commença la vendange Dijon le 11 septembre, c’est-à-dire 13 jours plutôt qu’en moyenne.
1649 : On ne sait pas l’époque des vendanges en Bourgogne. 1650 fut une année de si grande cherté des grains que le prix fut triple de ce qu’il était cinq ans auparavant.
1651 : Il y eut des chaleurs très fortes à l’époque de la moisson. On commença la vendange il Dijon le 22 septembre. Ce fut encore en Franco une année do grande cherté des grains.
1652 :On fit la vendange à Dijon le 20 septembre. Ce fut une troisième année de grande cherté des grains.
1653 : On vendangea à Dijon le 11 septembre, c’est-à-dire 13 jours plus tôt qu’en moyenne. En France, le prix des grains diminua de moitié.
1658 : A Dijon on ne vendangea que le 30 septembre.
1666 : été chaud et sec ; on vendange à Dijon le 10 septembre, c’est-à-dire 14 jours plus tôt que la moyenne.
1669 : On vendangea à Dijon dès le 11 septembre.
1671 : On vendangea à Dijon dès le 16 septembre.
1676 : On vendangea à Dijon le 9 septembre.
1680 : On vendangea à Dijon dès le 9 septembre. Ce fut en France une année de bon marché des grains.
1681 : Le printemps et l’été furent si chauds et si secs, que personne ne se souvenait d’avoir vu un état de la végétation comme celui de cette année. Les herbes et le gazon étaient brûlés et l’on ne découvrait dans l’air aucune trace d’humidité. On vendangea à Dijon dès le 9 septembre.
1683 : On vendangea à Dijon le 13 septembre.
1684 : Cet été est le premier été chaud sur lequel on possède des données thermométriques. En France, la sécheresse. fut extraordinaire. On vendangea à Dijon dès le 4 septembre.
1852 : Dans le nord de la France, le mois de juillet 1852 est pratiquement aussi chaud que celui de l’année 1976. Les températures atteignent 35° à Lille, 36° à Paris et 39° à Montpellier.
1870 : fortes chaleurs en ce mois de juillet. C’est dans le Centre et le midi que l’on observe les températures les plus élevées avec 38°C à Toulouse, 39°C à Lyon, 40°C dans les Landes et 41°C à Poitiers.
1876 : l’été est chaud. Dans la capitale, la température dépasse la barre des 30° pendant plus de 15 jours d’affilée, 23 jours consécutifs dans le Maine et Loire.
1881 : le mois de juillet connait une vague de chaleur. Pendant plus de deux semaines, les températures atteignent des niveaux exceptionnels un peu partout : 38°5 à Paris, 39° à Nantes, 40°5 à Toulouse et Perpignan, 41° à Montpellier.
1884 : été exceptionnellement chaud partout en France. Juillet et août sont au plus haut. Malgré une chaleur qui dure, on ne bat de records même si l’on dépasse parfois les 35° du 7 au 10 août.
1892 : en août les températures dépassent 40° à l’ombre dans le sud-ouest et le Centre du pays.
1893 : un an plus tard le mois d’août est à nouveau torride et très sec. Cela perdure du 8 au 24.
1895 : septembre est exceptionnel de par ses températures. Ce fut le plus chaud et le plus sec de l’histoire des relevés météorologiques. La sécheresse est absolue sur toute la France sauf dans le sud-ouest. Entre le 2 et le 9 septembre, la température atteint 37° à Auxerre, 36° à Rennes et Limoges, 35°5 à Paris (record absolu), 35° à Orléans et 31° à Brest.Aucune goutte de pluie n’est observée à Paris du 14 août au 1er octobre. A Toulouse, la période sans pluie s’étend du 8 août au 29 septembre.
1898 : en août dans la Capitale, il faut remonter à l’année 1842 pour trouver un mois d’août aussi chaud. Une importante sécheresse sévit également sur toute la France. La température atteint 41° à Angoulême, 39° à Bordeaux et Limoges, 38° à Moulin et Angers, 37° à Orléans et Versailles.
1899 : été particulièrement chaud au sud de la Loire avec par exemple 29 jours de températures supérieures à 30° à Angers et 51 à Bordeaux.
1904 : le mois de juillet est exceptionnellement chaud. Le mois suivant la canicule et la sécheresse se poursuivent.
1923 : juillet et août sont très chauds. Au début d’août, on dépasse la barre des 40° dans plusieurs villes comme Cahors (40,5°), Bourges (41,1°) ou bien encore Toulouse.
1928 : la France subit deux importantes vagues de chaleur ; la première dès la mi-juillet avec 37° relevés à Lille. La seconde a lieu à la mi-août avec notamment 41° à Angoulême. La sécheresse est générale.
1933 : juillet et août très chauds. Les 30° furent dépassés pendant 42 jours dans l’Hérault notamment.
1934 : la fin de la première décade de juillet est torride sur le pays. Fréquemment, les températures dépassent les 35° à l’ombre.
1947 :cet été a connu 3 vagues de chaleur successives notables : du 26 au 28 juin (faible intensité), du 22 juillet au 4 août (forte intensité) et du 14 au 20 août (intensité modérée). La seconde vague du 22 juillet au 4 août constitue sans aucun doute le second épisode caniculaire le plus intense depuis l’après-guerre, après août 2003.
1952 : durant la première décade de juillet, une vague de chaleur exceptionnelle concerne toute la France – des records sont battus le 1er juillet où les températures dépassent 35° sur quasiment toutes les régions. On relève 37,4° à Strasbourg, 38° à Rouen et Paris, 39° à Nevers, 40° à Auxerre et Lyon, et même 41° à Vichy.
1957 : début juillet, on connait une vague de chaleur, qui ne s’était plus vue depuis 5 ans. Le 6, le mercure atteint 35° à Bourg St Maurice, 36° à Clermont Ferrand et 37°à Paris ainsi qu’à Reims.
1964 : chaleurs dans le Centre et l’est du pays. La sécheresse, violente, provoquera des dégâts aux vignes et aux arbres fruitiers.
1975 : début août, vague de chaleur. Les températures dépassent partout et quotidiennement les 30°, soient pendant 10 jours d’affilé – le point culminant de la chaleur est observé le 4 août avec 38° à Tours, Mont de Marsan et Bordeaux, 37° au Mans, Cognac et Biarritz, 36° à Paris, Rennes, Chartes, Orléans et Agen, 35° à Beauvais.
1976 : épisode de chaleur exceptionnel du 23 juin au 7 juillet. La sécheresse dont on parle encore souvent au moindre manque d’eau atteint des sommets notamment dans le NO du pays.
1983 : le mois de juillet est exceptionnellement chaud et sec du début jusqu’à la fin. Après un printemps pourri, on bat en plusieurs lieux des records de chaleurs où pour la première fois des stations atteignent officiellement la barre des 40° à l’ombre comme Ambérieu.
1990 : entre la mi juillet et le 15 août, la France subit 3 vagues de forte chaleur. On dépasse souvent les 35°. Le 21, le mercure frise les 39° dans le Bordelais. Début août, les 35° sont dépassés dans le nord du pays. Le 4 août, il fait jusqu’à 39° en Touraine, 37° sur Paris.
1998 : pendant l’été, le pays subit dans sa majorité des fortes chaleurs avec 35 à 42°. On atteint les 39° à Auxerre, 38° à Bordeaux et 42° en Corse.
2006 : du 10 au 28 juillet, même un peu avant dans le sud du pays comme le Vaucluse. Fin juin, on atteint déjà les 36° sur Nîmes. L’une des dernières vagues de chaleur intense pour notre pays. On atteint en début de mois les 38 à 39°. Le 19, on relève pas moins de 37° à Dieppe !. Ce mois de juillet est le plus chaud jamais enregistré à Paris-Montsouris (au moins 150 ans) et le plus chaud depuis au moins 50 ans sur toute la France. Il s’agit du deuxième mois le plus chaud de l’histoire après août 2003 (24°0 contre 24°2 en moyenne sur l’ensemble de la France).