15 Aout 1806 …

La première pierre de l’Arc de Triomphe (de Napoléon) de l’Etoile est posée.

Après avoir été proche de l’abandon, notamment, lors de la restauration, trente ans après la pose de cette première pierre, le monument fut inauguré le 29 juillet 1836, quinze années après la mort de Napoléon premier.

De vivant de Napoléon Bonaparte, un simulacre du monument, en bois et toiles, fut dressé, à l’occasion de son mariage avec Marie-Louise d’Autriche. Celui-ci fut construit en un temps record « Grâce à ces mesures énergiques, sinon sociales« 

« Charpentiers ! Le conseiller d’État, préfet de Police, est indigné de votre conduite. Vous avez abusé des bontés du gouvernement. Vous avez exigé 18 francs par jour et plusieurs d’entre vous ont osé dire qu’ils demanderaient 24 francs. Il est temps qu’un tel abus cesse. Vous n’aurez plus que 4 franc par jour. Le conseiller d’État, préfet de Police, vous met tous en réquisition. Il vous est défendu …

(Texte en clair)

 …travailler à Paris ».


Pour la petite histoire plus complète de cette aventure architecturale


Ce simulacre, fut orné de bas reliefs à la gloire de l’Empereur, qui ne furent pas reproduit par la suite sur l’Arc de triomphe en dur.
On en comprend la raison et les voyant et en lisant les inscriptions qui en donnent, à la manière des journalistes de notre époque, ce qu’il faut y lire, et ce qu’il faut en comprendre de louanges mérités, concernant l’homme qui a creusé durablement la pyramide des âges de la France du côté des hommes en âge de faire la guerre (ainsi que de celui des chevaux et des ânes).

« L’empereur assis, la main appuyée sur sa redoutable épée, est couronné par la Victoire. Sa majesté pardonne avec aux ennemis qu’il a vaincus. Ceux-ci sont figurés par des soldats qui viennent déposer les armes à ses pieds. On aperçoit entre ce groupe et sa majesté, un trophée d’armes de toute espèce, et dans le lointain un camp couvert de tentes. Ces attributs rappellent la vie active et guerrière de l’empereur.
On pourrait rapporter ici plusieurs traits de modération de sa majesté au sein même de ses plus brillantes victoires. On pourrait citer également plusieurs traits de sa clémence*; mais c’est à l’histoire qu’il appartient de les consacrer, et d’ailleurs, dans ces jours de fête et d’allégresse, on ne doit offrir à la mémoire rien de ce qui peut rappeler les souvenirs de guerre. »

« L’empereur, revêtu des habits impériaux et place sur son trône, indique de la main les tables où sont inscrits le code civil et le code criminel. Près de là sont groupés tous les attributs de la justice.

Pénétrés de reconnaissance pour un si grand bienfait qui assure le bonheur et la tranquillité des générations présentes et futures, des citoyens de tout âge et de toute condition se prosternent devant le héros législateur, et lui adressent des actions de grâces. L’innocence, sous la figure d’une jeune vierge, assurée désormais de la protection des lois, se livre paisiblement au sommeil, au pied du trône de sa majesté. »

« Au centre de ce bas-relief, on voit l’empereur drapé d’un manteau ; le ministre de l’intérieur et quelques personnes de marque sont près de lui. Sa majesté montre de la main, aux architectes dont il est entouré, les changemens à faire sur les plans qu’on soumet à son approbation. Des ouvriers, placés aux deux extrémités du bas-relief et occupés à divers tra vaux, servent à indiquer la rapidité avec laquelle s’achèvent les embellis semens de Paris. Dans le fond, on aperçoit la colonnade du Louvre, monument dont la restauration seule, est un des plus grands travaux qu’on put entreprendre.

 La postérité n’apprendra pas sans étonnement que ce palais, commencé sous François Ier, et continué sans pouvoir être achevé par tous les rois qui succédèrent à ce monarque, fut terminé en quelques années, sous le règne de Napoléon. »

« Des négociants présentent à l’empereur les produits de toute espèce, sortis de leur fabriques. Sa Majesté, qui s’empresse d’honorer le mérite dans toutes les classes, les accueille avec bienveillance et s’entretient avec eux sur les moyens de perfectionner les manufactures françaises; elle tient d’une main le code du commerce, et donne de l’autre à l’un des négociants l’étoile de la légion d’honneur, noble récompense de leur activité et de leur industrie.

 

Sur la gauche du spectateur, on voit une barque chargée de marchandises et prête à toucher au port; la barrière de La Villette qui paraît dans le lointain, sert à faire reconnaître que cette barque navigue sur le canal de l’Ourcq, nouvelle source de richesses et de prospérité pour le commerce de Paris. »

(source : https://www.senat.fr/fileadmin/cru-1681198794/import/files/fileadmin/Fichiers/Images/archives/Images/Fonds_precieux/arc_de_triomphe.pdf)

Concernant les fresques qui ornent l’Arc de Triomphe définitif (celui en pierre)
voir ici

14 Aout 1972 …

Mort de Jules Romain auteur célèbre pour sa pièce de théâtre « Knock ou le triomphe de la médecine »

Extrait :

LE TAMBOUR

Je ne pourrai pas venir tout à l’heure, ou j’arriverai trop tard. Est-ce que ça serait un effet de votre bonté de me donner ma consultation maintenant ?

KNOCK

Heu… Oui… Mais dépêchons-nous. J’ai rendez-vous avec M. Bernard, l’instituteur, et avec M. le pharmacien Mousquet. Il faut que je les reçoive avant que les gens n’arrivent. De quoi soufrez-vous ?

LE TAMBOUR

Attendez que je réfléchisse ! (Il rit.) Voilà. Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.

KNOCK, d’un air de profonde concentration.

Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?

LE TAMBOUR

Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.

KNOCK

Désignez-moi exactement l’endroit.

LE TAMBOUR

Par ici.

KNOCK

Par ici… où cela, par ici ?

LE TAMBOUR

Là. Ou peut-être là… Entre les deux.

KNOCK

Juste entre les deux ?… Est-ce que ça ne serait pas plutôt un rien à gauche, là, où je mets mon doigt ?

LE TAMBOUR

Il me semble bien.

KNOCK

Ça vous fait mal quand j’enfonce mon doigt ?

LE TAMBOUR

Oui, on dirait que ça me fait mal.

KNOCK

Ah ! ah ! (Il médite d’un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?

(Texte en « clair » )

KNOCK

Ah ! ah ! très important. Ah ! ah ! Quel âge avez-vous ?

LE TAMBOUR

Cinquante et un, dans mes cinquante-deux.

KNOCK

Plus près de cinquante-deux ou de cinquante et un ?

LE TAMBOUR, il se trouble peu à peu.

Plus près de cinquante-deux. Je les aurai fin novembre.

KNOCK, lui mettant la main sur l’épaule.

Mon ami, faites votre travail aujourd’hui comme d’habitude. Ce soir, couchez-vous de bonne heure. Demain matin, gardez le lit. Je passerai vous voir. Pour vous, mes visites seront gratuites. Mais ne le dites pas. C’est une faveur.

LE TAMBOUR, avec anxiété.

Vous êtes trop bon, docteur. Mais c’est donc grave, ce que j’ai ?

KNOCK

Ce n’est peut-être pas encore très grave. Il était temps de vous soigner. Vous fumez ?

LE TAMBOUR, tirant son mouchoir.

Non, je chique.

KNOCK

Défense absolue de chiquer. Vous aimez le vin ?

LE TAMBOUR

J’en bois raisonnablement.

KNOCK

Plus une goutte de vin. Vous êtes marié ?

LE TAMBOUR

Oui, docteur.

Le Tambour s’essuie le front.

KNOCK

Sagesse totale de ce côté-là, hein ?

LE TAMBOUR

Je puis manger ?

KNOCK

Aujourd’hui, comme vous travaillez, prenez un peu de potage. Demain, nous en viendrons à des restrictions plus sérieuses. Pour l’instant, tenez-vous-en à ce que je vous ai dit.

LE TAMBOUR s’essuie à nouveau.

Vous ne croyez pas qu’il vaudrait mieux que je me couche tout de suite ? Je ne me sens réellement pas à mon aise.

KNOCK, ouvrant la porte.

Gardez-vous-en bien ! Dans votre cas, il est mauvais d’aller se mettre au lit entre le lever et le coucher du soleil. Faites vos annonces comme si de rien n’était, et attendez tranquillement jusqu’à ce soir.

Le Tambour sort. Knock le reconduit.

13 Aout 1881 …

Le « Journal amusant » évoque la canicule du mois précédent dans un dessin de Charles Constant Albert Nicolas d’Arnoux de Limoges Saint-Saëns dont le nom d’artiste est Bertall.


le mois de juillet connait une …

(texte en clair)

38°5 à Paris, 39° à Nantes, 40°5 à Toulouse et Perpignan, 41° à Montpellier.


Les étés de chaleur mémorables : de 500 à 2013

(source : http://www.meteo01.fr/chroniques/chaleur.php

584 : Dans les Gaules les arbres portèrent des fruits au mois de juillet; Ils en donnèrent de nouveaux en septembre. La sécheresse fut très-grande.


587 : En octobre, après les vendanges, on vit dans les vignes de nouveaux sarments avec les grappes fournies, et sur d’autres arbres des feuilles nouvelles et de nouveaux fruits.


588 : Les arbres fleurirent en automne et donnèrent des fruits pareils à ceux qu’on avait déjà recueillis; des roses parurent au neuvième mois (en décembre). 

775 : L’été fut chaud et toutes les fontaines furent taries. 

783. L’été fut tellement ardent cette année que beaucoup do personnes expirèrent de chaleur.


869 : A la suite de l’été, une horrible famine frappe un grand nombre de provinces en France et en Bourgogne. Il meurt une effrayante quantité d’hommes, et telle est la détresse qu’on mange de la chair humaine.


872 : L’été fut dans les Gaules d’une chaleur étouffante ; on eut presque continuellement des orages. Beaucoup de personnes périrent et les récoltes manquèrent.


874 :. L’ardeur de l’été et sa longueur amènent la sécheresse des foins et la disette du blé. La famine et la peste qui se déclarèrent à la suite de cette saison dans la Gaule emportèrent le tiers de la population.

921 : La chaleur de l’été fut très forte et l’on eut cette années beaucoup de vin. La sécheresse fut presque continue pendant les mois de juillet, août et septembre.

928 :  Dans le canton de Reims les vendanges furent presque finies avant le mois d’août.

987 : La chaleur extrême de l’été fit périr beaucoup de monde et la récolte des fruits fut presque nulle.

988 : Il y eut de la mi-juillet au milieu d’août une chaleur si ardente que nombre de personnes succombèrent; la récolte des fruits fut beaucoup moindre que d’ordinaire. L’ardeur du Soleil et la sécheresse dévorèrent tout : il y eut famine.


993 : Depuis la Saint-Jean (24 juin) jusqu’au 9 novembre, c’est-à- dire pendant presque tout l’été et l’automne, Il fit une sécheresse et une chaleur excessives; beaucoup de fruits ne vinrent point à maturité et furent brûlés par l’ardeur du Soleil. Il s’ensuivit une épidémie et une grande mortalité sur les hommes et les animaux domestiques. (

994 et 995 : La chaleur dut être intense et continue pendant ces étés, car les chroniqueurs rapportent que la sécheresse fut si terrible, que les poissons périssaient dans les étangs, que les arbres s’enflammaient spontanément, que les fruits et la récolte du lin ont été anéantis. En 995, la plupart des fleuves de l’Europe étaient assez bas, disent-ils, pour qu’on put les traverser à gué.

1034 : Cette année se montra chaude et tellement abondante en blé, en vin, en fruits de toutes sortes, que la récolte égala celle de cinq années réunies.

1053 : Ce fut une année de chaleur et de sécheresse prolongée au nord de la France. 

1078 :  Il y eut cette année une sécheresse et une chaleur qui desséchèrent les prés. On obtint néanmoins une bonne récolte: on cueillit les fruits en juin, et le vin fut très abondant.

1083 : L’ardeur de l’été fut telle que non-seulement des hommes y succombèrent, mais qu’elle fit périr le poisson dans les étangs.


1102 : L’été fut excessivement chaud.


1113 : La chaleur fut si forte au mois de juin, que les moissons et les bois même s’enflammaient, dit-on, spontanément.


1135 : La chaleur et la sécheresse furent extrêmes : les pâturages et les récoltes furent grillés; il s’ensuivit une cherté excessive et la famine. Les rivières et les sources furent taries;
les bruyères des montagnes et les bois desséchés s’enflammèrent, dit-on, par l’ardeur des rayons solaires. Le Rhin, à peu près sec, put être traversé à pied dans plusieurs endroits.

1136 : Vers le solstice d’été il y eut en France une chaleur inaccoutumée et tellement forte, que les personnes, les troupeaux et les biens de la terre en éprouvèrent de funestes
effets.

1137 : L’été suivant fut encore excessivement chaud et sec. Les rivières navigables furent traversées à pied en quelques endroits. En France, les puits et les fontaines ne donnaient
plus d’eau, et beaucoup de paysans périrent de soif.



1177 : L’été fut très sec et très chaud. La sécheresse fut si forte que les semences furent perdues il n’y eut ni blés ni foins. On vendangea dès le mois d’août, et le vin fut excellent.

1186 : La moisson se fit en mai et les vendanges eurent lieu en août.


1188 : ce fut une chaleur et une sécheresse extraordinaires, au point que dans beaucoup d’endroits les fleuves, les sources et les puits furent taris; la France souffrit de nombreux désastres par les incendies.


1224 : Les chaleurs de cet été furent si fortes, que les grains séchèrenet sur pied. Des vents violents, qui régnèrent pendant tout le mois d’août, achevèrent de dépouiller les campagnes.

1228 : L’été fut si chaud cette année que la moisson fut entièrement terminée à la saint Jean (mi-juin).


1240 : L’été fut sec et ardent. Les vins de cette année furent tellement forts, qu’on ne pouvait les boire sans eau.

1251 : Cet été fut d’une chaleur excessive et intolérable la mortalité qui l’accompagna était si grande que dans quelques paroisses on enterra une centaine de personnes en un mois. Le vin manqua en France. 

1257 : L’été fut excessivement chaud et parut se prolonger jusqu’à la Chandeleur.


1277 : Cet été fut chaud. Il régna une extrême sécheresse; les plus grandes rivières, les puits, les sources furent complètement à sec. Il en résulta une grande mortalité. La foudre tomba en
beaucoup de lieux pendant les mois d’août et de septembre.

1288 : «Fust grand année de vins, de foings et glans, et en aoust fist si grant chault, que les oiseaux mouroient aux champs ». Dans quelques endroits des personnes périrent suffoquées.


1305 et 1306 : Ces deux étés furent extrêmement secs en France et probablement très chauds. Les biens de la terre souffrirent beaucoup.

1321 : L’été fut excessivement chaud et sec; les fontaines et les rivières furent desséchées; les animaux domestiques et le bétail souffrirent extrêmement. Beaucoup de malheureux succombèrent, faute d’eau pour se désaltérer. 

1325 : L’été fut extrêmement ardent. (Le continuateur do Nangls.)


1358 :  Une chronique du pays messin dit que cette année « les raisins estoient tous croistis et sechoient en vigne, par la grande chaleur qu’il fesoit. Le setier de vin sepayoit cinq
sols. »  

1420 : On commença les vendanges à Dijon le 25 août, c’est à dire 30 jours plus tôt que l’époque moyenne. Dans le pays messin, l’année fut aussi très récoce. Dès les premiers jours d’avril les paysannes venaient à la porte de la cathédrale de Metz offrir des bouquets de muguet. Le 10 de ce mois, les fraises étaient mûres. Le 22 juin, les raisins mêlaient; le 22 juillet, les vendanges étaient faites, et l’on buvait à Magny du vin nouveau à la fin du mois.

1422 : On commença les vendanges à Dijon le 28 août.

1434 : On vendangea à Dijon dès le i » septembre.

1442 : Dans le pays messin, la chaleur fut telle, du mois d’avril au mois de juin, que plusieurs gens allaient en chemise et n’avaient mis ni de robes ni de chausses. » Une partie du vin s’aigrit dans les cuves. On commença les vendanges à Dijon le 13 septembre.

1466 : Les chaleurs excessives de l’été causèrent beaucoup de maladies contagieuses dans la seule ville de Paris. Elles emportèrent plus de quarante mille personnes, et en chassèrent un
bien plus grand nombre. Cependant on ne commença les vendanges à Dijon que le 27 septembre. Le prix des grains doubla cette année. La chaleur fut accablante dans le pays messin. Le vin fut meilleur qu’Il n’avait été depuis trente ans.

1473 : La chaleur et la sécheresse furent si intenses cette année, que les forêts s’enflammaient, dit-on, spontanément. Toutes les rivières furent taries. Le Danube put être traversé à gué en
Hongrie. Cette sécheresse dura trois années. On fit les vendanges à Dijon dès le 29 août. La chaleur fut tellement forte cette année dans le pays messin, que dès le 1″ mai on vendait les cerises à la livre, et des raisins mûrs à la Saint-Pierre (27 juin); les vendanges étaient terminées au mois d’août. On ne récolta point de légumes, par suite de la grande sécheresse.

1477 : L’été ne fut sans doute pas aussi  chaud en France qu’en Italie notamment, car on ne vendangea à Dijon que le 11 octobre et à la Saint-Etienne d’août (le 2) les raisins n’étaient  pas encore mêlés dans le pays de Metz.

1482 : Le 17 mars on vendait des fraises au marché de Metz, et le 24 juin, du raisin devant la cathédrale. On commença les vendanges à Dijon le 16 septembre.

1483 : On vendait du raisin à Metz le 13 juin.

1484 : Dans le pays messin, après la vendange qui eut lieu vers le 8 octobre, les vignes, favorisées par une forte chaleur, donnèrent de nouveaux bourgeons. On vendangea deux fois dans  l’année.

1493 : L’été fut très-chaud.


1498 : Il fit si chaud du côté de Metz, que les cultivateurs durent arroser leurs champs. Les pressoirs étaient fermés dès le milieu de septembre, et le vin fut très bon. La vendange n’eut lieu à Dijon que le 26 septembre. Le prix des grains fut élevé en France.

1500 : On commença les vendanges cette année à Dijon le 14 septembre. Le 19 août on buvait à Liège du vin nouveau.


1504 : Jehan Molinet s’exprime ainsi dans sa chronique do Bourgogne « ….Le temps d’esté, merveilleusement plein de  chaleur et sans plouvoir, pourquoy maladies et flebvres s’acherdoient aux gens à peu do tous estats. En plusieurs lieux furent piteux feux de meschiefz pour la sécheresse du temps.») On commença les vendanges à Dijon le 14 septembre.

1517 : On ne commença à vendanger à Dijon que le ’20 septembre. La moisson fut abondante en France.

1522 : On commença les vendanges à Dijon le 5 septembre.

1523 : Les chaleurs furent excessives pendant le mois d’août en Italie. On vendangea à Dijon dès le 26 août.

1536 :On commença les vendanges à Dijon le 8 septembre.

1538 : On vendangea à Dijon vers le 20 septembre.

1540 : L’été fut cette année, au rapport des contemporains, beaucoup plus chaud et plus sec que dans un grand nombre d’années précédentes. En Angleterre la sécheresse fut également excessive; les puits, les fontaines, les rivières furent mis à sec. La Tamise devint si basse que l’eau salée remonta au-dessus du pont de Londres. L’aridité de cette saison fut telle en Allemagne, qu’il y eut disette de beaucoup de choses nécessaires à la vie. En revanche, on récolta sur les plus mauvais coteaux des vins forts et précieux En Belgique la moisson et la vendange furent terminées vers le commencement d’août. On ne vendangea cependant Dijon que le 4 octobre. Le prix des grains diminua en France de moitié Les glaciers des Alpes se fondirent.

1552 : on vendangea à Dijon dès le 13 septembre.

1556 : On éprouva encore cette année des chaleurs excessives en France où les sources furent taries. On vendangea à Dijon le 5 septembre. Ce fut une année de cherté des grains.

1558 : Le printemps, l’été et l’automne furent chauds et secs dans une grande partie de l’Europe. On vendangea à Dijon le 30 septembre.

1559 : On vendangea à Dijon dès le 4 septembre, c’est-à-dire 20 jours plus tôt qu’en moyenne.

1578 : On vendangea à Dijon le 22 septembre.

1583 : On vendangea à Dijon dès le 13 septembre.

1590 : Une chaleur et une sécheresse très-fortes régnèrent cette année dans la région tempérée de l’Europe.. On vendangea à Dijon le 10 septembre, c’est-à-dire 14 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est l’époque la plus avancée depuis 1550.

1598 :L’été se montra plutôt extrêmement chaud et sec. On vendangea à Dijon le 23 septembre.

1599 : On vendangea à Dijon dès le 13 septembre.

1601 : Le mois de juin fut chaud, et des chaleurs excessives eurent lieu en juillet et en août. La sécheresse continue dura quatre mois. Les arbres étaient chargés de fruits, mais on les vit noirs et rôtis avant la maturité. On ne vendangea à Dijon que le 8 octobre.

1608 :  L’été fut des plus chauds et rôtit tout ce que le grand hiver précédent avait épargné soit des céréales, soit des bourgeons de la vigne. On commença la vendange à Dijon le 1″ octobre seulement.

1610 : L’été fut excessivement chaud et sec, et il y eut grande abondance de vin. On vendangea à Dijon le 20 septembre.

1615 : L’été fut très sec et très chaud dans l’Europe entière. Tout fut ravagé dans les champs. A Ham, en Picardie, une église fut détruite par le feu du ciel et nombre d’habitants périrent. On fit la vendange à Dijon le 21 septembre.

1616 : L’été fut sec et d’une chaleur dévorante. On vendangea à Dijon le 12 septembre, c’est-à-dire 12 jours avant l’époque moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1590. La vendange fut excellente.

1624 : On vendangea à Dijon dès le 14 septembre.

1626 : On ne vendangea à Dijon que le 1″ octobre.

1632 : On ne vendangea à Dijon que le 4 octobre.


1636 : On vendangea à Dijon dès le 4 septembre, c’est-à-dire 20 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1559.

1637 : Cet été fut extrêmement chaud et sec. On vendangea à Dijon dès le 3 septembre, c’est-à-dire 21 jours plus tôt qu’en moyenne. C’est la date la plus avancée depuis 1523.

1638 : Cet été fut encore extrêmement sec et chaud.  On vendangea à Dijon dès le 9 septembre, c’est-à-dire 15 jours plus tôt qu’en moyenne.

1643 : En France ce fut une année de grande cherté des grains, et l’on ne fit la vendange à Dijon que le 1er octobre.

1644 : la chaleur fut si forte à Montbéliard (Doubs) pendant plus de quinze jours que les poissons mouraient dans les rivières.  On vendangea à Dijon dès le 15 septembre.

1645 :  Cet été fut chaud.. On commença la vendange Dijon le 11 septembre, c’est-à-dire 13 jours plutôt qu’en moyenne.

1649 : On ne sait pas l’époque des vendanges en Bourgogne. 1650 fut une année de si grande cherté des grains que le prix fut triple de ce qu’il était cinq ans auparavant.

1651 : Il y eut des chaleurs très fortes à l’époque de la moisson. On commença la vendange il Dijon le 22 septembre. Ce fut encore en Franco une année do grande cherté des grains.

1652 :On fit la vendange à Dijon le 20 septembre. Ce fut une troisième année de grande cherté des grains.

 
1653 : On vendangea à Dijon le 11 septembre, c’est-à-dire 13 jours plus tôt qu’en moyenne. En France, le prix des grains diminua de moitié.

1658 :  A Dijon on ne vendangea que le 30 septembre.

1666 : été chaud et sec ; on vendange à Dijon le 10 septembre, c’est-à-dire 14 jours plus tôt que la moyenne.

1669 : On vendangea à Dijon dès le 11 septembre.


1671 : On vendangea à Dijon dès le 16 septembre.

1676 : On vendangea à Dijon le 9 septembre.

1680 : On vendangea à Dijon dès le 9 septembre. Ce fut en France une année de bon marché des grains.

1681 : Le printemps et l’été furent si chauds et si secs, que personne ne se souvenait d’avoir vu un état de la végétation comme celui de cette année. Les herbes et le gazon étaient brûlés et l’on ne découvrait dans l’air aucune trace d’humidité. On vendangea à Dijon dès le 9 septembre.


1683 : On vendangea à Dijon le 13 septembre.

1684 : Cet été est le premier été chaud sur lequel on possède  des données thermométriques.  En France, la sécheresse. fut extraordinaire. On vendangea à Dijon dès le 4 septembre.

1852 :  Dans le nord de la France, le mois de juillet 1852 est pratiquement aussi chaud que celui de l’année 1976. Les températures atteignent 35° à Lille, 36° à Paris et 39° à Montpellier.

1870 : fortes chaleurs en ce mois de juillet. C’est dans le Centre et le midi que l’on observe les températures les plus élevées avec 38°C à Toulouse, 39°C à Lyon, 40°C dans les Landes et 41°C à Poitiers.

1876 : l’été est chaud. Dans la capitale, la température dépasse la barre des 30° pendant plus de 15 jours d’affilée, 23 jours consécutifs dans le Maine et Loire.

1881 : le mois de juillet connait une vague de chaleur. Pendant plus de deux semaines, les températures atteignent des niveaux exceptionnels  un peu partout : 38°5 à Paris, 39° à Nantes, 40°5 à Toulouse et Perpignan, 41° à Montpellier.

1884 : été exceptionnellement chaud partout en France. Juillet et août sont au plus haut. Malgré une chaleur qui dure, on ne bat de records même si l’on dépasse parfois les 35° du 7 au 10 août.

1892 : en août les températures dépassent 40° à l’ombre dans le sud-ouest et le Centre du pays.

1893 : un an plus tard le mois d’août est à nouveau torride et très sec. Cela perdure du 8 au 24.

1895 : septembre est exceptionnel de par ses températures. Ce fut le plus chaud et le plus sec de l’histoire des relevés météorologiques. La sécheresse est absolue sur toute la France sauf dans le sud-ouest. Entre le 2 et le 9 septembre, la température atteint 37° à Auxerre, 36° à Rennes et Limoges, 35°5 à Paris (record absolu), 35° à Orléans et 31° à Brest.Aucune goutte de pluie n’est observée à Paris du 14 août au 1er octobre. A Toulouse, la période sans pluie s’étend du 8 août au 29 septembre.

1898 : en août dans la Capitale, il faut remonter à l’année 1842 pour trouver un mois d’août aussi chaud. Une importante sécheresse sévit également sur toute la France. La température atteint 41° à Angoulême, 39° à Bordeaux et Limoges, 38° à Moulin et Angers, 37° à Orléans et Versailles.

1899 : été particulièrement chaud au sud de la Loire avec par exemple 29 jours de températures supérieures à 30° à Angers et 51 à Bordeaux.

1904 : le mois de juillet est exceptionnellement chaud. Le mois suivant la canicule et la sécheresse se poursuivent.

1923 : juillet et août sont très chauds. Au début d’août, on dépasse la barre des 40° dans plusieurs villes comme Cahors (40,5°), Bourges (41,1°) ou bien encore Toulouse.

1928 : la France subit deux importantes vagues de chaleur ; la première dès la mi-juillet avec 37° relevés à Lille. La seconde  a lieu à la mi-août avec notamment 41° à Angoulême. La sécheresse est générale.

1933 : juillet et août très chauds. Les 30° furent dépassés pendant 42 jours dans l’Hérault notamment.

1934 : la fin de la première décade de juillet est torride sur le pays. Fréquemment, les températures dépassent les 35° à l’ombre.

1947 :cet été  a connu 3 vagues de chaleur successives notables : du 26 au 28 juin (faible intensité), du 22 juillet au 4 août (forte intensité) et du 14 au 20 août (intensité modérée). La seconde vague du 22 juillet au 4 août constitue sans aucun doute le second épisode caniculaire le plus intense depuis l’après-guerre, après août 2003.

1952 : durant la première décade de juillet, une vague de chaleur exceptionnelle concerne toute la France – des records sont battus le 1er juillet où les températures dépassent 35° sur quasiment toutes les régions. On relève 37,4° à Strasbourg,  38° à Rouen et Paris, 39° à Nevers, 40° à Auxerre et Lyon, et même 41° à Vichy.

1957 : début juillet, on connait une vague de chaleur, qui ne s’était plus vue depuis 5 ans. Le 6, le mercure atteint 35° à Bourg St Maurice, 36° à Clermont Ferrand et 37°à Paris ainsi qu’à Reims.

1964 : chaleurs dans le Centre et l’est du pays. La sécheresse, violente, provoquera des dégâts aux vignes et aux arbres fruitiers.

1975 : début août, vague de chaleur. Les températures dépassent partout et quotidiennement les 30°, soient pendant 10 jours d’affilé – le point culminant de la chaleur est observé le 4 août avec 38° à Tours, Mont de Marsan et Bordeaux, 37° au Mans, Cognac et Biarritz, 36° à Paris, Rennes, Chartes, Orléans et Agen, 35° à Beauvais.

1976 : épisode de chaleur exceptionnel du 23 juin au 7 juillet. La sécheresse dont on parle encore souvent au moindre manque d’eau  atteint des sommets notamment dans le NO du pays.

1983 : le mois de juillet est exceptionnellement chaud et sec du début jusqu’à la fin. Après un printemps pourri, on bat en plusieurs lieux des records de chaleurs où pour la première fois des stations atteignent officiellement la barre des 40° à l’ombre comme Ambérieu.

1990 : entre la mi juillet et le 15 août, la France subit 3 vagues de forte chaleur. On dépasse souvent les 35°. Le 21, le mercure frise les 39° dans le Bordelais. Début août, les 35° sont dépassés dans le nord du pays. Le 4 août, il fait jusqu’à 39° en Touraine, 37° sur Paris.

1998 : pendant l’été, le pays subit dans sa majorité des fortes chaleurs avec 35 à 42°. On atteint les 39° à Auxerre, 38° à Bordeaux et 42° en Corse.

2006 :  du 10 au 28 juillet, même un peu avant dans le sud du pays comme le Vaucluse. Fin juin, on atteint déjà les 36° sur Nîmes. L’une des dernières vagues de chaleur intense pour notre pays. On atteint en début de mois les 38 à 39°. Le 19, on relève pas moins de 37° à Dieppe !. Ce mois  de juillet est le plus chaud jamais enregistré à Paris-Montsouris (au moins 150 ans) et le plus chaud depuis au moins 50 ans sur toute la France. Il s’agit du deuxième mois le plus chaud de l’histoire après août 2003 (24°0 contre 24°2 en moyenne sur l’ensemble de la France).

12 Aout 1754 …

Louis de Boissy entre à l’Académie Française, récompense d’un auteur à la plume facile – trop pour certains – qui a eu, entre autres torts, celui de débuter dans la carrière des lettres, par la satire. Genre où il excellait.

Extrait d’une pièce, plus sage que celles de ses débuts, et qui a connu un certain succès :

« Dehors trompeurs«  ou « l’Homme du jour« 

La Comtesse.

Je dois à présent
Vous parler sur un point tout à fait important.
Il court de vous un bruit qui m’étonne et m’afflige.

Le Baron.

C’est donc un bruit fâcheux ?

La Comtesse.

Des plus fâcheux, vous dis-je ;
Il m’alarme pour vous.

Le Baron.

Vraiment vous m’effrayez :
Expliquez-vous.

La Comtesse.

On dit que vous vous mariez.

… [La marquise développe les raisons qui lui font craindre, pour le Marquis, le mariage]

Le Baron.

De vos craintes pour moi, comment, c’est là la cause ?

La Comtesse.

Oui. Dit-on vrai ?

Le Baron.

Mais…

La Comtesse.

Mais… ?

Le Baron.

Il en est quelque chose.

La Comtesse.

Tant pis.

Le Marquis.

L’hymen est donc bien terrible à vos yeux ?

La Comtesse.

Tout des plus.

Le Baron.

Il faut prendre un parti sérieux.

La Comtesse.

Jamais.

Le Baron.

Je suis l’exemple, et je cède à l’usage :
C’est un joug établi que subit le plus sage.

La Comtesse.

Je vous connais, baron, il n’est pas fait pour vous :
Vos amis à ce nœud doivent s’opposer tous.
L’hymen en vous va faire un changement extrême ;
Le monde y perdra trop, vous y perdrez vous-même
La moitié tout au moins du prix que vous valez.
Être couru, fêté partout où vous allez,
Être aimable, amusant, et ne songer qu’à plaire,
Voilà votre état propre, et votre unique affaire.
L’homme du monde est né pour ne tenir à rien ;
L’agrément est sa loi, le plaisir son lien :
S’il s’unit, c’est toujours d’une chaîne légère,
Qu’un moment voit former, qu’un instant voit défaire :
Il fuit jusques au nœud d’une forte amitié ;
Il est toujours liant, et n’est jamais lié.

Le Baron.

Le ciel pour tous les rangs m’a formé sociable.

La Comtesse.

Non ; je lis dans vos yeux que l’hymen redoutable
Doit aigrir la douceur dont vous êtes pétri,
Et d’un garçon charmant faire un triste mari.

[La baron donne les raisons qui motivent cette décision, à savoir La Raison]

Le Baron.

Mon cœur a pris, sur-tout, conseil de la raison.

La Comtesse.

Conseil de la raison ! Juste ciel ! Quel langage !

Le Baron.

On doit la consulter en fait de mariage.

La Comtesse.

Je pardonne au marquis d’oser me la citer ;
Mais vous et moi, monsieur, devons-nous l’écouter ?
Nous sommes trop instruits qu’elle est une chimère.

Le Marquis.

La raison, chimère !

La Comtesse.

Oui !

Le Marquis.

L’idée est singulière.

La Comtesse.

C’est un vieux préjugé qui porte à tort son nom.

Le Marquis.

Pour moi, je reconnais une saine raison.
Loin d’être un préjugé, Madame, elle s’occupe
À détruire l’erreur dont le monde est la dupe ;
Nous aide à démêler le vrai d’avec le faux,
Épure les vertus, corrige les défauts ;
Est de tous les états comme de tous les âges,
Et nous rend à la fois sociables et sages.

La Comtesse.

Moi, je soutiens qu’elle est elle-même un abus,
Qu’elle accroît les défauts, et gâte les vertus ;
Étouffe l’enjouement, forme les sots scrupules,
Et donne la naissance aux plus grands ridicules ;
De l’âme qui s’élève arrête les progrès ;

Fait les hommes

bêtise.

(phrase en clair)


La pièce

Quelques unes de ses oeuvres

ici

ou (Poésie.net)

11 Aout 1863 …

Par un traité signé avec le roi du Cambodge, la France devient le protecteur de son pays.

Ce premier traité définit des règles très équilibrées entre la France et le Cambodge

Par exemple : 

Article 5.

Les sujets français jouiront dans toute l’étendue du royaume du Cambodge d’une pleine et entière liberté pour leurs personnes et leurs propriétés. Ils pourront circuler, posséder et s’établir librement dans toutes les possessions et dépendances de ce royaume, lorsqu’ils en auront informé un grand Mandarin cambodgien qui leur livrera un permis.

Article 6.

Les sujets cambodgiens jouiront dans toute l’étendu de l’Empire français d’une pleine et entière liberté pour leurs personnes et leurs propriétés. Ils pourront circuler, posséder et s’établir librement dans toutes les possessions et dépendances de cet Empire, lorsqu’ils en auront informé un officier français compétent  qui leur délivra un permis.

Une second traité dix années plus tard modifie quelque peu la donne

Convention entre la France et le Cambodge, le 17 juin 1884, pour régler les rapports respectifs des deux pays.

Extrait :

Article premier.

S.M. le Roi du Cambodge accepte toutes les réformes administratives, judiciaires et commerciales auxquelles le gouvernement de la République française jugera, à l’avenir, utile de procéder pour faciliter l’accomplissement de son protectorat.

Article 2.

S.M. le Roi du Cambodge continuera, comme dans le passé, à gouverner ses États et à diriger leur administration, sauf les restrictions qui résultent de la présence convention.

Article 3.

Les fonctionnaires cambodgiens continueront, sous le contrôle des autorités françaises, à administrer les provinces, sauf en ce qui

(phrase en clair)

et en général les services qui exigent une direction unique ou l’emploi d’ingénieurs ou d’agents européens.
*L’image est celle du couronnement du demi-frère de Norodom, lequel avait signé le premier traité, demi-frère qui favorisera le protectorat et sera choisi par la France pour assurer la succession sur le trône du royaume du Cambodge.

Article 4.

Des Résidents ou Résidents adjoints, nommés par le gouvernement français et préposés au maintien de l’ordre public et au contrôle des autorités locales, seront placés dans les chefs-lieux de province et dans tous les points où leur présence sera jugée nécessaire. Ils seront sous les ordres du résident chargé, aux termes de l’article 2 du traité de 1863, d’assurer, sous la haute autorité du Gouverneur de la Cochinchine, l’exercice régulier du protectorat, et qui prendra le titre de Résident général.


Extrait de « Le Cambodge – Le royaume actuel, de Etienne Aymonier (Directeur de l’école coloniale)

Des statues, emportées …

(phrase en clair)

… sur leur figure.

10 Aout 1839 …

François Arago annonce et valide la découverte de Louis Daguerre à propos de la photographie à l’Académie des Sciences le 10 août 1839.

Cette étape suit la négociation qui conduira à la session des brevets de Louis Daguerre et Nicéphore Niepce à l’Etat français.


Un des premier portraits daguerréotypé réalisé par Daguerre


Extrait du projet de loi relatif à cette acquisition :

(Présentés par M. le Ministre de l’Intérieur)

Nous croyons aller au-devant des vœux de la Chambre en vous proposant d’acquérir, au nom de l’État, la propriété d’une découverte aussi utile qu’inespérée, et qu’il importe, dans l’intérêt des sciences et des arts, de pouvoir livrer à la publicité.

Vous savez tous, et quelques-uns d’entre vous ont déjà pu s’en convaincre par eux-mêmes, qu’après quinze ans de recherches persévérantes et dispendieuses, M. Daguerre est parvenu à fixer les images de la chambre obscure et à créer ainsi, en quatre ou cinq minutes, par la puissance de la lumière, des dessins où les objets conservent mathématiquement leurs formes jusque dans leurs plus petits détails, où les effets de la perspective linéaire, et la dégradation des tons provenant de la perspective aérienne, sont accusés avec une délicatesse inconnue jusqu’ici.

Nous n’avons pas besoin d’insister sur l’utilité d’une semblable invention. On comprend quelles ressources, quelles facilités toutes nouvelles elle doit offrir pour l’étude des sciences; et quant aux arts, les services qu’elle peut leur rendre ne sauraient se calculer.

Il y aura pour les dessinateurs et pour les …

(solution)

D’un autre côté, ce procédé leur offrira un moyen prompt et facile de former des collections d’études qu’ils ne pourraient se procurer, en les faisant eux-mêmes, qu’avec beaucoup de temps et de peine, et d’une manière bien moins parfaite.

L’art du graveur, appelé à multiplier, en les reproduisant, ces images calquées sur la nature elle-même, prendra un nouveau degré d’importance et d’intérêt.

Enfin, pour le voyageur, pour l’archéologue, aussi bien que pour le naturaliste, l’appareil de M. Daguerre deviendra d’un usage continuel et indispensable. Il leur permettra de fixer leurs souvenirs sans recourir à la main d’un étranger. Chaque auteur désormais composera la partie géographique de ses ouvrages en s’arrêtant quelques instants devant le monument le plus compliqué, devant le site le plus étendu, il en obtiendra sur-le-champ un véritable fac-simile.

Malheureusement pour les auteurs de cette belle découverte, il leur est impossible d’en faire un objet d’industrie, et de s’indemniser des sacrifices que leur ont imposés tant d’essais si longtemps infructueux. Leur invention n’est pas susceptible d’être protégée par un brevet. Dès qu’elle sera connue, chacun pourra s’en servir. Le plus maladroit fera des dessins aussi exactement qu’un artiste exercé. Il faut donc nécessairement que ce procédé appartienne à tout le monde ou qu’il reste inconnu. Et quels justes regrets n’exprimeraient pas tous les amis de l’art et de la science, si un tel secret devait demeurer impénétrable au public, s’il devait se perdre et mourir avec ses inventeurs!

Dans une circonstance aussi exceptionnelle, il appartient au Gouvernement d’intervenir. C’est à lui de mettre la société en possession de la découverte dont elle demande à jouir dans un intérêt général, sauf à donner aux auteurs de cette découverte le prix ou plutôt la récompense de leur invention.


Daguerréotype de Joseph Philibert Girault de Prangey

Voir plus sur Gallica : Ici

9 Aout 1803 …

Premier essai, sur la Seine, en présence du futur Napoléon Ier (alors premier consul de la république), du bateau à vapeur de Robert Fulton.

Fulton qui fut d’abord peintre – il a fait le portrait de Benjamin Franklin – fut par la suite un inventeur de génie. On lui doit le premier sous-marin* de combat, ainsi que le premier bateau à vapeur capable de concurrencer, la voile.

*Il nomma son premier sous-marin le « Nautilus », nom que repris plus tard Jules Vernes dans un de ses romans.


Extrait de « Robert Fulton : roman historique » de Hauch, Johannes Carsten

Il fit plusieurs essais avec le bateau ( qui marchait sous l’eau, mais dans une de ses expériences, il manqua de détruire entièrement un grand vaisseau de ligne, qui ne fut sauvé que par un hasard heureux en changeant tout à coup de direction.
Cette fatale circonstance lui nuisit beaucoup auprès du ministre, et à partir de ce jour, malgré la promesse donnée, il ne reçut plus de secours.
A cette époque, il inventa aussi son célèbre Torpedo, à l’aide duquel, en 1805, il fit sauter et détruisit complètement un brick danois très-bien construit.
— Qui aurait pu supposer, dit alors Barlow, qu’avec ton air si doux et ton caractère paisible, tu avais en ton pouvoir de pareils moyens de destruction ?

Au milieu de tous ces essais et de toutes ces tentatives, Fulton n’avait jamais perdu de vue sa grande affaire.
Plus il s’occupait des autres machines, plus il arrivait a la certitude que la découverte était proche.

Cependant tous les mécaniciens à qui il en parla s’intéressèrent peu à l’invention poursuivie, quoiqu’ils reconnussent sa grande capacité; et il rencontra à Paris presque autant de doutes et de résistance qu’il en avait autrefois eu à combattre à Philadelphie.

Une nouvelle demande relative à cette invention qu’il adressa au premier consul fut froidement repoussée, et Montgery dit même que Bonaparte le regarda comme un charlatan et un habile imposteur qui ne voulait que lui soutirer de l’argent.

Heureusement il arriva, vers ce temps, à Paris un ministre américain nommé Livingston.
Non-seulement il était convaincu qu’il serait possible de faire marcher un navire par la vapeur, mais il avait encore obtenu du gouvernement de New-York un privilège qui lui assurait de grands avantages, s’il pouvait parvenir à construire une telle embarcation sur le fleuve Hudson. Cependant il n’avait pu réussir.

Livingston était ami de Rumsey, qui, en Amérique, lui avait fait un grand éloge de la capacité de Fulton ; aussi, dès qu’il eut appris le refus que Fulton avait essuyé du premier consul, il alla le voir,
l’encouragea à ne pas abandonner son projet et lui promit de l’aider de toute sa fortune.

Secouru par ce nouvel ami, Fulton entreprit donc encore une fois la construction d’un bateau a vapeur;
mais, a la première expérience, la boiserie qui n’était pas assez solide, se fendit et toute la machine coula au fond.

Sur le coup, cette mauvaise chance le désola, cependant il s’en remit bien plus vite que du malheur qui lui était arrivé à Philadelphie.
Le jour même de cet accident, il commença à remédier au mal, et l’on rapporte …

(en clair)

La mécanique se trouvait peu endommagée, mais le bateau était a refaire, et dans l’automne de 1804 il tenta une nouvelle expérience avec un autre bien plus solide, long de soixante-six pieds et large de huit.
Mais, soit à cause du courant, ou de la nature particulière des eaux de la Seine, comme le croyaient quelques-uns, soit, comme le pensait Fulton, à cause de l ‘imperfection de la machine, ce bateau marchait si lentement, quoique poussé par la vapeur, qu’il n offrait aucun avantage sérieux.
Du reste, cet essai fit peu de bruit, et la plupart de ceux qui y assistaient en conclurent que cette invention ne serait d’aucune utilité pratique.

Livingston et Fulton au contraire furent de nouveau affermis dans leur conviction, et ils résolurent de ne reculer devant aucune difficulté.
Fulton ne manqua pas d’envoyer un rapport détaillé et un dessin exact de son procédé a Rumsey, et il l’instruisit en même temps de la résistance du gouvernement français.
A cette lettre, Rumsey répondit que le premier consul, en refusant sa protection à cette admirable découverte avait renoncé à l’empire du monde ; il n’aurait eu, disait-il, qu’à utiliser les moyens que Fulton lui offrait pour s’en rendre maître.

8 Aout 1793

La convention républicaine édicte un décret qui supprime toutes les Académies (notamment l’Académie Française et l’Académie des sciences*) et confisque leurs biens.

*Semblant approuver ainsi à cette occasion, celui qui a fait condamner Lavoisier et a opposé à sa demande d’un répit pour terminer ses derniers travaux : une phrase restée célèbre « la république n’a pas besoin de savants« 

Souvent moquée, par divers auteurs, l’Académie Française disparaissait pour quelques années.
(Caricature de Auguste Desperet)

Un auteur s’est particulièrement attaché à caricaturer à la plume chacun 40 des membres de l’Académie Française à son époque, Jules Barbey d’Aurevilly
Ici un extrait de la page qu’il consacra à Victor Hugo

M. Victor Hugo a sollicité d’être académicien, et a fait trente-neuf visites à des gens dont il méprisait littérairement pour le moins trente-sept. Si sévère qu’on soit pour un grand talent qui a ses défauts et même ses vices, il n’est pas moins certain qu’il y a disproportion du contenu au contenant, quand on voit M. Hugo à l’Académie, et que la racine d’un chêne n’est pas de taille à tenir dans un vieux pot à cornichons !… Quel motif a donc pu décider M. Hugo ?…


Ce 8 aout est l’anniversaire de la mort de l’Académicien Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu (1788)
qui a vécu infiniment plus du reste de son corps que de sa main munie d’une plume.
Par contre, c’est également la date anniversaire de la naissance de son collègue par dessus les ans, Lucien-Anatole Prévost-Paradol (1870) auteur d’un livre qui a marqué son époque et connu de multiples rééditions
Extrait (Monarchie (l’erreur) … et Démocratie … et ce qui menace celle-ci)

Le gouvernement monarchique, personnel ou absolu, repose sur cette idée qu’une même famille enfante à chaque génération un homme capable d’exercer le souverain pouvoir avec sagesse, et cela n’est pas vrai; le gouvernement aristocratique repose sur cette autre idée, que certaines familles, une fois mises par les lois ou par les mœurs au-dessus de la déchéance et du besoin produisent d’une manière régulière l’élite intellectuelle et politique de la nation, et cela n’est pas vrai non plus;
enfin le gouvernement démocratique repose sur cette idée, que le plus grand nombre des citoyens fait un usage raisonnable de son vote, et voit toujours avec discernement ce qui est conforme à la justice et avantageux à l’intérêt commun, et cela n’est pas vrai davantage.

(solution)

L’oeuvre est La France nouvelle (epub disponible en lien)

7 aout 1834 …

… décède  Joseph Marie Jacquard inventeur du principe du métier à tisser comportant un système mécanique programmable avec cartes perforées et responsable de la mise au point de celui-ci, avec l’aide du menuisier Jean-Antoine Breton.

Jacquard à la vue de l’invention de Vaucanson (dont il découvrit par hasard un exemplaire détruit)

eut l’idée de la création qui l’a rendue célèbre.

Comme beaucoup d’inventeurs (la plupart), celle-ci ne l’enrichit pas vraiment, comme on peut l’apprendre dans un des récits de sa vie (il y en eut de nombreux … souvent très différents*)

*Notamment ce scénario pour un film de GAUMONT 

Extrait du récit donné en 1931 par Gaston Bonnefon (1931)
(en lien la version complète)

C’est alors que l’inventeur se trouva pour la première fois en face des débris de la machine à tisser de Vaucanson. Le grand mécanicien avait abandonné son métier aussitôt après les premiers essais ; on avait monté et démonté bien des fois cette machine de tissage sans pouvoir la faire fonctionner, et quand Jacquard la découvrit, elle gisait dans un coin de grenier, et ses pièces étaient éparpillées çà et là. Cette découverte fut pour lui un trait de lumière ; après trente ans de recherches après avoir inventé sa  » tireuse de lacs  » qui ne le satisfaisait pas complètement, Jacquard, à la vue de l’ébauche de Vaucanson, venait de concevoir la véritable machine à tisser. Ce moment fut pour l’inventeur le plus beau de sa vie. Il oublia ses luttes infructueuses, sa poursuite de l’insaisissable idée, il oublia cinquante ans de souffrances, de chagrins et de misères ; désormais, il était sûr de son succès. Il fit sans hésiter l’abandon de toutes ses recherches, et ne songea plus qu’à perfectionner et à introduire dans la pratique la manœuvre combinée du cylindre et des aiguilles, imaginée par Vaucanson.

Jacquard vivait heureux au Conservatoire des Arts et métiers, entouré de l’estime des savants ; mais sa ville natale le réclamait. Avant de partir, il puisa aux Gobelins des données pour l’établissement des ateliers de charité dont on voulait lui confier la direction. Il avait proposé la fabrication des tapis de laine, dont les opérations nombreuses pouvaient être exécutées par des mains novices et grossières. Jacquard revint à Lyon en 1804, et fut installé à l’hospice de l’Antiquaille, où moyennant le logement et la nourriture pour lui et sa femme, il dut prendre la direction des ateliers organisés dans cet établissement. Il accepta néanmoins cette offre médiocre, 

Le grand mécanicien s’occupait donc de son humble enseignement industriel, tout en appropriant et en améliorant la machine de Vaucanson. A cette époque fut rendu le décret impérial, daté de Berlin, le 27 octobre 1806, qui autorisait l’administration municipale de Lyon à accorder à Jacquard une pension de 3000 francs, dont la moitié était réversible sur la tête de Claudine Boichon, son épouse.

En échange, Jacquard cédait à la ville toutes ses machines et toutes ses inventions ; il s’obligeait à consacrer tout son temps et tous ses travaux au service de la ville, et à la faire jouir de tout perfectionnement à ses précédentes inventions.

Pour une pension de 3000 francs !

On assure que Napoléon en signant le décret dit : – en voilà un qui se contente de peu !

Pour ce prix dérisoire, la ville de Lyon devenait la propriétaire absolue du génie de Jacquard. L’inventeur devait se partager entre les ateliers de l’hospice de l’Antiquaille et les établissements communaux.

Condamné ainsi à servir deux maîtres, il mécontenterait forcément l’un ou l’autre.

6 Aout 1870 …

Il a été dit que, grâce au sacrifice, à la bataille de Reichshoffen, de deux charges de divisions de cavalerie lourde, toutes deux décimées à l’approche des lignes allemandes, l’armée française (du général Patrice de Mac Mahon) parvient à se replier.
Ce qui n’empêchera pas quelques mois plus tard la défaite de la France et conduira à la chute de Napoléon III qui par ses maladresses fut en grande partie responsable de ce désastre pour son pays (il était également Suisse)

De cette défaite, mais en rapport avec des actes de bravoure, la culture populaire en a fait une chanson à boire, présente il n’y a pas si longtemps encore, dans les banquets, sous forme d’un jeu, parfois même avec des charges fictives de chaises.

On sait depuis, …

(Solution)

…par la propagande, notamment pour la reprise de l’Alsace.

Le récit qui en est fait par les quelques survivants est terrible :

Sous une grêle de projectiles de tout calibre, dont pas un ne semble manquer son but, écrasée par tous ces feux croisés et combinés, cette cavalerie de fer, si terrible en tant de rencontres, fond comme la cire dans la flamme.

Ses escadrons se réduisent à un bien petit nombre d’hommes, impassibles au milieu de cette tempête et de cet embrasement, n’ayant que les sinistres aspects de la mort sous les yeux, et qui, non contents de se maîtriser eux-mêmes, maîtrisent encore leurs chevaux affolés, dont l’instinct se révolte pour échapper à un pareil carnage.

Ce fut une affreuse mêlée, pleine de lugubres détails, dans laquelle le génie de la destruction parut se jouer en mille raffinements étranges aux dépens de la vie humaine, et satisfaire ses bizarres caprices par d’horribles blessures et de non moins horribles mutilations.

Au plus fort de l’engagement, parmi ces membres et ces chairs volant en lambeaux, sur lesquels la mitraille semblait ne pouvoir assouvir sa rage, on vit un cavalier, …

(Solution)

… sur le champ de bataille, sabre en main, et faisant encore du bras le geste de charger et de frapper l’ennemi. Tant était surexcitée et tendue par l’effort de la lutte, cette âme guerrière, qui s’était retirée de ce corps en lui laissant le simulacre de l’action et sans y effacer l’énergique et virile empreinte dont l’avait marqué l’attitude du combat !

Quelques-uns des témoins de cet épisode y demêlèrent plus tard le sens d’un fatal symbole: ils virent dans ce cavalier sans tête, errant à l’aventure, sous une pluie de fer et de feu, l’image même de cette héroïque et noble France qui bientôt, au milieu des plus effroyables périls, devait se trouver sans conseil, sans chef et sans guide, privée de toute autorité régulière par le lâche attentut d’une insurrection perverse.