Le 17 janvier 1946 …

… Abdelwahab Meddeb est un poète directeur de revue et enseignant.
On le présente souvent comme le meilleur antidote au radicalisme anti-Islam, autant qu’à l’Islam radical.
Il a notamment dit

« Mon rêve est de retrouver, par-delà les siècles, ce moment de grâce où dans l’Espagne des trois religions monothéistes la convivencia a été possible entre les hommes des trois livres. Un temps béni de tolérance et de coexistence fructueuse entre juifs, chrétiens et musulmans. »

Citation issue d’un entretien dans lequel il exprime son rêve de retrouver l’atmosphère de tolérance et de coexistence pacifique qui a existé pendant une certaine période en Espagne médiévale entre les communautés juive, chrétienne et musulmane.


Décédé en 2014, on peut ici à l’occasion de son hommage avoir une idée de l’Homme qu’il était.

Ou ici
Abdelwahab Meddeb (1/5) – Hommage


Après les derniers mots de l’hommage du philosophe Jean-Luc Nancy, un poème

« Tu es parti avec le poème / et tu resteras avec nous à jamais – c’est toujours toi qui le dis et nous le récitons avec toi.» 


Dédié à Edouard Glissant

Fantômes nuées qui traînent
à l’aurore

puissante mer
force sûre
que le roc mesure

vert noir diamant
merles et autres ventrus d’or
si près de la main

l’heure est sainte
s’y insinue le chat chasseur

au-dessus de ses pas
l’oiseau se lève
de juste distance
hors la portée du bond

ah ! toujours l’air
qui sépare

coups d’ailes
que rompent les doigts
qui pincent le papillon

le duvet s’empreint
dans l’aire qui se donne
à l’encre policière

si fort le ressac
atonal sériel
dissonant

et cette mer qui se brise
blanche sur la rive
de roches noires

parler avec les pierres
marcher pieds nus
sur un tapis de galets

celui-ci a la forme d’un cœur
qui emplit la main

pierre drue trouée
à son toucher
se purifie la vieille

c’était une enfance de prière

la nostalgie est un désir
qui brûle où le roseau
fut coupé de sa jonchaie

antique poète d’Arabie
qui porte haut
la couleur de sa peau

que serait l’aurore
sans le noir de la nuit ?

l’injustice a le goût du fiel
qui se dissout dans le vin
au bord de l’amer

c’est l’homme de ce vin
qui chante la fin de l’injuste
noyée dans la coloquinte

d’une ivresse montée du désert
le corps se déhanche
à la fugue de la mer

vent, vent
qui fait danser les palmes
ailes d’ange

rumeur verte
qui évite le piège
de la langue familière

souffle de compassion
rien sinon ces fétus
que le vent appose
sur les cils

serait-ce la maison du pauvre
qui cahote sous le signe
d’une comète
se mordant la queue ?

fenêtre sans vitre
vent qui rafraîchit
la chambre
après l’averse

ni poussière ni froid
la peau de la femme noire
pure soie

huit pétales
autour d’un hexagone
fleur qui s’épand

le château voyage
du fond des Pouilles
jusqu’en Amérique

quel ange t’a-t-il transporté
quel djinn quel démon
quelle fée quel téléphone

t’a fait venir aussi vite
que la voix
qu’aucun souffle ne dévie

passe tes matins
sous le kiosque en bois
dans le jardin que la pluie
perle

maison où s’entend la mer
écume qui lave le souvenir du sang

la roche offre son creux noir
derrière les touffes de fougère

une mer de décembre
et ce n’est pas l’hiver
naufrage des contritions

c’est un autre continent
qui gave le soleil
d’une vérité à la joie donnée

les gerbes d’argent
bannières sur le champ
de cannes

en elles le ciel se réfracte
gris azur qui court violet
à tout vent
crinière de cheval

le diamant
trône de Dieu
qui flotte sur l’eau

quand le monde
n’était que nuée
informe

lui seul scintillait
en ces temps de cécité

corps à corps
avec la houle
ce matin très haute

chaleur du vivant
qui instaure dans l’eau
le désordre des draps

de la grève au chemin
de cendre vers le Morne
retrait de l’insoumis

sous les pas crissent
les mille écailles
d’un ossuaire pétrifié

l’Indien ne jouit plus
de l’arbre dais qui ombre
une litière où le natif
fut coupé en morceaux

que reste-t-il d’une nation
enchaînant les déportés
aux anéantis ?

les mots s’échangent
sous le préau ouvert
sur ce qui provient
des fleurs dans les près

grimpant les versants
d’une campagne
qui accroît la ville

entre l’insecte et l’oiseau
vibratile noir luisant
nerveux fébrile

il plonge son bec
comme trompe
qui aspire les cœurs
jaunes rouges

extraire aux tréfonds
le suc de ces soleils
du zénith au couchant

fiente qui se
…            

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   …d’air décape          

la pluie érode
les tuiles sur le toit

aux Tropiques l’histoire
rabote les rugosités
qui résistent

l’air s’incarne moite
la rive se donne sonore
la nuit les poissons danseront

sur le fil qui relie
les mâts aux archives
où se déplient les noms
des révoltes matées

avec toi de la véranda
se pencher sur une mer
blanche d’une colère
qui égruge les bris de volcan

pas de mur autour des jardins
ni des parcs
là se lève haut l’arbre
éventail pour une ronde
de totem

d’autres arbres
que l’ouragan dépouille
souches dont les racines
desserrent un gémissement
de glaise

touaou à tire d’ailes
frôlant l’eau
portant au bec le sel
qui s’incrustera sur l’accoudoir
du trône

comment ne pas le craindre
auréolé par le soleil
qui se fixe à sa droite
à l’heure où l’orange
s’éloigne

profil d’arc brisé
immense iwân
sur sa roide arête
chemine le véhicule du temps

les nuées matière
où de nouveau se découpent
les silhouettes des fantômes

sur la route de la nuit
le ciel s’exile
les étoiles de très basse
lumière

mouvante surface d’eau
qui avance
pour offrir je ne sais quelle
gerbe d’atomes
échappant à la prise

l’œil ne peut fouiller
le silence du buisson
qui flamboie au tintement
de ses paillettes mauves

le soleil fuit
en sa fixité mobile
les paupières tremblent
au sifflement des sphères

ô nuit future
qui assombrit le trône
à la taille de l’iwân
toujours debout
à Ctésiphon

ce sont les Tropiques
qui maintenant
s’en prennent à Chosroès

le jour des ondées
finit en éclat
ligne brisée de l’éclair
figé au contour de la nuée
en son dernier soupir

et qui vous dit
que le règne des pères
c’est la gloire ?

seuls les fils de leurs mères
scrutent le trône déguisé
en diamant autrement taillé

dans la cavité de la compassion
sourd l’eau des filles

après avoir perdu pied
titubé chaviré
ô les senteurs d’aisselles

vanille cannelle
fèves et barres de cacao
fleurs de piment que relaie
la mandarine séparée
de sa peau

au carrefour où le rhum
croise banane et coco
doré aux rayons
du fruit qui fermente

soleil suspendu la nuit
sur les têtes des femmes
exclues du plaisir
veillant nonchalantes
le hangar

fumigations et plafond
qui enserrent l’envol
vers d’invisibles étoiles

Le 4 Janvier 1888 …

… est né dans le Mississipi un poète qui sera naturalisé anglais et…

qui s’est vu décerner le prix Nobel de littérature six ans après la publication de son recueil Quatre Quatuors. Oeuvre qui vaudra un prix (prix « Denyse-Clairouin ») à sont traducteur Pierre Leyris.

Dans le journal Combat (tendance à gauche) de janvier 1948, Maurice Nadeau, donne un long article consacré à T.S. Elliot. Il y évoque notamment les raisons pour lesquelles T.S. Eliot ne serait et ne pourrait être un écrivain populaire.

« (il) ne sera jamais un poète populaire.
Non que le grand public soit tout a fait imperméable à une parole qui serait à la fois forgée par Valéry, Claudel et Michaux, non même que cette poésie soit, comme celle de Mallarmé par exemple, difficilement accessible.
Eliot parle au contraire simplement et sans prétention, mais ce qu’il dit a moins d’importance que ce qu’il cache et, qui veut comprendre son œuvre, en percer les intentions, en saisir les allusions et en compléter les ellipses, doit posséder une somme de connaissances extraordinaire.
Nous n’avons pas en lui une âme qui se met à nu, le chantre d’un milieu, d’une époque ou d’une civilisation, bien qu’il puisse être considéré sous chacun de ces angles, mais quelqu’un qui assume toute l’histoire de l’humanité, des origines à nos jours, qui la suppose connue au même degré par le lecteur et constamment présente à son esprit.
Il a voulu s’insérer dans une tradition appréhensible par la seule poésie et qui comprend l’Orient, la Grèce, Rome, Jérusalem, l’Occident et, pans cet Occident, aussi bien la lignée anglo-saxonne que la latine. Il a déclaré que ses premiers poèmes procédaient à la fois de Jules Laforgue et du théâtre élisabéthain, mais on retrouve chez lui des parentés avec Whitman, Edgar Poe, Shakespeare, Milton, Dante, Nerval, Mallarmé, Proust, tandis que son apport personnel a été comparé à celui des futuristes russes ou de Dada.
Terme de la poésie de son époque, sa création est jugée si neuve qu’elle influence la jeune poésie anglaise depuis vingt ans. en présence de cette œuvre, mince par le volume mais de dure consistance, violente et contrastée, allusive et elliptique, l’intuition, le cœur, l’intelligence, le savoir sont mobilisés et, dans l’impossibilité de se tenir constamment à hauteur du modèle, on doit se contenter, pourtant, de la plus vague des critiques impressionnistes.
Eliot, par sa poésie, touche les gens que ses théories rebutent le plus. Personnellement, nous ne nous sentons guère attiré vers quelqu’un qui formule sur lui-même des définitions de ce genre : « ma position est celle d’un catholique en religion, d’un royaliste en politique et d’un classique en littérature », ou qui, descendant dans l’arène, déclare : « pour ma part, une bonne politique implique une bonne théologie, et une économie aine est en fonction directe d’une ne. Consciemment et volontaire- bonne morale ».
Ses théories poétiques, elles-mêmes vont à contrecourant des conquêtes de la poésie moderne qui a voulu être voyance et connaissance, « dérèglement des sens », création d’émotions nouvelles, vie véritable substituée à la vie quotidienne, cri d’amour, de haine ou de désespoir, prophétie : « L’affaire du poète, écrit Eliot, n’est pas de trouver des émotions nouvelles, mais d’utiliser les émotions courantes, et, les œuvrant poétiquement d’exprimer des émotions qui ne se trouvent pas dans ses sentiment.
Une grande part de l’acte poétique doit être consciente et volontaire. La poésie n’est pas l’expression d’une personnalité mais évasion à partir de cette personnalité… »
Paul Valéry a dit quelque chose d’approchant et s’y est tenu. En ce qui concerne Eliot, ces déclarations n’ont aucune importance, sa poésie les faisant éclater sur toutes les coutures.

son langage qu’il voulu le plus près possible du langage parlé. C’est même en cela qu’il lait résider sa révolution poétique : user du parler commun, seul moule à un moment donné de la sensibilité d’une époque. Pour Eliot, il n’existe pas, a proprement parler de langage poétique, la prose la plus prosaïque devenant poésie pour peu que le poète l’anime de son rythme :

« La vaisselle du breakfast tinte dans [les sous-sols Et le long des trottoirs piétinés de la grue J’ai conscience que l’âme humide des [servantes Perce languissamment aux entrées de service…» (Matin à la fenêtre).

Poème au titre italien (Deux des trois strophes Traduit par Jean Wahl) :

LA FIGLIA CHE PIANGE (la fille qui pleure)

Tenez-vous sur la plus haute marche de l’escalier —
Penchez vous sur l’urne du jardin —
Tissez, lissez le rayon de soleil dans vos cheveux —
Serrez les fleurs sur vous avec une surprise douloureuse
Jetez-les vers le sol et détournez-vous
Avec un ressentiment fugitif dans vos yeux :
Mais tissez ; tissez le rayon de

.           … et pleurant,
C’est ainsi qu’il serait parti
Comme l’âme laisse le corps meurtri et déchiré,
Comme l’esprit laisse le corps dont il a usé.
Je trouverais
Une voie très légère et habile,
Une voie que nous comprendrions tous deux,
Simple et sans foi comme un sourire et un serrement de main
….

(Pour lire la grille plus facilement, cliquer ici)

Le poème en anglais, les trois strophes, lue ici par T.S. Eliot lui-même.

3 Janvier 1892 …

… nait celui qui fera revivre le conte, que l’on écoute lorsque la nature est en sommeil, au coin du feu, ainsi que les légendes qui le sous-tendent, et qui donnera à rêver : tranquillité, menace, combats, amitié et bien sur, magie, à des millions d’humains de tout âge.

John Ronald Reuel Tolkien, est connu comme romancier, auteur de la célèbre trilogie du Seigneur des Anneaux. Mais il est aussi poète. On pourrait presque dire surtout poète. Car si l’on trouve des vers dans son œuvre majeure, sa prose est également très poétique autant dans ses thèmes que dans son style.

Un passage entier du premier tome du seigneur des anneaux a été retiré dans le film de Peter Jackson.
C’est précisément parce qu’il aurait fallu traduire en image ce chapitre dont la poésie déborde largement la chanson du personnage étrange qui lui donne son titre.

Tom Bombadil

Holà ! Viens gai dol ! derry dol ! Chérie !
Légers sont le vent du temps et l’étourneau ailé.
Là-bas sous la colline, brillante au soleil,
Là est ma belle dame, fille de Dame Rivière,
Mince comme la baguette de saule, plus claire que l’onde.
Le vieux Tom Bombadil, porteur de lis d’eau,
Rentre de nouveau en sautillant. L’entends-tu chanter ?
Holà ! Viens gai dol ! derry dol ! et gai ho,
Baie d’or, baie d’or, gaie baie jaune, oh !
Pauvre vieil Homme saule, retire tes racines !
Tom est pressé à présent. Le soir va suivre le jour.
Tom rentre, porteur de lis d’eau.
Holà ! viens derry dol ! M’entends-tu chanter ?

C’est dans la demeure de cet être-universqui est à la fois au-dessus et en dehors de tout ce dans quoi se débattrons les divers êtres de la terre du milieu – que la communauté de l’anneau va rencontrer Baie d’Or, fille de la rivière. (« merveilleuse et pourtant point étrange » une belle définition de la poésie … lorsqu’elle touche celui qui l’écoute ou la lit)

— Belle dame Baie d’Or ! dit enfin Frodon, le cœur gonflé d’une joie qu’il ne comprenait pas.

Il se tenait là, comme il lui était arrivé parfois de rester, enchanté par de belles voix elfiques ; mais le charme sous lequel il se trouvait à présent était différent : le plaisir était moins aigu et moins sublime, mais plus profond et plus proche d’un cœur de mortel ; merveilleux et pourtant point étrange :

— Belle dame Baie d’Or ! répéta-t-il. À présent, la joie cachée dans les chants que nous entendions m’est rendue claire.

Ô toi, svelte comme une baguette de saule !
Ô toi, plus claire que l’eau claire !
Ô toi, roseau pris du vivant étang ! Belle fille de la rivière !
Ô toi, printemps et été, et de nouveau printemps après !

Il s’arrêta soudain et se mit à bégayer, succombant à la surprise de s’entendre prononcer pareilles choses. Mais Baie d’Or rit.

Ô toi, vent sur la cascade et rire des feuilles !

Il existe des poèmes qui ne sont pas dans les romans publiés par Tolkien, certains n’ont été édités qu’après sa mort. C’est le cas de la version ultime de ce texte, emprunt de la nostalgie qui habitait Tolkien, écrit initialement dans la langue qu’il a inventé.

La dernière arche 

Qui verra un vaisseau blanc
quitter le dernier rivage,
les pâles fantômes en son sein froid
telles des mouettes qui gémissent ?

Qui remarquera un vaisseau blanc,
léger comme un papillon
dans la mer qui monte,
sur des ailes telles des étoiles,
la mer qui enfle,
l’écume qui souffle,
les voiles qui brillent,
la lumière qui s’évanouit ?

Qui entendra rugir le vent
telles les feuilles des forêts ;
les rochers blancs qui grondent
dans la lune qui scintille,
dans la lune qui décroît,
dans la lune qui tombe,
une chandelle-cadavre ;
le tonnerre qui murmure,
l’abîme qui remue ?

Qui verra s’assembler les nuages,
les cieux qui se penchent
sur les collines qui s’effondrent,
la mer qui se soulève,
l’abîme qui bâille
les ténèbres anciennes
au-delà des étoiles qui tombent
sur des tours effondrées ?

Qui remarquera un


dans le dernier matin ?

Qui verra le dernier soir ?
     

(Pour lire la grille plus rapidement, cliquer ici)


Une poésie simple, celle des Hobbit, cette simplicité qui permettra à Frodon d’éviter la tentation du pouvoir. Cette simplicité qui permet de voir, d’entendre, de sentir et de toucher, tout ce qui donne au monde forgé ou non par la main de l’homme, ses sons parfois musique , ses odeurs parfois parfum, ses formes et matières, parfois caressantes, accueillantes… blessantes.

La route se poursuit sans fin.
Descendant de la porte où elle commença.
Maintenant, loin en avant, la route s’étire.
Et je la dois suivre, si je le puis
La parcourant d’un pied avide,
Jusqu’à ce qu’elle rejoigne quelque voie plus grande
Où se joignent maints chemins et maintes courses.
Et vers quel lieu, alors ? Je ne saurais le dire.
Dans l’âtre, le feu est rouge,
Sous le toit, il y a un lit ;
Mais nos pieds ne sont pas encore las,
Nous pouvons encore rencontrer derrière le tournant
Un arbre soudain ou une pierre levée
Que nul autre n’a vu que nous seuls.
Arbre, fleur, feuille, herbe,
Qu’ils passent ! Qu’ils passent !
Colline et eau sous le ciel,
Passons-les ! Passons-les !

Encore derrière le tournant peut attendre
Une nouvelle route ou une porte secrète,
Et, bien que nous les passions aujourd’hui,
Demain nous pouvons revenir par ici
Et prendre les sentiers cachés qui courent
Vers la lune ou vers le soleil.
Pomme, épine, noix et prunelle,
Laissons-les ! Laissons-les !
Sable et pierre, étang et combe,
Adieu ! Adieu !

La maison est derrière, le monde devant,
Et il y a bien des chemins à parcourir
À travers les ombres jusqu’à l’orée de la nuit,
Jusqu’à ce que les étoiles soient toutes allumées.
Alors, monde derrière et maison devant,
Nous reviendrons vers la maison et le lit.
Brume et crépuscule, nuage et ombre,
S’évanouiront ! S’évanouiront !
Feu et lampe, et viande et pain,
Et puis au lit ! Et puis au lit !