Le mont analogue – René Daumal (simpliste) – 08

(traduit du bulgare par le traducteur du « Coeur Cerf »)

Le Mont Analogue fut commencé par René Daumal en juillet 1939 lors de son séjour à Pelvoux dans les Alpes et à un moment particulièrement tragique de son existence. Il venait d'apprendre – à trente et un ans – qu'il était perdu : tuberculeux depuis une dizaine d'années, sa maladie ne pouvait avoir qu'une issue fatale. Trois chapitres étaient achevés en juin 1940 quand Daumal quitta Paris à cause de l'occupation allemande, sa femme, Vera Milanova, étant israélite. Après trois ans passés entre les Pyrénées (Gavarnie), les environs de Marseille (Allauch) et les Alpes (Passy, Pelvoux), dans des conditions très difficiles sur tous les plans, Daumal connut enfin, au cours de l'été 1943, un moment de répit et espéra pouvoir finir son « roman ». Il se remit au travail, mais une dramatique aggravation de sa maladie l'empêcha de terminer la relation de son voyage « symboliquement authentique ». Il mourut à Paris le 21 mai 1944. ? 
(extrait le avant-propos de l'éditeur)

08-Le mont analogue-ÇA , DU TOC .-IMA

Passage où, avec près d’un siècle d’avance, René Daumal évoque les méfaits de « l’industrie » alimentaire, à travers un certain nombre de ses « additifs » dont la plupart existent encore aujourd’hui, et dont le nombre à considérablement augmenté depuis.

L’auteur s’attaque également à l’arrogance de la science, en certains de ses opérateurs, en rappelant le statu de ses « vérités » … provisoires. (De nos jours? où la simulation en vient parfois -sans le vouloir- à dissimuler son modèle, il aurait peut-être ajouté « lorsqu’elles sortent de leurs constructions virtuelles compliquées et se confrontent à la complexité du réel »)

Une sonnerie retentit.

– Bien, ma bonne Physique, bien ! cria le Père Sogol ; et il m’expliqua : « Le déjeuner est prêt. Allons donc. »

Il me fit quitter le sentier et, montrant d’un geste toute la science humaine contemporaine inscrite en petits rectangles devant nos yeux, il dit, d’une voix sombre :

– Du toc, tout

08-Le mont analogue-ÇA , DU TOC .-LET

Il n’y a dans tout cela que des mystères ou des erreurs ; où les uns finissent, les autres commencent.

Nous passâmes dans une petite pièce toute blanche où la table était servie.

» Voici au moins quelque chose de relativement réel, si l’on peut rapprocher ces deux mots sans que ça fasse explosion » reprit-il comme nous nous installions de chaque côté d’un de ces plats campagnards où, autour d’un morceau d’animal bouilli, tous les légumes de la saison tressent leurs vapeurs. « Encore faut-il que cette brave Physique mette en œuvre toute sa vieille astuce bretonne pour réunir sur ma table les éléments d’un repas où n’entrent ni sulfate de baryte, ni gélatine, ni acide borique, ni acide sulfureux, ni aldéhyde formique, ni autres drogues de l’industrie alimentaire contemporaine. Un bon pot-au-feu vaut tout de même mieux qu’une philosophie menteuse. »


[Note]  On retrouve un peu de cette verve et substance, qui anime la partie « scient » de « La grande beuverie ». 


VERITE SCIENTIFIQUE = S’ EVITE CRITIQUE FINE

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2 commentaires sur “Le mont analogue – René Daumal (simpliste) – 08

  1. Je n’ai pas perdu le lien (sourire)²
    mais,
    pose d’un radiateur (zut … complications)
    bois à fendre
    amis venus manger un baeckeoffe

    j’espère pouvoir insérer un moment ..ironique
    Bonne journée

    J’aime

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